Bonjour,
je suis enseignante de français en Bielorussie. Je ne suis parvenue a trouver nulle part la réponse a la question qui m'intéresse beaucoup.
En lisant des journaux français, je trouve des phrases comme "Il a eu du courage de faire qqch" ou "J'ai eu du plaisir (de la chance) de faire qqch". La grammaire traditionnelle nous dit qu'il faut employer l'article défini dans les constructions pareilles. Alors comment expliquer l'emploi de l'article partitif devenu de plus en plus courant?
Je vous serais très reconnaissante si vous trouviez la possibilité de me répondre.
Bonsoir,
Cette discussion pourrait vous intéresser.
Je vous cite un petit extrait de la Grammaire d’aujourd'hui de Michel Arrivé (page 75, à « Article ») :
L’article partitif s’emploie devant des noms dits « non comptables » [...] : du sable, de la margarine (noms concrets), du tempérament, de la patience (noms abstraits). [...]
À bientôt !
Merci de me répondre. Mais comment pouvez-vous commenter les emplois suivants:
1) Elle a du courage de partir un an avant les Jeux avec le changement de méthodes d'entraînement. (Nouvel Observateur du 05.07.2007)
2) On en conclut facilement que l'agresseur a du courage de vivre avec cette femme.
3) Hier soir j'ai encore été en patrouille pour protéger les hommes qui enterraient des chevaux morts depuis le début. Ils ont du courage de faire ce travail. (La Grande Guerre. Les documents Cartes du front de Champagne (mai 1915) Par Bernard Berthion).
4) Non seulement les débouchés offerts aux jeunes diplômés ou chercheurs français expatriés sont insuffisants, mais les conditions de recrutement de ceux qui ont de la chance de trouver un emploi stable paraissent insatisfaisantes à beaucoup. (Forum de réflexion sur l'avenir de la recherche (Synthèse des interventions).
J'en ai plein d'exemples pareils. S'agit-il d'un emploi peu correct ou d'une tendance nouvelle?
La pub actuelle qu'on voit en France “Thomas Delachance” “Ella Delachance” donne bien la formulation correcte pour chance
l'envieux se dit que l'autre a de la chance et que lui-même n'en a point (ALAIN, Propos, 1935, p. 1288)
Mais on dit LA chance quand il y a de + infinitif après
elle a eu la chance de tomber sur ce sujet au bac
Aurai-je la chance de vous trouver à Paris vers le milieu d'août? (FLAUBERT).
Il ne suffit pas d'avoir la chance d'avoir du talent; il faut avoir le talent d'avoir de la chance
Merci.
Je sais bien que la règle préconise l'emploi de l'article défini après de + infinitif.
Les exemples que j'ai donnes ne sont pas inventes par moi-même. J'en trouve beaucoup dans les médias. Donc, devrais-je conclure que le partitif n'y est qu'un emploi fautif? Ou bien en disant "j'ai du plaisir de vous accueillir" l'auteur veut dire autre chose qu'en employant la formule "j'ai le plaisir de vous accueillir"?
"j'ai du plaisir de vous accueillir"
cette formulation est fautive, ainsi que celles que vous citez plus haut
Je pense cependant qu'il y a une nuance entre "elle a eu LE courage de partir" et "elle a eu DU courage de partir"
Le courage, c'est son courage particulier à ce moment-là
Du courage, signifierait qu'elle n'est pas la seule à l'avoir eu
Par contre, de là à énoncer une règle...
Dernière modification par Léah (27/09/2007 10:22)
La nuance: je suis aussi étranger et regarde autant le sens que la syntaxe, grammaticale ou linguistique.
Ne serait-il pas vrai de dire que l'emploi d'un article définitif dans ces exemples signale "la condition nécessaire pour" et que le partitif signale "une des conditions possibles pour"?
Elle avait le courage (necessaire/obligatoire) de partir.
Elle avait du courage (et de l'envie, et du temps et un point de chute) de/pour partir.
Je sens dans le deuxième exemple qu'elle n'a pas eu forcément le sentiment de courage en le faisant, mais c'est ce que les autres diraient de son action après les faits.Dans le premier cas, elle s'est armée de courage.
Avis non-spécialiste. 
Dernière modification par JSC (27/09/2007 12:00)