Doit-on écrire "la question s'est posée à moi" ou alors "s'est posé à moi"
Merci
Bonsoir, Omar !
* La question s'est posée à moi.
Verbe pronominal : se poser.
Valeur passive : la question a été posée.
Donc, accord avec le sujet "la question".
Cela reste vrai même si vous faites l'inversion du sujet et du verbe.
* S'est posée à moi la question...
Considère-t-on qu'une phrase comprenant des participes passés adjectivaux a valeur de proposition relative comme dans la phrase si dessous :
Une population naît alors, animée par la même foi chrétienne et regroupée sous l'autorité d'un seul roi.
forme autant de propositions qu'il y a de participes passés? En gros ici, y aurait-il 3 propositions?ou une seule?
Pour moi, il y a une seule proposition
animée par la même foi chrétienne et regroupée sous l'autorité d'un seul roi est une épithète détachée coordonnée qui s'analyserait ainsi :
1re épithète : le groupe adjectival animée par la même foi chrétienne, avec pour noyau le participe passé à valeur d'adjectif animé et pour complément par la même foi chrétienne
2e épithète : le groupe adjectival regroupée sous l'autorité d'un seul roi, avec pour noyau le participe passé à valeur d'adjectif regroupée et pour complément sous l'autorité d'un seul roi
Mais j'avoue que cette analyse très structrurale occulte la valeur verbale des participes passés
Bonsoir !
Si l'on met à part les phrases averbales et elliptiques, il y a, dans une phrase complexe, autant de propositions qu'il y a de verbes conjugués.
Les participes passés employés adjectivement ne sont pas une forme conjuguée : ils sont une des formes adjectivales du verbe.
Ils n'interviennent donc pas dans le calcul du nombre de propositions (sauf évidemment s'ils font partie du verbe conjugué : j'ai voté, je suis parti).
Exemple :
* Quand un philosophe vous REPOND,
on FINIT par oublier ce
qu'on lui AVAIT DEMANDE. (Gide)
Respectivement :
- une subordonnée circonstancielle,
- une principale,
- une subordonnée relative.
Bonsoir,
Je vois qu'on côtoie des experts ici (bonsoir Edy), j'en profite donc pour poser quelques questions qui me taraudent, à propos de ce fameux participe passé adjectivé.
Ma question est la suivante (à peu près similaire à celle d'annju) : est-ce qu'un participe passé adjectivé peut être le noyau verbal d'une proposition?
Vous répondez que non, mais pour le Bescherelle, dans la phrase "La décision prise par les officiers fut écoutée", il y a bien une proposition participiale à valeur de relative (-> "la décision qui fut prise..."). Un autre exemple est : "Son repas à peine terminé, il partit.". Là encore le Bescherelle voit une proposition participiale, à valeur de complément circonstanciel de temps cette fois. Or dans ces deux cas, le participe passé semble pourtant bien adjectif non? Alors qu'en penser?
Dans l'exemple d'annju ne pourrait-on pas considérer qu'on a deux participiales, formées autour de "animée" et "regroupée"? Car en effet cette phrase est équivalente de "une population naît alors, "qui est animée... et qui est regroupée...). Or on a pourtant bien un participe passé à valeur adjectivale non?
Merci de votre temps
Bonsoir !
* Une population naît alors, ANIMÉE par la même foi chrétienne et REGROUPÉE sous l'autorité d'un seul roi.
Voilà encore un domaine où les grammairiens ne sont pas totalement d’accord.
