#11 26/08/2007 19:53

Léah
9750 message(s)
Sujets variés J'aimerais vos avis : Poème.

Au temps pour moi : j'ai attribué la citation de Char à Galain, alors que c'est Rodolphe qui l'a postée ! Galain, je ne puis que t'inviter à lire ce grand poète.


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.
 

#12 26/08/2007 20:54

Galain
185 message(s)
Sujets variés J'aimerais vos avis : Poème.

Rodolphe a écrit :

C'est un conseil et un reproche, mais sans méchanceté aucune.

Je ne le prend pas mal ne t'inquiète pas
Mais, où pense tu que j'ai "mystifié l'agneau" ?


Ps: Leah, j'ai déjà commencé avec les poèmes de lui que je trouve sûr internet :s


Si penser c'est resister, alors refléchir c'est poser une bombe...
http://damnee.over-blog.fr/
 

#13 26/08/2007 23:50

Léah
9750 message(s)
Sujets variés J'aimerais vos avis : Poème.

Chouette ! dis-moi lesquels, il n'y a pas beaucoupd e lecteurs de Char sur ce forum, ça me fera plaisir d'en parler
Je t'enverrai des photos de l'Isle-sur-la-Sorgue et de Céreste, où était son refuge de Résistant, si ça t'interesse

 

#14 27/08/2007 00:02

Galain
185 message(s)
Sujets variés J'aimerais vos avis : Poème.

Léah a écrit :

Chouette ! dis-moi lesquels, il n'y a pas beaucoupd e lecteurs de Char sur ce forum, ça me fera plaisir d'en parler
Je t'enverrai des photos de l'Isle-sur-la-Sorgue et de Céreste, où était son refuge de Résistant, si ça t'interesse

J'en ai lu un qui ma particulièrement plus :

Les Inventeurs (1949).

Ils sont venus, les forestiers de l'autre versant, les inconnus de nous, les rebelles à nos usages.
Ils sont venus nombreux.
Leur troupe est apparue à la ligne de partage des cèdres
Et du champ de la vieille moisson désormais irrigué et vert.
La longue marche les avait échauffés.
Leur casquette cassait sur les yeux et leur pied fourbu se posait dans le vague.


Ils nous ont aperçus et se sont arrêtés.
Visiblement ils ne présumaient pas nous trouver là,
Sur des terres faciles et des sillons bien clos,
Tout à fait insouciants d'une audience.
Nous avons levé le front et les avons encouragés.


Le plus disert s'est approché, puis un second tout aussi déraciné et lent.
Nous sommes venus, dirent-ils, vous prévenir de l'arrivée prochaine de l'ouragan,
de votre implacable adversaire.
Pas plus que vous, nous ne le connaissons
Autrement que par des relations et des confidences d'ancêtres.
Mais pourquoi sommes-nous heureux incompréhensiblement devant vous et soudain pareils à des enfants?


Nous avons dit merci et les avons congédiés.
Mais auparavant ils ont bu, et leurs mains tremblaient, et leurs yeux riaient sur les bords.
Hommes d'arbres et de cognée, capables de tenir tête à quelque terreur
mais inaptes à conduire l'eau, à aligner des bâtisses, à les enduire de couleurs plaisantes,
Ils ignoraient le jardin d'hiver et l'économie de la joie.


Certes, nous aurions pu les convaincre et les conquérir,
Car l'angoisse de l'ouragan est émouvante.
Oui, l'ouragan allait bientôt venir;
Mais cela valait-il la peine que l'on en parlât et qu'on dérangeât l'avenir?
Là où nous sommes, il n'y a pas de crainte urgente.

***
Oh la toujours plus rase solitude
Des larmes qui montent aux cimes.


Quand se déclare la débâcle
Et qu'un vieil aigle sans pouvoir
Voit revenir son assurance,
Le bonheur s'élance à son tour,
À flanc d'abîme les rattrape.


Chasseur rival, tu n'as rien appris,
Toi qui sans hâte me dépasses
Dans la mort que je contredis.


René Char

Il se dégage une tel atmosphère dans ce poème, j'en suis resté scotché.
La première strophe est vraiment magnifique je trouve, nous les voyons arriver a travers la forêt...
Et l'évocation de l'ouragan, on devine un désastre...

Franchement sa me plait beaucoup.

Merci a Rodolphe de m'avoir, à travers sa citation, fait découvrire ce poète .
Si tu veut en parler Léah, pas de problème, mais faudrais une section poésie dans ce forum en fait ^^.

Dernière modification par Galain (27/08/2007 00:03)

 

#15 27/08/2007 00:12

Hölderlin
26 message(s)
Sujets variés J'aimerais vos avis : Poème.

Tiens, je tombe dès mon retour sur un sujet interessant.. -je suis chanceux. Ma foi les critiques formulées me paraissent toutes justes: je n'irai pas répéter ce qui a déjà été dit.
Pour René Char, Galain, je te conseille le Marteau sans maître qui est un excellent recueil, et t'invite à lire les symbolistes -notemment Mallarmé; pour la musique. Sans doute te paraitra-t-il un peu hermétique mais, -ceci n'est que mon avis-, il a réinventé le langage comme peu de poètes l'ont fait..

Léah, je suis très heureux de pouvoir lire de nouveau vos commentaires. -en espérant achever un jour mes pièces poétiques pour vous les dévoiler..

 

#16 27/08/2007 08:46

Rodolphe
94 message(s)
Sujets variés J'aimerais vos avis : Poème.

