#1 10/10/2007 21:33

tartesaucitron
9 message(s)
Entraide scolaire et méthode Commentaire - Verlaine, Le piano que baise une main frêle

Hello,

je suis en 1ere L et je dois, pour la première fois faire un commentaire.  Il porte sur
"un  piano que baise une main frêle" de Verlaine
 

Le piano que baise une main frêle
Luit dans le soir rose et gris vaguement,
Tandis qu'un très léger bruit d'aile
Un air bien vieux, bien faible et bien charmant
Rôde discret, épeuré quasiment,
Par le boudoir longtemps parfumé d'Elle.

Qu'est-ce que c'est que ce berceau soudain
Qui lentement dorlote mon pauvre être ?
Que voudrais-tu de moi, doux Chant badin ?
Qu'as-tu voulu, fin refrain incertain
Qui vas tantôt mourir vers la fenêtre
Ouverte un peu sur le petit jardin ?

Rappelez vous votre premier commentaire..
Arg,vraiment j'ai du mal. Notre prof nous a dit qu'il fallait qu'on définisse " un projet de lecture" pour écrire un commentaire
en ce moment en cours on vient tout juste de terminer  un séquence qui portait sur le lyrisme dans la poésie donc je suppose que je dois parler de ça. mais je sais pas trop , en fait !
Donc je pensais écrire une partie sur la musique qui est une caractéristique du lyrisme.mais déjà y a un truc qui me dérange: le poème est écrit en 2 strophe de décasyllabe. Verlaine n'était il pas un partisan du vers libre ? cf " de la musique avant toute chose"
Ensuite, a propos du lyrisme on a parlé en classe de l'énonciation lyrique, du poète étant un être a part (cf le mythe d'orphée) ..
je perçois bien sur une rupture avec ce vers ci :Qu'est-ce que c'est que ce berceau soudain
mais voila, j'arrive pas trop a l'expliquer.
Je ne sais pas sur quoi je dois aboutir.. ni dans quelle direction aller..
mon manque de confiance en ce que je produis en français n'arrange évidemment pas les choses...!

Bref tout ce roman pour dire : Aidez moi! conseillez moi! par pitié!
(merci d'avoir tout lu pour ceux qui l'ont fait)

Dernière modification par Muriel H. (10/10/2007 21:37)

 

#2 11/10/2007 18:18

Oregann
1759 message(s)
Entraide scolaire et méthode Commentaire - Verlaine, Le piano que baise une main frêle

Verlaine n'est pas adepte du vers libre, mais du vers impair.
De la musique avant toute chose.
Et pour cela préfère l'impair, plus léger et soluble dans l'air.
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Il a pesté contre la rime, mais n'a pas écrit de vers non rimés ni au mètre irrégulier.
Le lyrisme, bonne piste !
Qu'est-ce que c'est que ce berceau soudain?
Oui il y a une rupture, qui intervient entre les deux strophes ?

Dernière modification par Oregann (11/10/2007 18:32)


_.-** L'amour est libre il n'est jamais soumis au sort... **-._
 

#3 14/10/2007 17:52

tartesaucitron
9 message(s)
Entraide scolaire et méthode Commentaire - Verlaine, Le piano que baise une main frêle

merci de m'avoir répondu Oregann.
Finalement après réflexion je pense faire un truc du genre : comment  la musique et l'imprécision  arrivent a traduire la mélancolie?
vous croyez que c'est possible en faisant une partie sur l'imprécision ,une autre sur la musique et une autre sur la mélancolie ?
sauf que je trouve pas trop de choses a mettre dans musique...

Dernière modification par tartesaucitron (14/10/2007 17:54)

 

#4 14/10/2007 20:02

tartesaucitron
9 message(s)
Entraide scolaire et méthode Commentaire - Verlaine, Le piano que baise une main frêle

ou alors je pourrais trouver les caractéristiques du lyrisme a travers le poème:
1) Musique
2)expression des sentiment personnels : la mélancolie
3) je sais pas trop... mais lorsque on faisait ce genre de plan en classe on finissait toujours par dire que ça avait trait a l'universalité.
Comme par exemple le poème de Villon:  " frères humains qui âpres nous vivez"

Ballade des pendus

Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci, attachés cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéca dévorée et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie:
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique que fumes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas le sens rassis;
Excusez nous, puis que sommes transit,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre
Nous sommes mors, âme ne nous marie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

La pluie nous a débuez et lavez,
Et le soleil desséchez et noirci:
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavez
Et arraché la barbe et les sourcil.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ça, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetez d'oiseaulx que des à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Prince Jésus, qui sur tous a maîtrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie:
A lui n'avons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

 

#5 14/10/2007 21:20

Muriel H.
2347 message(s)
Entraide scolaire et méthode Commentaire - Verlaine, Le piano que baise une main frêle

Bonsoir Tartesaucitron,

Tu devrais relever les champs lexicaux de la fragilité, de l'incertitude, de l'évanescence.

