Suite à un échange avec marcenciel, je pose les questions suivantes:
1. Si on est croyant, faut-il pratiquer sa croyance? Que veut dire pratiquer? Aller prier ensemble? Lire des écritures saintes, seul? Mettre en pratique les teneurs de la foi? Devenir missionnaire? Prosélyte?
2. Pensez-vous qu'en 2007 les religions sont devenues défaillantes*? Le cas échéant, est-ce une raison suffisante de chercher des mysticismes ou autres ésotérismes? Est-ce sont les religions qui ont été défaillantes envers les croyants ou plutôt les croyants qui ont été défaillantes envers leur religion?
*Sur quoi basez-vous votre réponse? Quelles sont vos connaissances en religions?
Houla ça fait beaucoup de questions tout ça et pas des moindres 
1. La réponse logique serait oui. Seulement on peut être juif et pratiquer... le catholicisme comme monseigneur Lustiger qui vient de nous quitter nous l'avait prouvé. On est considéré catholique à partir du moment où on est baptisé. Ensuite il y en a qui croient mais qui repoussent la pratique à plus tard, s'estimant (hypocritement) trop jeunes, pas encore prêts (en réalité ils ont simplement envie de profiter un peu et de ne pas s'exclure de la jeunesse qui s'amuse). Il y a ceux qui pratiquent par tradition ou par simple imitation. Au lycée, j'en voyais beaucoup faire le Ramadan sans faire les prières, l'aumône, le pélerinage... et même qui fumaient du shit ou buvaient quand le soir était tombé... Donc il y a des degrés de croyance et de doute, depuis l'agnosticisme jusqu'au fanatisme ou la dévotion absolue.
Pratiquer c'est simplement suivre les dogmes, les recommandations des Saintes Ecritures, obéir aux savants et autorités religieuses. Pour prendre le catholicisme comme exemple, avec les siècles, la "pratique" s'est de plus en plus relâchée afin de ne pas décourager les fidèles. A une époque eux aussi avaient leur Ramadan, le Carême. A une époque ils avaient même un "service" mondialement célèbre qui s'appellait l'Inquisition. Aujourd'hui le mot d'ordre semble être "Dieu est miséricordieux, il pardonne pratiquement tout mais n'abusez quand même pas trop mes enfants..." Bref c'est la Bérézina...
Aller prier ensemble, ça aide à maintenir la foi, grâce au phénomène d'imitation et d'émulation de groupe. En voyant les autres faire, on conforte sa foi et plus on voit de monde, plus on est rassuré d'avoir fait le bon choix. Mais il existe également pour le christianisme des courants qui privilégient la relation solitaire avec la divinité: le théisme et le déisme. Donc là aussi, tout est relatif.
Quant au prosélytisme, plus son niveau de foi (je connais un musulman qui parle en ces termes) est élevé, plus on a envie de la partager. Phénomène normal. En plus, c'est toujours l'imitation et émulation de groupe: c'est très difficile pour un croyant de conserver sa foi s'il évolue parmi des athées ou des agnostiques, donc il aura envie de les faire basculer de son côté plutôt que l'inverse, par une sorte de procédé "défensif". Il me semble aussi que les monothéismes encouragent fortement au prosélythisme, parce qu'il s'agit d'une condition essentielle de survie. "Evangile" = "Bonne nouvelle" sous entendue "à propager".
2. En 2007, les religions ne sont pas devenues défaillantes, elles l'ont toujours été mais on s'en apperçoit de plus en plus. Les monothéismes (puisque c'est d'eux dont il s'agit) sont anciens et à l'époque de leur apparition les sciences et la philosophie n'en étaient encore qu'aux balbutiements comparés à aujourd'hui. Donc avec les siècles passant, les hommes ont été amenés à se remettre en question, et à remettre en question leurs dogmes: protestantisme, orthodoxie, chiisme, sunnisme, souffisme... Autant de failles dans les textes et les interprétations qui amènent des divisions et les divisions amènent toujours des doutes. "Ma religion, mon courant sont-ils les bons?", "Pourquoi aurais-je plus raison que mon voisin?" Les alternatives se sont multipliées, Marx est arrivé avec sa formule: "La religion c'est l'opium du peuple", fondant ainsi une sorte de religion alternative sans divinité mais avec des icônes.
Donc on se divise de plus en plus à force de chercher la Vérité, mais comme "Les voies du Seigneur sont impénétrables" on ne peut accéder à cette Vérité que par l'intuition. Or, personnellement et après des années de test, je suis arrivé à la conclusion que mon intuition se plantait neuf fois sur dix...
