#1 11/09/2007 22:27

thais
59 message(s)
Café philo Les autres : une menace

Je suis depuis quelques jours en Terminale L et des premiers conflits se manifestent. Les autres se moquent de moi, rient en cours de Philo quand je prends la parole, me téléphonent exprès en cours d´Histoire-Géo pour que la prof me gronde, m´insultent, me menacent. Je n´ai pas d´amis et je suis très malheureuse. Quelle attitude philosophique me proposeriez-vous de prendre ?
Il m´accusent de me croire supérieure á eux alors que je n´ai jamais affirmé cela, d´ailleurs je n´ai rien dit de tout, je me tais quand ils m´insultent, je suis polie envers eux, je les respecte. (au contraire il me semble que c´est eux qui se croient supérieur en se moquant de moi). Pourquoi ces élèves ne m´acceptent-ils pas? Est-ce que je les dérange? Je ne vais pas envers eux pour leur imposer ma manière de voir le monde, je ne les submerge pas avec mes pensées, je me tais. Quand ils me demandent quelque chose je leur répond gentillment. Aidez-moi, "penseurs" du café de Philo, donnez-moi vos avis.

Merci. Thais.

Dernière modification par thais (11/09/2007 22:27)

 

#2 11/09/2007 22:40

Muriel H.
2341 message(s)
Café philo Les autres : une menace

Bonsoir Thais,

Voici trois conseils absolument pas philosophiques :

- Ton portable doit être éteint pendant les cours !
- On n'a jamais d'ami(s) en début d'année scolaire, c'est bien connu.
- Si tu as envie de dire des choses en cours de philo, dis-les, ne t'occupe pas des autres.

Muriel

 

#3 11/09/2007 22:59

thais
59 message(s)
Café philo Les autres : une menace

Oui, je le reconnais, j´aurai du éteindre mon portable. Cela n´explique pourtant pas le fait pourquoi les éleves m´appellent pendant le cours. D´ou leurs venait l´envie de m´appeller?

- Non, je suis dans le même lycée depuis la maternelle ("Lycée Francais de Vienne "(Autriche)) et dire qu "on n´a jamais d´amis en début..." c´est faux.
On a ceux de l´année précédente et les nouveaux de notre classe ne sont pas tout seuls. Il y a deux nouvelles qui s´entendent tres bien et qui ne souffrent pas de solitude dans ma classe.  Je suis la seule fille de ma classe qui n´a pas d´amis.

- Le professeur de Philosophie est le seul qui semble me comprendre et me témoigner de l´affection, oui, je m´exprimerai toujours dans son cours.

Dernière modification par thais (11/09/2007 23:00)

 

#4 12/09/2007 13:34

Oregann
1759 message(s)
Café philo Les autres : une menace

[...]

Dernière modification par Oregann (06/07/2008 13:36)


_.-** L'amour est libre il n'est jamais soumis au sort... **-._
 

#5 12/09/2007 16:20

Plume blanche
10 message(s)
Café philo Les autres : une menace

Effectivement, il est dur d'être seule face aux autres mais comment ce fait-il qu'ils aient ton numéro de portable? Et si tu es dans le même établissement depuis toutes ces années, tu dois avoir de vieilles connaissances, des liens durables?... C'est vers eux qu'il faut te tourner.

Pour les brimades lors des cours, comme le dis Muriel, si tu as envie de dire des choses, dis-les, surtout si elles sont censées et justes, il ne faut pas te mettre en retrait et te taire si tes réflexions sont bonnes...

 

#6 12/09/2007 17:03

Aguidar
553 message(s)
Café philo Les autres : une menace

(Sujet varié est ton ami)
Remarque à part,
Comment surpasser ça ?
Te forger une apparence, pas beaucoup de monde me connaît tel que je suis à part mes plus proche proches. Les gens te jugent sur l'apparence que tu as dans la société change d'apparence, fond toi dans la foule et surgis plus forte quand ton environnement seras prêt. La plupart des gens sont des idiots mais certains sont plus perspicaces que d'autres, je pensais que je jouais parfaitement mon rôle jusqu'aux jour ou dans mon bulletin un professeur me remarque "Je n'arrive pas à le définir". Je parle ici de ma propre expérience je peux te dire que ça marche et fait de tes amis ceux qui savent qui tu es et qui te porte quand même de l'affection.
Changer d'apparence ne signifie pas changer ta manière de réfléchir et de travailler.
C'est sûrement un mauvais conseil de changer pour eux, mais si te fondre, te cacher, devient une nécessite alors...
Si tu ne parviens pas à te fondre dans le "moule" alors change ton environnent comme le dit si bien oregann.


Tout a un rapport avec n'importe quoi
 

#7 12/09/2007 18:34

AjirA
9 message(s)
Café philo Les autres : une menace

Je ne crois pas que la solution soit dans l'effacement. Les gens aux personnalités envahissantes ont toujours eu moins de problème de cet ordre que les autres, plus arrangeants.