Je reprends la définition de GREVISSE (n°1055) : « Nous appelons PROPOSITIONS les membres de phrase qui contiennent un verbe À UN MODE CONJUGUÉ et qui servent de sujet ou de complément. »
Les modes (n°737) « se divisent en modes PERSONNELS et en modes impersonnels, selon que le verbe varie ou non d’après la personne grammaticale. »
Sous le n°738 : « Les modes PERSONNELS OU CONJUGUÉS : le verbe varie selon la personne grammaticale et sert de prédicat. »
Parmi les modes IMPERSONNELS OU NON CONJUGUÉS (ibidem), on trouve :
1 L’INFINITIF ayant les fonctions du NOM (Braconner n’est pas voler),
2 LE PARTICIPE PRÉSENT ADJECTIVAL (On demande un employé PARLANT l’anglais),
3 LE PARTICIPE PASSÉ ADJECTIVAL (Un homme AVERTI en vaut deux),
4 LE GÉRONDIF ADVERBIAL (C’est EN FORGEANT qu’on devient forgeron).
OBSERVATIONS (la question posée ne sera abordée que sous 3) :
1 L’INFINITIF (n°872) est le PRÉDICAT d’une proposition dans :
- l’interrogation indirecte (Il ne sait à qui S’ADRESSER),
- la relative (Aucun objet sur qui POSER mes yeux),
- la PROPOSITION INFINITIVE, celle qui a un sujet différent (J’entends LES OISEAUX CHANTER).
2 LE PARTICIPE PRÉSENT (n°888) est VERBAL (invariable) lorsque :
- il a un complément (Deux servants, LÂCHANT leurs culasses. Farrère),
- il est précédé de la négation NE (Nous allions, NE songeant à rien),
- il est SUIVI d’un adverbe (Clarté fuyant TOUJOURS... Musset),
- il fait partie d’un verbe pronominal (…syllabes sourdes ou sonores SE CORRESPONDANT. Fromentin),
- il se trouve dans une proposition PARTICIPIALE (Les circonstances AIDANT, nous réussirons).
À L’INVERSE, IL EST UN ADJECTIF (variable) lorsque :
- il est ATTRIBUT (La terre était RIANTE. Vigny),
- il est PRÉCÉDÉ d’un adverbe (Tous les hommes BIEN PENSANTS. Académie).
3 LE PARTICIPE PASSÉ (n°889) est VERBAL lorsqu’il fait partie d’une forme conjuguée. (Il répond à des règles spéciales d'accord.)
* J’ai COMPRIS. Ils sont PARTIS. Quand j’ai eu FINI. Le coupable sera PUNI.
À L’INVERSE, c’est UN ADJECTIF, dont la fonction, comme pour tout adjectif, est d’être :
- soit ÉPITHÈTE (Un navire ÉCHOUÉ),
- soit ÉPITHÈTE DÉTACHÉE (Échoué, le navire…)
- soit ATTRIBUT (Je reste ÉTONNÉ par votre obstination),
- notamment dans une proposition PARTICIPIALE (Son travail [étant] TERMINÉ, il est sorti).
CONCLUSION PROVISOIRE
* Une population naît alors, ANIMÉE par la même foi chrétienne et REGROUPÉE sous l'autorité d'un seul roi.
1 Je n’y vois QU’UNE SEULE PHRASE, une phrase ou proposition INDÉPENDANTE.
En effet, en l’absence de proposition subordonnée (relative, conjonctive, circonstancielle), elle n’est pas une proposition principale.
2 Les deux participes passés n’y changent rien : puisqu’ils NE FONT PAS partie d’une forme conjuguée, ils ont une VALEUR ADJECTIVALE. (En position détachée ou apposée.)
Qu’ils puissent être transformés en propositions RELATIVES n’y change rien non plus : tout adjectif peut AUSSI être transformé de cette manière.
* Une voiture rapide. -> Une voiture QUI est rapide.
* Une voiture pétaradante. -> Une voiture QUI pétarade.
* Une voiture incendiée. -> Une voiture QUI est / a été incendiée.
Loupyestu ne s’y est pas trompé : il parle de deux GROUPES ADJECTIVAUX ayant chacun un complément.
Je le dis autrement : NOYAUX ADJECTIVAUX de deux expansions nominales ET NOYAUX APPOSÉS au sujet.
(Noyaux adjectivaux + expansions = syntagmes adjectivaux.)