Mais moi c'est une autre question qui me hante un peu. Les grecs anciens semblaient penser que les dieux vivaient sur le mont Olympe. Ce mont n'est ni l'Everest ni même le Mont blanc et les grecs étaient réputés pour être de solides gaillards. Donc ils ont forcément du avoir un sacré paquet de fois la curiosité d'aller vérifier... et de se rendre compte qu'il n'y avait pas plus de Zeus là haut que de neurones dans le cerveau de Paris Hilton... La Vérité est-elle donc si importante?
Un vrai croyant ne peut que pratiquer sa croyance: il doit donc en suivre les préceptes, mais cela peut se faire en dehors de toute église!
Non, je ne crois pas, moi, athée, que les religions soient défaillantes: ce sont les églises qui le sont. Pourquoi?
Les églises - et j'y inclus la "laïcité"-, quelles qu'elles soient, ont eu, ont, auront des visées de pouvoir, dans le but de "séduire?"', convertir les non-adhérents, car elles ne savent pas voir l'autre, sans essayer de le convaincre: bref, les églises détestent notre liberté.
De plus, les églises sont menées par des acteurs, c'est-à-dire des êtres humains: elles ont donc forcément les qualités et les faiblesses des humains.
Chercher ailleurs?
Oui, mille fois oui: aller chercher d'autres expériences ne pourra que vous conduire à vous-même: vous (re)deviendrez croyant pratiquant si vous devez l'être, ou le contraire.
Enfin, pratiquer c'est appliquer sa croyance, mais qu'est-ce que croire, spirituellement parlant?
Dernière modification par lebeau (13/08/2007 20:04)
Quelle que soit votre croyance, elle est en vous, c'est ce qu'on appelle la foi et c'est quelque chose que l'on vit au quotidien. Pour ma part, je suis catholique pas très pratiquante car je n'en ressens pas le besoin. De temps en temps je vais à l'église, une où je me sens bien, pour purifier mon âme et remercier Marie,Dieu, Jésus et tous les saints. Et à chaque instant de ma vie, j'essaye de faire de mon mieux et d'aider mon prochain. Mais certains ne l'entendent pas ainsi, pour eux c'est un péché de ne pas y aller quarante douze fois par jour, ils ont besoin de ce cérémonial pour x raison, mais je respecte leur façon de faire. Puis vous avez toutes sortes de personnes qui pensent détenir la vérité sur leur croyance en sombrant dans tout ce qui est secte et là c'est dangereux
Lili chipie
Je pense que croire spirituellement parlant c'est donner en quelque sorte un sens à notre vie. En effet, croire nous permet de pouvoir vivre, de nous poser des questions sur notre propre existence, et de nous forger. La plupart des religions véhiculent des valeurs humaines (tolérance, amour, générosité,..) que nous essayons d'appliquer dans notre vie de tous les jours et qui nous permettent de vivre en société ( bien que nous sommes encore loin de la société idéale!).Mais cette conviction du cœur doit nécessairement rayonner sur nous dans notre ensemble, aussi bien sur notre personnalité, sur notre comportement que sur nos actes
D’où je pense qu'il faut être forcément pratiquant, pour pouvoir atteindre ce degré de foi.
Exemple:
Un enfant qui croit que l'examen aura lieu dans une semaine, mais ne s'y prépare pas, ne s'y intéresse pas et s'occupe de distractions et de jeux, n'a pas une foi complète dans la venue proche de l'examen. Par conséquent, je pense que c'est la même chose pour un croyant tant qu'il n'aura pas pratiqué sa religion, il ne sera pas vraiment "croyant"
Aussi, si l'on est croyant, cette foi se manifeste à l'intérieur même de nous, et ce, en créant en nous un certain nombre de qualités, qui lorsqu'elles sont réunies, nous amènent à un degré de spiritualité dont nous avons, selon moi, besoin pour pouvoir vivre. Notre vie se réduirait à quoi si nous n'étions pas croyants? A un monde absurde où aucune explication ne serait possible? Où il faudrait simplement vivre sans vraiment se poser de questions?
en effet, la croyance se pratique plus ou moins selon ses besoins et capacités de compréhension, ceux qui n'ont pas un vécu par rapport à ça éprouveront d'avantage l'envie de pratiquer des cérémonies (messes, jeûn...) pour mieux comprendre et s'en investir au niveau des connaissances comme vous le dites si bien : c'est comme un enfant qui révise. L'essentiel est d'être modéré, ne pas l'imposer aux autres et de ne pas sombrer dans le fanatisme. Tolérance et partage.
lili chipie