Avant de de te répondre j'aimerais commenter ce qui a déjà été dit.

En ce qui concerne cette triste solution de changer de lycée, il faut déjà que ce soit possible ce qui n'est pas forcément acquis. Mais même en admettant que cela le soit, cet échappatoire doit de toute évidence rester la dernière solution... celle à adopter en cas d'abandon en somme.

Une autre solution proposée est de te forger une carapace... un écran qui montrerai aux autres la fille qu'ils veulent voir dans le but de ne pas être embetée. Evidement, je suis contre aussi. C'est une solution moins extrême que la précédente, qui peut avoir des résultats certes, mais qui de nouveau est très loin d'être idéale. Combien de temps à jouer ce jeu ? Qu'en est-il du mal être de ne pas être soi-même ? De traverstir ses propos ? Son opinions, ses intérêts... voir ses sourires ? Un choix compréhensible, que je ne recommanderais pas pour autant.

Alors que reste-t-il ? Bien entendu, c'est le noeud du problème et l'essence de ta question.
Mais avant d'essayer d'y répondre, je te proposerais d'abord de te pencher sur le pourquoi. Pourquoi cette année, ta rentrée s'est mal faite ? Pourquoi, alors que ce sont pour l'esssentiel des personnes que tu connais -au moins de vue- depuis plusieurs années ? Qu'est-ce qui a changé chez eux, chez toi ? Dans ton comportement, dans ton apparence, dans ton expression, dans tes relations... que sais-je encore : dans tous les domaines que tu soupçonnes être concernés...
Que sont devenus tes amis ? Tes anciennes connaissances ? Comment interpréter ce changement brutal ? N'y a-t-il réellement rien eu de progressif ? Ne vois-tu vraiment aucune raison valable, ou non ?
Peut-être trouveras-tu déjà une ébauche de solution en cherchant des réponses à ces questions, et d'autres s'il t'en vient. Comprendre le problème, se pencher sur sa genèse, en éclairer les différents aspects, c'est le résoudre aux trois quarts... il n'y a rien de bien profond la dedans, j'imagine que tu sais déjà tout ça.

Ceci fait, reposons-nous la question : que reste-t-il ?
Les rapports que nous entretenons avec les autres sont trop nombreux, en outre il en existe un unique pour chaque individu que nous croisons. Il faut comprendre par là que nous n'avons pas la possibilité ( j'entends le temps et/ou la volonté ) de les développer, de les entretenir, de les creuser... Quoi que cela nous en coûte de l'admettre, ils sont -les liens privilégiés mis de côté- essentiellement fondés sur les apparences. "On te connaît par ce qu'on voit de toi et non par ce que tu es"... à noter que tu es aussi ce que tu arrives à faire voir de toi ( un sujet est actuellement ouvert sur ce thème ). Ceci couvre aussi bien tes vêtements que ta manière de marcher, ton assurance, ton regard, ta diction, ton visage... tout ce que tu dis ou fait est soumis à l'interpretation d'autrui : c'est à toi de jouer au mieux sur celle-ci. A toi de la provoquer, de faire les gestes qui vont susciter telle ou telle interpretation. La matière à travailler ce sont les impressions.

"Que tout ceci est superficiel". Oui. Effectivement. Comme tous les liens que tu entretiens avec les personnes à qui tu ne parles pas directement.
Il y a des gens qui se font plus embeter que d'autres. Il y en a qui s'imposent systématiquement comme leader d'un groupe. Il y a des gens que l'on sens plus "faibles", plus "effacés". Il y en d'autres qui paraissent intelligents. D'autres encore paraissent plus calmes, ou plus bagarreurs. Au premier regard, nous avons déjà un avis, qu'il s'exprime consciemment ou non. Et à chaque nouvelle phrase, à chaque nouvel élément, on complète le croquis de manière à mieux cerner son vis-a-vis. Il ne s'agit pas de préjugé, mais d'une démarche normale et systématique dans la manière d'appréhender l'autre. Précisons bien qu'à la différence des préjugés, ce croquis se modèle inlassablement sous la contrainte des nouveaux faits et ne reste jamais inerte... il ne s'agit pas de stigmatiser l'autre, mais au contraire d'en découvrir le plus de penchant possible.

Qu'il y a-t-il à comprendre dans tout ca ? Qu'avoir une personnalité effacée, que de se laisser marcher sur les pieds, que d'attendre les insultes en souriant, que d'être complaisant avec tout le monde, de tromper ses idées et diminuer son propos n'est pas une solution. Tout ceci n'est là que pour conforter l'autre dans sa position dominante d'emmerdeur. Il ne s'agit pas de se disputer, de crier ou de monter sur ses grands chevaux. Il ne s'agit pas non plus d'être chiant ou excentrique. Seulement d'avoir une personnalité ferme, agréable avec ceux qui le méritent, plus dure avec ceux qui viennent vous "tester", vous mettre à l'épreuve. Rester intègre et ne pas plier.