DERNIÈRES OBSERVATIONS
1 BESCHERELLE parle effectivement de proposition participiale, à propos du participe passé. Il énonce avec raison une PROPOSITION PARTICIPIALE (caractérisée par l’existence d’un sujet distinct) :
* SON REPAS à peine TERMINÉ, IL sortit.
Mais je ne peux pas être accord lorsqu’il voit une PROPOSITION SUBORDONNÉE dans :
* La décision, PRISE À CETTE ÉPOQUE PAR LE TRIBUNAL, ne fut jamais remise en cause.
Il importe peu, je l’ai dit, qu’elle puisse être transformée en proposition relative :
-> La décision, QUI A ÉTÉ PRISE à cette époque par le tribunal, …
On ne peut pas faire une analyse syntaxique en se servant d’équivalences sémantiques.
2 La grammaire LE ROBERT ET NATHAN dit en substance : employé COMME ADJECTIF, le participe passé peut occuper toutes les fonctions DE L’ADJECTIF QUALIFICATIF et être NOTAMMENT APPOSÉ.
* Il s’arrêta, ÉPUISÉ, et s’assit.
3 RIEGEL (p. 343) dit en substance :
a- Le participe passé peut constituer le CENTRE du groupe verbal d’une proposition subordonnée PARTICIPIALE.
* Le spectacle TERMINÉ, les comédiens saluent le public.
Riegel y voit un NOYAU VERBAL, alors que Grevisse y voit un ADJECTIF. PEU IMPORTE, ce n’est pas de cela qu’il s’agit.
b- SANS AUXILIAIRE, le participe passé joue LE RÔLE D’UN ADJECTIF QUALIFICATIF et correspond à une relative.
* Des manifestant VENUS de tout le pays. (= qui sont venus)
* Les candidats ADMIS. (= qui sont admis)
Le participe passé à valeur ADJECTIVALE peut, entre autres, être APPOSÉ.
* Gavroche, FUSILLÉ, taquinait la fusillade. (Hugo)
Une PRÉCISION IMPORTANTE : lorsqu’il a DES COMPLÉMENTS, le participe passé joue :
- le rôle D’UN VERBE par rapport à ses COMPLÉMENTS
- ET le rôle D’UN ADJECTIF par rapport au NOM.
* La décision, PRISE À CETTE ÉPOQUE PAR LE TRIBUNAL, ne fut jamais remise en cause.
-> VERBE par rapport aux deux compléments (CC et agent) ;
-> ADJECTIF détaché ou apposé par rapport au nom sujet.
Cette réflexion intelligente donne raison AUX DEUX PARTIES.
-> La décision PRISE PAR les officiers fut écoutée.
4 WAGNER ET PINCHON (n°363) disent en substance :
Les emplois du participe comme ADJECTIF. Le participe se rapporte, comme un ADJECTIF, à un terme de la phrase. Il assume les diverses fonctions DE L’ADJECTIF, notamment la POSITION DÉTACHÉE.
* L’empereur, DÉSESPÉRÉ, poussa dans l’ombre un cri d’horreur, BAISSANT les yeux, DRESSANT ses mains épouvantées. (Hugo)
* Et tour à tour CONSOLANTE et CONSOLÉE, elle donnait et recevait la parole de vie sur la couche de la mort. (Chateaubriand)
Observez que les participes passés n’ont pas de complément.
5 CHEVALIER ET CONSORTS (Larousse) disent en substance :
Lorsque le participe passé n’exprime plus que L’ÉTAT, EN DEHORS DE TOUT INDICE TEMPOREL, il se confond avec un VÉRITABLE ADJECTIF.
* Des rideaux de perse FLEURIE, MONTÉS sur flèche à l’ancienne mode, abritaient les deux lits, largement SÉPARÉS. (Colette)
CONCLUSION FINALE
* Une population naît alors, ANIMÉE par la même foi chrétienne et REGROUPÉE sous l'autorité d'un seul roi.
