#1 06/11/2007 19:18

Coline
3 message(s)
Langue française Doute conjugaison

Bonsoir à vous

La phrase suivante me laisse perplexe.
Doit-on dire : "vous êtes une femme qui aimez les bijoux"
ou
"vous êtes une femme qui aime les bijoux"

Merci de m'éclairer.

#2 06/11/2007 21:09

Edy
1432 message(s)
Langue française Doute conjugaison

Bonsoir, Coline !

Lorsque le relatif QUI a pour antécédent un attribut [une femme] dont le verbe [êtes] est à la 1ère ou à la 2e personne [vous êtes], l’usage hésite entre l’accord avec l’attribut [une femme] et l’accord avec le pronom [vous].

Des exemples fournis par le Grevisse, je retiens :
ACCORD AVEC L’ATTRIBUT :
* Je suis UNE FILLE du Carmel qui VA souffrir pour vous. (Bernanos)
* Nous sommes ainsi QUELQUES FOSSILES qui SUBSISTENT. (Flaubert)

ACCORD AVEC LE PRONOM :
* Vous êtes UNE NYMPHE antique qui VOUS IGNOREZ. (Nerval)
* Vous êtes UN ENFANT qui PRÉTENDEZ agir comme un homme. (Fromentin)

Vos deux propositions sont grammaticales.
Personnellement, je préfère « qui aime ».
Ce n'est pas un problème de conjugaison, mais un problème d'accord.

#3 06/11/2007 23:19

Coline
3 message(s)
Langue française Doute conjugaison

Bonsoir Edy,

C'est un problème d'accord en effet. Merci pour les précisions apportées

#4 07/11/2007 11:16

warulf
76 message(s)
Langue française Doute conjugaison

Interessante question , qui touche au problème du vouvoiement ce me semble !

Justement Je me posais la question hier encore, en relisant des passages de certaines lettres de la Marquise de Sévigné; Je suis tombé sur une de ses lettres dans laquelle s'adressant à sa fille elle lui ecrit :  <<"Vous êtes tombéS >> , et quelques lignes plus loin   <<Vous ëtes alléE>>   !   

Que penser de celà ?  Quelle est la règle précise concernant l'accord du participe dans ce cas? doit-il se faire avec le genre de la personne que l'on vouvoie ou normalement avec la deuxième personne du pluriel ?  De plus doit-on mettre toujours une majuscule à Vous ?


Je suis donc je suis .... !

#5 07/11/2007 17:32

Nakla
Langue française Doute conjugaison

on dit "Vous êtes une femme qui aime..

Qui est un pronom relatif sujet  .Aime s'accorde avec le sujet

#6 07/11/2007 18:05

JSC
5542 message(s)
Langue française Doute conjugaison

warulf a écrit :

Je suis tombé* sur une de ses lettres dans laquelle s'adressant à sa fille elle lui ecrit :  <<"Vous êtes tombéS >> , et quelques lignes plus loin   <<Vous ëtes alléE>>   !   
Que penser de celà ?

Mme de Sevigné (1626-1696).
L'Académie Française était créée en 1635.
Elle n'avait pas pu publier son dictionnaire jusqu'en 1694.
Mme de Sevigné n'est donc pas fautive dans ses inventions et caprices linguistiquement créatives.

*J'espère que vous ne vous fissiez pas mal.

Dernière modification par JSC (07/11/2007 18:07)


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble la pire des immoralités. (O. Wilde)

#7 07/11/2007 18:10

Léah
9936 message(s)
Langue française Doute conjugaison

“Vous êtes tombéS” , et quelques lignes plus loin   “Vous ëtes alléE”
Madale de Sévigné voussoyait sa fille, rien d'étonnant à ce “vous êtes alléE”
 
VOUS êtes tombéS : s'adresse-t-elle seulement à sa fille ?


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.

#8 28/01/2008 12:38

Dimitri
11 message(s)
Langue française Doute conjugaison

Dans ce poème :

Blonds (1997)

Oui, blonds, ils étaient blonds, blonds ? Que tu m’écrivisses
Ta ferveur, j’eus pleuré, mais de mon cœur fendu
Perlait la libido : tes cuisses écrevisses !
Et ta bouche mouillée au fard rose, fondu !

Mais je garde en mon sein bien plus que les muqueuses,
La toison grisante oh ! qui dans l’air délassait
Ses arabesques d’or ; tes pupilles moqueuses
Ne le surent jamais : CELA ME DEPASSAIT.

Ton parfum : « sans issue » ? Et quand dans l’indolence
D’un songe je soufflais : « ta crinière je veux »,
Tu ne voyais en moi qu’un sotte insolence,
Alors que je rêvais d’océans de cheveux…

blonds, Blonds, BLONDS. Je nageais très loin de leurs rivages,
Plaquant mille baisers sur chaque fil sucré
(Leur laque ou ta maîtresse ?) et déjà les ravages
Du réveil brisait tout mon rêve sacré.

Pourquoi ? Je…oh ! un fil ! le ciel bleu nous martèle ;
Les coquelicots, blonds ! mes yeux étiolés
Gonflés de sanglots, blonds ! Oh ! la langueur mortelle !
Ton parfum « Vol de nuit », blond les soirs étoilés ?

N'y a t-il pas une faute dans le deuxième vers? Ne faut-il pas mettre "j'eusse pleuré" plutôt que "j’eus pleuré" ?


Bonjour,
♦ Assurez-vous d’envoyer votre message dans la bonne rubrique du forum en examinant les descriptifs des rubriques. Si vous n’envoyez pas votre message dans la rubrique appropriée, il sera déplacé.

(→ Message déplacé.)

Dernière modification par Muriel H. (28/01/2008 16:53)


http://dimitridefrain.oldiblog.com/

#9 28/01/2008 13:17

Jean-Luc
2940 message(s)
Langue française Doute conjugaison

Bonjour Dimitri,

La construction hypothétique nécessitait en effet un conditionnel passé 2e forme, mais l'alexandrin eût été faux avec treize syllabes à la douzaine.


Jean-Luc    "Il n'y a jamais nulle part où aller qu'en dedans." Doris Lessing :)

#10 29/01/2008 00:51

Dimitri
11 message(s)
Langue française Doute conjugaison

Voilà, j'ai modifié "Blonds". Les corrections apportées apparaissent en rouge.
C'est mieux ainsi ?



                                 Blonds (1997)


 

Oui, blonds, ils étaient blonds, blonds ? Que tu m’écrivisses

Des mots doux, j’eusse joui, car de mon cœur fendu

Perlait la libido : tes cuisses écrevisses !

Et ta bouche mouillée au fard rose, fondu !



Mais je garde en mon sein bien plus que les muqueuses,

Ta toison grisante oh ! qui dans l’air délassait

Ses arabesques d’or ; tes pupilles moqueuses

Ne le surent jamais : CELA ME DEPASSAIT.



Ton parfum : « sans issue » ? Et quand dans l’indolence

D’un songe je soufflais : « ta crinière je veux »,

Tu ne voyais en moi qu’une sotte insolence,

Alors que je rêvais d’océans de cheveux…



blonds, Blonds, BLONDS. Je nageais très loin de leurs rivages,

Plaquant mille baisers sur chaque fil sucré

(Leur laque ou ta maîtresse ?) et déjà les ravages

Du réveil brisait tout mon rêve sacré.



Pourquoi ? Je…oh ! un fil ! le ciel bleu nous martèle ;

Les coquelicots, blonds ! mes yeux étiolés

Gonflés de sanglots, blonds ! Oh ! la langueur mortelle !

Ton parfum « Vol de nuit », blond les soirs étoilés ?