Je pense qu'en restant intègre, droit et fidèle à ce qu'on pense être bon, on peut maintenir un état de bien-être relatif même dans les situations un peu plus compliquées ( ceci étant lié au fait qu'on a le sentiment d'être et de bien faire ). En aucune manière il ne faut à mon avis chercher à plaire à l'autre, à se modifier pour lui convenir : c'est propre aux gens "faibles", qui manquent de caractère, de personnalité.
N'allez pas entendre par là non plus qu'il faut refuser toute critique, se croire parfait, ne jamais rien changer en soi, ou n'importe quoi de ce genre. Ce n'est pas mon propos. Des situations feront comprendre, avec un minimum de bon sens, qu'il faut changer, d'autre qu'il faut garder un "cap".


Après quant à savoir si j'ai raison, si tu es d'accord, si tu y peux quelque chose, si c'est trop tard ou non... je n'en sais rien.
Je t'ai dit ce que j'en pensais. Les apparences comptent et cela sans rapport avec l'intelligence; c'est le premier moyen que nous avons de connaître l'autre. Là où il y aurait à parler d'intelligence c'est concernant l'attitude de ceux qui se comportent de la sorte avec des gens moins sûr d'eux. Et là tu n'y peux pas grand chose.

Alors bonne chance... et tiens nous au courant.

Dernière modification par AjirA (12/09/2007 21:44)


- "Jamais dans la tendance, mais toujours dans la bonne direction" -
 

#8 12/09/2007 18:55

Aguidar
553 message(s)
Café philo Les autres : une menace

Ajira bravo pour ta longue tirade.
Je veux juste faire une précision
"Ceci couvre aussi bien tes vêtements que ta manière de marcher, ton assurance, ton regard, ta diction, ton visage... tout ce que tu dis ou fait est soumis à l'interpretation d'autrui : c'est à toi de jouer au mieux sur celle-ci. A toi de la provoquer, de faire les gestes qui vont susciter telle ou telle interpretation. La matière à travailler ce sont les impressions."
Ne serait-ce pas mon raisonnement: "changer d'apparence" ?
et je le répète "Changer d'apparence ne signifie pas changer ta manière de réfléchir" je ne conseille pas de travestir ses idées.
Et changer de personnalité est encore plus dur.

 

#9 12/09/2007 19:38

Ina
406 message(s)
Café philo Les autres : une menace

Au diable ce que pensent les autres, l'essentiel c'est d'être bien avec soi....de toute manière j'ai toujours pensé qu' il était horrible de faire l'unanimité auprès de tous, cela équivaudrait à être d'une grande banalité...
Aguidar, à mon humble avis changer d'apparence pour se fondre dans la masse ce n'est pas changer de personnalité en effet, c'est la renier...

Dernière modification par Ina (12/09/2007 19:38)

 

#10 12/09/2007 20:21

AjirA
9 message(s)
Café philo Les autres : une menace

Merci Alguidar.

Pour te répondre, à l'expression "changer d'apparence" je préfèrerais substituer celle de "changer d'attitude". Dans ce sens, estimer que la tienne est la bonne ( en espérant que ce soit le cas ) et dès lors l'assumer pleinement. S'il faut changer, c'est seulement pour mieux confirmer ce qui est déjà.

Dans l'expression "changer d'apparence", isolée de tout contexte, on ne comprend à mon sens qu'un rapport aux vêtements, même si un développement pourrait en élargir le sens. Dans le contexte de ton message, on la comprend comme : changer pour les autres tout en restant soi-même de manière plus intérieure. Et à la lecture des précédents messages on rejoignait dans la compréhension l'idée de la fausse façade, solution que je ne voulais pas mettre en avant.

Mais si nos idées se recoupent, c'est d'autant mieux


Et puis, j'ajouterai seulement ceci, à l'intention d'Ina :
Je suis presque d'accord sur tout ce que tu as dit, à cette légère exception près : "Au diable ce que pensent les autres".
C'est à mon avis impossible et pas forcément ni bienvenu, ni une bonne solution. Je m'explique.

.Impossible parce que si nous sommes, nous sommes en grande partie en société, donc vouloir faire sans reviendrait à chercher à s'en extraire ou à s'en écarter : ce n'est donc pas une solution d'intégration, mais d'exclusion. Pour cette raison, ce n'est à mon avis pas le meilleur choix.

.De plus, mais je ne parle peut-être qu'en mon nom, je ne pense pas qu'on puisse être "bien" lorsque l'on ne l'est pas au milieu des autres...

Dernière modification par AjirA (16/09/2007 12:07)