J'ai l'impression que la première rupture est présente dans le dernier vers de la première strophe :

Par le boudoir longtemps parfumé d'Elle.

qui contraste.

- Il faut noter les majuscules à Elle et à Chant.
- Les expressions : "qui va tantôt (=bientôt) mourir" ; "ouverte un peu sur le petit jardin".
- Le contraste entre "boudoir " (l'intérieur (soi ?)) et "petit jardin" (l'extérieur (le monde, la vie ?))
- Les nombreuses interrogations de la deuxième strophe, (sur le sens à donner à la vie ? Par exemple : que veut nous dire un chant d'oiseau, si ténu, mais si charmant, si "vivant" ? veut-il nous dire : « vivez ! même si la vie est éphémère ! »)

Muriel

Muriel

 

#6 14/10/2007 23:09

Jean-Luc
2942 message(s)
Entraide scolaire et méthode Commentaire - Verlaine, Le piano que baise une main frêle

Bonsoir Tarteaucitron,

Je te suggère d'aller sur cette page qui donne beaucoup d'explications :
ici.

Il faudrait que tu caractérises en priorité ce poème par le lyrisme élégiaque, puis que tu analyses par grands ensembles ce qui contribue à cette nostalgie mélancolique.


Jean-Luc    "Il n'y a jamais nulle part où aller qu'en dedans." Doris Lessing :)
 

#7 12/06/2008 09:45

Piwie
16 message(s)
Entraide scolaire et méthode Commentaire - Verlaine, Le piano que baise une main frêle

Bonjour,
Toujous dans mon optique de chercher la modernité dans certains poèmes étudiés étudiés en classe je tombe désormais moi aussi sur Verlaine...
Une de mes sous-parties est : 1. Le refus du lyrisme plat
J'ai lu le lien que tu as donné Jean luc et j'ai trouvé beaucoup d'éléments de réponse, notamment l'existence d'un "lyrisme impressionniste"
Mais si quelqu'un pouvait me donner plus de précisions quant aux différences entre lyrisme et lyrisme impressionniste ce serait avec joie car je n'arrive pas à cerner exactement la véritable "modernité"...

Merci d'avance et bonne journée à tous !

 

#8 12/06/2008 10:59

Jean-Luc
2942 message(s)
Entraide scolaire et méthode Commentaire - Verlaine, Le piano que baise une main frêle

Bonjour Piwie,

Le lyrisme impressionniste est une forme particulière de l'expression des sentiments en cette deuxième moitié du XIXe siècle.

A l'évidence, cette expression définit une atmosphère proche de celles qu'ont pu peindre des artistes comme Renoir ou Monet.

Dans le texte, nous avons affaire à des sentiments discrets, subtils, mêlés, et surtout rendus par petites touches successives.

Verlaine utiliserait donc une technique d'écriture semblable aux effets picturaux cherchant à produire une série d'impressions fugitives plus qu'une description construite et objective.

Regarde ce lien ici.

Dernière modification par Jean-Luc (12/06/2008 11:05)

 

#9 12/06/2008 12:56

Piwie
16 message(s)
Entraide scolaire et méthode Commentaire - Verlaine, Le piano que baise une main frêle

Merci pout ton aide grâce à ce site je vais pouvoir boucler ma fiche... hop au boulot !

-Petite modification- (c'est bien beau de vouloir finir mais j'vais pas balcer non plus :p)

est ce que le fait que le poète et choisi un intermédiaire entre lui et la musique (à savoir la femme) peut être considéré comme traitement poétique de la crise ? autrement dis est ce que le plan de ma 2ème partie tient debut ?

II) traitement poétique de la crise
1. refus du lyrisme plat
2. nécessité d'un intermédiaire : la femme
3 "de la musique avant toute chose

merci

Dernière modification par Piwie (12/06/2008 13:17)

 

#10 12/06/2008 13:39

Jean-Luc
2942 message(s)
Entraide scolaire et méthode Commentaire - Verlaine, Le piano que baise une main frêle

Bonjour Piwie,

Qu'appelles-tu traitement poétique de la crise ? De quelle crise s'agit-il ?
Je pense qu'il faut rattacher ce poème aux titres du recueil "Romances sans paroles" et de la partie "ariettes oubliées". Dans un tel contexte, la femme est liée à la musique comme instrumentiste, la musique est elle-même sentimentale. Verlaine fait-il allusion à des souvenirs intimes d'un bonheur enfui ? ou se contente-t-il d'un tableau de genre ?