Et aussi Fureur et mystère tant qu'on y est ! Ce recueil m'est si nécessaire que je le connais quasiment par coeur ( à ce compte, j'en ai tiré la citation ).

Anyway

On pourrait voir l'agneau dans "les orphelins perdus", mais c'est en vérité toute tes chaînes de correspondance et toute ta musique qui sont imprégnées d'une mystification naïve ; dans une optique bleue dégoulinant, comment pourraient être les ailes des papillons sinon "diaphanes", quelles matières pourrions nous invoquer sinon "l'albâtre et le marbre", quel image de la dérive sinon le "radeau" et les "soldats" pourraient-ils être autrement que "féroces" quand les "orphelins" sont "perdus" ?

J'y discerne un tempérament noyé sous les références, il n'y a pas encore de voix dans ces poèmes, ils sonnent creux et leurs propos ne peuvent toucher tant ils nous disent l'évident de façon évidente.

Je ne peux que te conseiller, à l'instar de Rilke dans Lettres à un jeune poète, ou de mon ancien prof de philo et d'esthétique, poète en acte, de t'attarder sur des sujets moins vastes et pompeux, de tenter de tirer richesse de l'infime, ça ne pourra que t'aider à t'échapper des poncifs ponceurs.

Dernière modification par Rodolphe (27/08/2007 13:13)


RODOLPHE du Dissidrome
http://dissidrome.over-blog.com
 

#17 27/08/2007 09:31

Léah
9750 message(s)
Sujets variés J'aimerais vos avis : Poème.

J'y discerne un tempérament noyé sous les références

Très bien ressenti ! mais chacun commence avec des références, on ne coupe pas les ancres tout de suite pour trouver son encre...
Mon conseil est de supprimer "l'anecdotique et le superflu" à commencer par les qualificatifs, circonstants et adverbes...

Dernière modification par Léah (27/08/2007 09:32)

 

#18 27/08/2007 10:21

Léah
9750 message(s)
Sujets variés J'aimerais vos avis : Poème.

Merci à vous trois pour Char ! je vous en parlerai davantage, cet été avec quelques amis poètes nous sommes allés à l'Isle-sur-la-Sorgue, Céreste, le Thor et Fontaine de Vaucluse ; magnifiques expos, des grands peintres qui ont enluminé Char et de lui-même. Avant, j'avais fait des recherches, j'ai un tas de liens à envoyer ; je mettrai tout cela sur le Forum de la Micronésie poètique dès mise en forme

En attendant

Le Thor

Dans le sentier aux herbes engourdies où nous nous étonnions, enfants, que la nuit se risquât à passer, les guêpes n’allaient plus aux ronces et les oiseaux aux branches. L'air ouvrait aux hôtes de la matinée sa turbulente immensité. Ce n'étaient que filaments d'ailes, tentation de crier, voltige entre lumière et transparence. Le Thor s'exaltait  sur la lyre de ses pierres. Le mont Ventoux, miroir des aigles, était en vue. Dans le sentier aux herbes engourdies, la chimère d'un âge perdu souriait à nos jeunes larmes.

(Fureur et mystère)

Nous avons fait cette ascension sur les pas du poète...

 

#19 27/08/2007 12:09

Galain
185 message(s)
Sujets variés J'aimerais vos avis : Poème.

Anyway

On pourrait voir l'agneau dans "les orphelins perdus", mais c'est en vérité toute tes chaînes de correspondance et toute ta musique qui sont imprégnées d'une mystification naïve ; dans une optique bleue dégoulinant, comment pourraient être les ailes des papillons sinon "diaphanes", quelles matières pourrions nous invoquer sinon "l'albâtre et le marbre", quel image de la dérive sinon le "radeau" et les "soldats" pourraient-ils être autrement que "féroces" quand les "orphelins" sont "perdus" ?

J'y discerne un tempérament noyé sous les références, il n'y a pas encore de voix dans ces poèmes, ils sonnent creux et leurs propos ne peuvent toucher tant ils nous disent l'évident de façon évidente.

Je ne peux que te conseiller, à l'instar de Rilke dans Lettres à un jeune poète, ou de mon ancien prof de philo et d'esthétique, poète en acte, de t'attarder sur des sujets moins vastes et pompeux, de tenter de tirer richesse de l'infime, ça ne pourra que t'aider à t'échapper des poncifs ponceurs.

Merci, tu as tout a fait raison, j'ai tendance a allourdire mes poèmes par des qualificatifs qui non pas de raison d'être et qui ne font que dénaturé la simplicité de ce que j'ai voulu exprimer.
C'est vrai aussi que ces thèmes sont, après examen, d'une banalité affligeante...
Va falloir que je travaille.
Je vais essayer de faire des poèmes sur des impressions mais c'est difficile, il faut trouver les mots juste et simple, pour que la lecture ne soit pas fastidieuse, qu'elle glisse doucement.
Comme le poème si dessus, ou le poète utilise des mots simples et francs pour nous faire rentrer dans son monde. Et il y arrive avec brio...

Bref j'ai du boulot...

Merci beaucoup pour vos critiques .

Dernière modification par Galain (27/08/2007 12:11)

 

#20 27/08/2007 13:10

Rodolphe
94 message(s)
Sujets variés J'aimerais vos avis : Poème.

De rien !

Je pense que tu vas l'élaborer ta petite musique, tu as déjà la grande qualité de rester ouvert à la critique.