Il est raisonnable de considérer que les participes passés :
- sont employés comme ADJECTIFS À L’ÉGARD DU SUJET « une population » et, plus précisément, comme ADJECTIFS APPOSÉS OU DÉTACHÉS du sujet ;
- constituent un NOYAU VERBAL À L’ÉGARD DE LEURS COMPLÉMENTS RESPECTIFS.
Mais il me paraît quand même plus simple d’y voir des ADJECTIFS APPOSÉS, des adjectifs qui sont les NOYAUX DE DEUX GROUPES ADJECTIVAUX.
Dans les deux analyses, ce sont des appositions.
La seule DIFFÉRENCE est d’en faire :
- soit des noyaux VERBAUX à l’égard de leurs compléments ;
- soit des noyaux ADJECTIVAUX à l’égard de leurs compléments.
Je pense pouvoir maintenir qu'il y a là qu'une seule proposition.
Sauf meilleur avis, il n’y a pas matière à déterrer la hache de guerre…
* Il y a autant de grammaires que de grammairiens, ET MÊME DAVANTAGE. (Érasme)
Bonsoir,
Grand merci pour cette réponse très complète (et documentée qui plus est), c'est vraiment très apprécié, d'autant plus que j'ai toujours plutôt ramé sur le sujet..
De plus vous m'avez éclairci sur d'autres sujets par la même occasion, quelle efficacité!
Mais il y a encore une petite chose qui me tracasse comme dirait Colombo:
Vous êtes d'accord pour considérer que dans la phrase "Son repas terminé, il sortit", "son repas terminé" est une subordonnée participiale.
Moi ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi l'on considère que c'est donc plutôt une proposition dans ce cas et dans le cas de, par exemple, "Animée par tout un groupe, une population naît", c'est plutôt un adjectif et son expansion (c'est l'analyse que vous mettez en avant, au-delà de la double valeur). Est-ce dû au fait que le participe passé adjectif porte dans ce cas sur le sujet et dans l'autre non?
Et enfin une dernière question: considère-t-on qu'il y a un passif dans cette phrase? (Animée par tout un groupe, une population naît). C'est également ça qui me semble paradoxal et qui doit faire s'entrechoquer mes neurones: je ne comprends pas comment on peut parler de voix passive alors qu'il n'y a pas de proposition "100% proposition" puisque dans ce cas vous y référez plutôt comme un adjectif et son expansion.
Pour résumer j'ai les plus grandes difficultés à cerner cette frontière entre la considération du participe passé adjectivé comme simple adjectif et comme noyau verbal d'une proposition participiale comme c'est le cas dans "Son repas terminé, il sortit" (ici on semble clairement opter pour l'option subordonnée et non adjectif + expansion).
Je sais que j'ai dû me répéter quelque peu mais ce sont vraiment des choses qui n'arrivent pas à rentrer.. Si vous estimez que toutes les réponses sont déjà dans votre commentaire précédent n'hésitez pas à me rediriger!
Encore merci et à bientôt
Bonjour,
Je viens de voir ce site alors que je fais des recherches sur internet en grammaire française afin de constituer un cours.
Mon niveau n'étant pas des plus satisfaisant, j'essaye de rattraper mes lacunes scolaires en voltigeant du Bescherelle au Bled en passant par Wikipédia et autres sites de grammaires.
J'essaye donc de rassembler un peu tout pour essayer de comprendre des aspects qui sont très emmêlés dans ma tête.
L'un de ces aspects est le participe passé comme adjectif :
Comment différencie t-on l'un de l'autre dans ce cas ?
"Les cheveux sont frisés. "
"frisés est-il adjectif ou participe passé ?
Merci
Bonsoir !
* Les cheveux sont frisés.
Il s'agit du verbe friser à la voix passive ; frisés est donc le participe passé de cette forme verbale.
Mais ce frisés exprime clairement un résultat et peut, en conséquence, être considéré comme un adjectif, dans la fonction d'attribut.
La question est simplifiée par le fait que le Petit Robert considère frisé comme un adjectif.
Vous avez donc le choix :
- ou bien un participe passé employé comme adjectif,
- ou bien un adjectif.
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