Bonjour, je lis actuellement "Le sens du beau" de Luc Ferry. Dans le passage sur Nietzsche, le premier penseur de l'avant-gardisme, j'ai du mal à saisir la notion de "différence".
En effet pour lui, l'art a une fonction de vérité. Mais cette vérité n'est pas rationnelle, harmonieuse, réelle,ect., mais elle est non rationnelle, difforme, illusion et au final "différence". Autrement dit, il n'existe pas selon lui de vérité universelle, donc d'un "monde commun" à tous. La vérité comme l'entend Nietzsche serait-elle purement individuelle, propre à chaque individu et c'est pourquoi elle est différence...car il prône l'hétérogénéité des points de vue, des subjectivités... ??
Enfin si vous pouvez me rendre tout cela un peu plus clair !! Merci
Je pense, effectivement, que ce que l'on appelle la vérité relève d'une interprétation extrèmement personnelle, celle-ci étant aussi liée à l'état d'information de celui qui l'émet, comme à ses choix spirituels, idéologiques ou politiques
Je considère, personnellement que la vérité universelle ne peut exister: elle est trop liée à l'individu et à son histoire, ou à des "institutions" qui s'en réclament pour imposer leur point de vue.
Bref, la vérité est avant tout idéologique, spirituelle ou politique. L'ensemble de ces trois mondes, même s'ils étaient réunis, reste trop restreint pour que la vérité existe.
Je lui préfère le mot "réalité".
Dernière modification par lebeau (26/10/2007 02:06)
En effet Monsieur Lebeau nul ne détient la "vérité infuse"
même si quelques mégalomanes (d'hier ou d'aujoud'hui ) tentent de nous persuader du contraire
d'où l'intérêt d' ailleurs de ce forum où tout esprit curieux est invité à exposer ses idées tout en sachant être respectueux envers autrui.
...si je parle de cet auteur ...dont on fait référence je peut dire qu'il tant de contradiction dans tout ce qui ils dit oui ..une recherche véritable ce qui il amener lui est très difficile oui ces travaux sont utiles mais ....
simplement le titre par delà le bien et le mal ...c'est une conception fausse déjà l'auteur essaye d'écrire de convaincre ce qui est déjà oui ce qui donne une recherche tellement relative et non pas du tout vrai ...car elle n'es plus indépendante ....ce qui exprime cette connaissance humaine vraiment limité
Il y a un fragment de Nietzsche, édité dans les oeuvres posthumes, qui est une vraie plaie pour ceux qui veulent l'étudier et le comprendre.
Il y dit: "tout est interprétation, y compris ce que je viens de dire."
Interprétation, c'est: point de vue sur, perspective, c'est-à-dire le contraire de l'omniscience, ou de la prétention à accéder directement à un absolu.
Comment comprendre tout cela?
Tout d'abord, Nietzsche sait très bien ce qu'il fait quand il écrit cela. Il veut remettre en cause une certaine organisation conceptuelle de "la" vérité, basée sur l'idée d'immuable, de permanence, qui menait à comprendre en un sens substantialiste la vérité (la vérité, c'est Dieu, c'est qu'il y a de l'identité, de l'éternité, etc.).
Mais dès lors, tout est interprétation, ça peut vouloir dire que tout est jeu de forces, que nous sommes tous des "forces", des "quantités d'énergies", si l'on veut, qui ne cessent de se rencontrer, et de s'affronter. C'est la totalité des ces quanta d'énergie qui constitue la "volonté de puissance", expression bizarre qui ne veut pas dire ce qu'elle suggère dans sa compréhension littérale. (voir Nietzsche, La volonté de puissance, de Pierre Montebello, PUF Philosophies, très bien fait)
Il n'y a pas de vérité totale, mais il n'y a pas non plus que du néant. On peut parler, on peut encore dire des choses vraies, mais dans la mesure où l'on s'insère dans un jeu de forces plus grand que nous, puisqu'il est la totalité des forces qui existent.
D'ailleurs, c'est l'une des définitions possibles de la littérature: l'organisation de jeux de forces en un plaisir esthétique, passant par les énergies qui existent d'emblée dans le langage...
Nietzsche prône évidemment une homogénéité des points de vue, au moins jusqu'à un certain point ... Du moins une lutte entre ces points de vue... Ce qui est indispensable à la constitution à la fois d'un individu supérieur et d'une culture supérieure : ce qui ne me tue pas me rend plus fort.
La réponse de Systar est très juste et très complète.
Il prône sans doute une vérité individuelle, mais aussi que toutes les interprétations du réel ne sont pas égales ...