Et bien lorsque Don Juam se consacrait à une nouvelle conquête, il ne possédait pas encore sa conquête : elle lui manquait.
Bien sûr, il n'en n'avait pas besoin : ce manque n'est donc pas "vital".
C'est donc l'illusion d'un manque, mais dans la tête, il n'y a pas de différence entre illusion et réalité...
Dernière modification par zed_protect (10/10/2007 22:56)
Muriel H. a écrit :
on n'a faim que quand on a le ventre vide. Le désir naît du vide, encore plus que du manque... Il faut remplir... toujours remplir...
L'exemple serait plutôt celui d'un besoin, et non réellement d'un désir. Le désir n'est-il pas orienté vers la conquête du superflu, là où le besoin est orienté vers la réplétion d'un manque du nécessaire. Cela dit, il y aurait peut-être des choses à dire sur le caractère nécessaire du superflu dans une existence authentiquement humaine ! Pas trop envie de me lancer là dedans, though ... 
ENS,
la faim en soit n'est pas un désir : c'est une sensation, une douleur. L'envie de manger causée par cette douleur est un désir, car toute envie est désir.
Je peux désirer quelque chose bien que n'en ayant pas besoin (le superflu dont tu parles).
Je peux avoir besoin de quelque chose sans en avoir envie (ex : Devant le besoin de manger, les anorexiques n'en n'ont pas toujours envie)
Je peux avoir envie de quelque chose dont j'ai besoin (j'ai très envie de boire après le sport...) : mais cette envie reste un désir (même s'il est associé au besoin).
L'un ne rejette pas l'autre selon moi.
ENS a écrit :
Muriel H. a écrit :
on n'a faim que quand on a le ventre vide. Le désir naît du vide, encore plus que du manque... Il faut remplir... toujours remplir...
L'exemple serait plutôt celui d'un besoin, et non réellement d'un désir. Le désir n'est-il pas orienté vers la conquête du superflu, là où le besoin est orienté vers la réplétion d'un manque du nécessaire. Cela dit, il y aurait peut-être des choses à dire sur le caractère nécessaire du superflu dans une existence authentiquement humaine ! Pas trop envie de me lancer là dedans, though ...
Bonsoir Ens,
Je crois que les désirs visant à l'obtention du superficiel (matériel) ne font que combler des manques quant à l'impossibilité d'obtenir des satisfactions d'ordre spirituel ou sentimental.
C'est pour cela que je parlais de la "faim". Faim d'amour, faim d'estime de soi, faim de reconnaissance... qui sont elles aussi, comme la faim alimentaire, des besoins vitaux...
Muriel
Ina a écrit :
Quoiqu'il en soit, pour rester dans le registre, "l'appétit vient en mangeant"!
Pour ce qui est du manque je dirais oui et non... Il y'a une chose dont on n'a pas parlé, et qui me paraît essentielle c'est le caractère illimité du désir: on a jamais fini de désirer, lorsqu'on a assouvi un désir un autre naît..et cela ne termine jamais et je pense ( pour revenir à la question du manque qui est selon moi pas tout à fait exacte) qu'au plus on a, au plus on veut ( donc le désir ne naît pas toujours d'un manque..;enfin évidemment ça reste à débattre..) [...]
Bonsoir !
Ina, ce que vous avez écrit m'a fait penser à un livre que je suis en train de lire. En voici un petit extrait :
Il y a un moment dans la vie, vers quarante, cinquante ans, où un homme s’aperçoit qu’une grande maison et un beau poste, et une belle vue depuis sa fenêtre, ça ne sert à rien, que sa vie ressemble à du sable. Connaissez-vous cette théorie assez simpliste mais commode des psychologues ? Ils appellent ça la pyramide de Maslow. On s’en sert dans les cabinets de conseil en ressources humaines. Quelquefois, c’est par des voies simples qu’on approche la vérité. Selon Maslow, quand les besoins élémentaires de l’homme sont satisfaits, il en conçoit d’autres, de plus subtils, de plus abstraits ; il n’y a pas de satiété pour lui ; il devient de plus en plus exigeant. Ce qu’il désire devient aussi plus préoccupant et plus vague.
C'est tiré du dernier livre de D. Barbéris, Quelque chose à cacher (page 93).
Désolé pour l'intermède. 
Bonne nuit !
Le désir du prochain objet que l'on n'a pas encore, n'est, malheureusement, que le reflet du vide spirituel....
Et c'est un "parpaillot" qui vous parle!
lebeau a écrit :
Le désir du prochain objet que l'on n'a pas encore, n'est, malheureusement, que le reflet du vide spirituel....
Et c'est un "parpaillot" qui vous parle!
Il n'y a rien de plus vrai! Très bien exprimé
Aguidar a écrit :
Je voudrais connaître votre définition du désir.
Un peu trop vague comme question ?
J'aimerais aussi poser cette question qui compléteras la première D'où naît le désir ?
Bonjour aguidar, tu nous as manqué.
J'espère que ta rentrée a été sereine.
DÉSIR: Prise de conscience d'une tendance vers un objet connu ou imaginé; cette tendance. La force qui pousse à désirer. Tendance consciente aux plaisirs charnels. L'objet même du désir. (Petit Robert).
Plan
L'origine du désir + liens intéressants
Le désir dont on a besoin! est-il obscur?
Dernière modification par JSC (12/10/2007 11:56)
Le désir est, pour moi, un manque exacerbé par l'intellect. On ne met des mots que sur ce qui n'est pas présent, donc le désir est bien la manifestation de quelque chose d'absent. Sinon, pourquoi verbaliser quelque chose qu'on a sous la main dans le moment présent ? Après, c'est le travail de l'intellect qui, à force de ressasser finit par se demander s'il veut vraiment obtenir l'objet de son désir - Comme l'explique La Rochefoucauld -. C'est de cette contradiction que naît la vraie sensation de besoin, en sa qualité de question qu'il nous faut résoudre impérativement, par l'obtention de l'objet souhaité. C'est en quelque sorte un cercle vicieux.
Le désir vient de l'inaccessible, on peut désirer follement tout et n'importe quoi à condition qu'on soit à peu près certain de ne pas pouvoir l'acquérir facilement et/ou dans l'instant présent.
(J'espère ne pas m'être lamentablement vautré
)