Peut-on ainsi le classer de "théâtre"?
Et bien, je ne sais pas pour vous, mais je considère que les oeuvres On ne badine pas avec l'amour, Il ne faut jurer de rien, Les Caprices de Marianne et très nombreuses autres sont des pièces de théâtre. D'ailleurs, Musset n'a-t-il pas appelé ses recueils Théâtre pour un fauteuil. Et puis ne pas considérer Musset comme un dramaturge va à l'encontre de toutes les critiques littéraires.
Définition "Théâtre"?
Il y a des fauteuils dans un théâtre à l'Italienne (mais je plaisante). Je n'ai pas encore trouvé la référence de ce que Musset a dit sur ces pièces.
Le site Magister par exemple
Musset avait souhaité proposer "un théâtre dans un fauteuil"
: alambiqué, vague.
N'était-ce qu'une réponse aux impressarios de l'époque qui ne comprennaient pas la dramaturgie romantique (pas d'unités de...) refusèrent de monter ses pîèces?
Dernière modification par JSC (28/09/2008 10:23)
Pas vraiment, non. Après la Nuit vénitienne, sifflée et huée par les classiques, Musset dira des pièces de son époque que ce sont "margaritas ante porcos", ce qui montre le mépris de Musset pour la masse. N'est-ce pas non plus une caractéristique de l'œuvre flaubertienne. Enfin, d'autres auteurs ont écrit des pièces non destinées à la scène (Mérimée et son Carrosse du Saint Sacrement...). Hugo, qualifiant les oeuvres de Musset ainsi que son théâtre de l'exil, dira que ce sont "des comédies où l'on meurt, des tragédies où l'on ne meurt pas."
S'il n'avait pas l'intention de se faire jouer, sa biographie lui fait mentir.
Lorenzaccio, drame romantique qu'il écrira en 1834. Il publie alors les Contes d'Espagne et d'Italie. Mais Musset tombe malade et George Sand devient la maîtresse de son médecin, Pietro Pagello. Il rentre à Paris, où il fait jouer des comédies : Le Chandelier, On ne badine pas avec l'Amour, Il ne faut jurer de rien qui sont restées au répertoire du Théâtre-Français Source (c'est toujours bien de la citer) Wiki. .
Je crains qu'il faut rcommencer ce débat sur un autre fil.
Tu n'as toujours pas défini "théâtre".
Merimée? Toujours Wiki
Toutefois, les pièces de Clara Gazul ne paraissaient pas faites pour la scène et, lorsque plus tard Mérimée fut en position d’y faire accepter l’une d’elles, le Carrosse du Saint-Sacrement, elle n’eut pas de succès (1850).
qui ne dit pas que l'intention de l'auteur ne fut pas de la faire représenter!
Le sujet est hautement irrespectueux des pratiques catholiques, je trouve. Eugénie, par exemple ne l'aurait pas approuvée. Sans la cour, le public ne suit pas (voir le succès d'Offenbach, populaire avec les nobles qu'il met en satire).
Dernière modification par JSC (28/09/2008 10:50)
JSC a écrit :
S'il n'avait pas l'intention de se faire jouer, sa biographie lui fait mentir.
Lorenzaccio, drame romantique qu'il écrira en 1834. Il publie alors les Contes d'Espagne et d'Italie. Mais Musset tombe malade et George Sand devient la maîtresse de son médecin, Pietro Pagello. Il rentre à Paris, où il fait jouer des comédies : Le Chandelier, On ne badine pas avec l'Amour, Il ne faut jurer de rien qui sont restées au répertoire du Théâtre-Français Source (c'est toujours bien de la citer) Wiki. .
Je crains qu'il faut rcommencer ce débat sur un autre fil.
Et bien je suis content de ne pas toujours suivre les indications de Wikipedia. Comme on peut le lire sur le site universdeslettres.com ou bien dans les ouvrages Le Drame romantique (de Anne Ubersfeld, plus grande spécialiste française du drame romantique) ou Le Théâtre romantique de Florence Naugrette, On ne badine pas avec l'amour ne fut jouée que le 18 novembre 1861, soit quatre ans après la mort de Musset. Et il faut attendre la seconde moitié du XXe pour que la pièce soit jouée dans sa version complète.
Le sujet est hautement irrespectueux des pratiques catholiques, je trouve. Eugénie, par exemple ne l'aurait pas approuvée. Sans la cour, le public ne suit pas (voir le succès d'Offenbach, populaire avec les nobles qu'il met en satire).
S'il fallait supprimer tous les ouvrages irrévérencieux envers l'Eglise, il faudrait quasiment supprimer les 3/4 de la littérature du XVIIIe et post-révolutionnaire (jusqu'à aujourd'hui, bien entendu). De plus, la cour n'est plus décideuse au XIXe puisque la censure se voit quand même de plus en plus contestée (victoire de Flaubert avec Madame Bovary, victoire de Hugo avec Hernani suite à la condamnation de Marion de Lorme, quasi victoire de Baudelaire avec suppression de seulement 6 poèmes...).
Dernière modification par 76man (28/09/2008 14:29)
76man a écrit :
Comme on peut le lire sur le site universdeslettres.com ou bien dans les ouvrages Le Drame romantique (de Anne Ubersfeld, plus grande spécialiste française du drame romantique) ou Le Théâtre romantique de Florence Naugrette, On ne badine pas avec l'amour ne fut jouée que le 18 novembre 1861, soit quatre ans après la mort de Musset. Et il faut attendre la seconde moitié du XXe pour que la pièce soit jouée dans sa version complète.
Et Richard Wagner est mort toujours regretant de ne pas avoir écrit une version définitive de "Tannhäuser". Ce n'est pas dire que l'œuvre ne fut pas représentée (même à Paris) durant sa vie.
Tes affirmations, aussi correctes qu'elles puissent être, ne prouvent en rien que Musset écrivait ces pièces sans l'intention de les voir sur scène.
S'il fallait supprimer tous les ouvrages irrévérencieux envers l'Eglise, il faudrait quasiment supprimer les 3/4 de la littérature du XVIIIe et post-révolutionnaire (jusqu'à aujourd'hui, bien entendu). De plus, la cour n'est plus décideuse au XIXe puisque la censure se voit quand même de plus en plus contestée (victoire de Flaubert avec Madame Bovary, victoire de Hugo avec Hernani suite à la condamnation de Marion de Lorme, quasi victoire de Baudelaire avec suppression de seulement 6 poèmes...).
Il ne faut pas toujours regarder la littérature avec les yeux de 2008! La censure étatique en France était longtemps une réalité.
La cour de Napoléon III établissait le mode pour les autres!
Je n'ai jamais dit qu'il fallait supprimer quoi qu'il soit.
Dernière modification par JSC (28/09/2008 17:59)
Ne sort-on pas légèrement du sujet initial du fil, là ? Tout ceci n'est pas très philosophique, c'est vrai.
Dernière modification par Jehan (28/09/2008 18:04)
merci, Jehan de nous avoir ramené au nœud du sujet.
En effet, l'enfer c'est les autres.
De rien, JSC.
Maintenant, je vous laisse tous reprendre tranquillement le bon fil...