En province, on a rélativement peu de possibilité de regarder les films (Japonnais, Anglais, Czech etc.) en Version Originale avec Sous-Titres.
Pourtant, à L'Opéra c'est devenu très commun de projeter au dessus du plateau une traduction en français du texte chanté (même pour "Carmen"!!)
Il y avait un post récent qui parlait de lire un texte Sci-Fi en langue original, afin de se rapprocher à l'essence du sens.
Il me semble vrai que regarder le film "the Queen" sans entendre la voix de Helen Mirren est de manquer une dimension de cette œuvre*. Mon plaisir d'assister à un Opéra en Russe est augmenté quand je comprends davantage ce qui m'est chanté (bien qu'on perde un peu de la mise en scène en regardant l'écran).
Qu'est-ce que sont devenu les livres avec texte en bilingue?
Que pensez-vous est gagné ou perdu en lisant un bouquin en VO?
*Quelle est la différence entre œuvre et ouvrage? Lequel est le plus approprié dans ce contexte?
Dernière modification par JSC (29/07/2007 12:50)
Bonjour,
On peut trouver des livres en langue étrangère et bilingues dans toutes les bibliothèques municipales... Il y a une collection chez Folio qui s'appelle Folio-bilingue qui édite les grandes oeuvres étrangères avec une page en français/une en langue étrangère. Certaines collections proposent même des points de vocabulaire/grammaire en bas des pages.
Quand on lit un bouquin en vo on lit les mots mêmes de l'auteur, le lecteur est alors réellement au contact de ce qu'il raconte, tandis que la traduction implique toujours une distorsion du sens. Quoiqu'on en dise, on peut traduire un texte, mais les mots, les expressions, ne se correspondent pas toujours exactement. De plus, chez un auteur comme Wilde par exemple, qui manie les mots avec beaucoup de poésie, les sons sont importants. En français, on perd cet aspect du texte. Et puis il est difficile de traduire l'ironie, certaines références culturelles...A mon avis, la vo est toujours préférable.
Pour ma part les différences majeures entre oeuvre et ouvrage sont:
-l'ouvrage désigne davantage un objet produit par la travail ..par le terme d'ouvrage on insiste plus sur la besogne. Ensuite on ne peut employer naturellement ce terme dans tous les domaines.
En musique on dit plus facilement une oeuvre musicale qu'un ouvrage musicale.
-L'oeuvre tend à désigner l'ensemble des activités, réalisations d'un artiste ou écrivain, une oeuvre serait donc une pièce particulière de Son oeuvre.
Pour ce qui est de la VO, lorsqu'on ne connaît pas la langue , lire les sous titres attire peut être trop l'attention du spectateur au détriment des images ( qui occupent une place majeure dans la compréhension et l'interprétation du film..idem pour l'opéra).
Par contre mettre sur la table la question de la VO renvoie à se pencher sur les aspects globaux de la traductologie.
Quand on traduit l'essentiel est de respecter le sens..mais souvent on ne peut traduire le spécificité des images des langues étrangères ( les éléments culturels présents dans la linguistique)
Par exemple: "it rings a bell" sera traduit en anglais ( réputé à juste titre pour être fortement métaphorique) par "cela me dit quelque chose" qui est bien moins imagé...
et des exemples de la sorte il y'en a des milliers et ce dans toutes les langues.
Selon qu'on lit par exemple Orgueil et préjugé en anglais ou en français , on ne sourira pas exactement aux mêmes instants de la lecture.
En italien, le mot esercito ( armée) renferme des idées que le simple mot armée ne peut laisser entendre ou encore la giovinezza et la gioventù se traduiront tous les deux jeunesse en français sans tenir compte de la subtile différence entre ces deux mots.
Lire donc en VO est essentiel pour pouvoir apprécier une langue à sa juste valeur..
Dernière modification par Ina (29/07/2007 13:03)
Excellents posts!
Ina, je suis quasiment d'accord avec vos observations.
Le seul ajout que je me permets est que, si du côté public du rideau l'enchantement règne pendant un spectacle, on n'a qu'à rendre visite dans les coulisses ou pendant les répétitions pour voir que la besogne ne manque pas!
Autrement, je trouve "Sky, my husband!" de Jean-Loup Chiflet, une excellente illustration de votre propos.
Ciel, mon mari!
Je préfère les vo au cinéma simplement pour des raisons esthétiques, le rythme, les sons, la mélodie d'une langue et je trouve que sous-titrer les opéras permet aux néophytes (et aux autres aussi) de mieux les approcher.
Les livres présentent un problème un peu différent. Combien de passionnés de littérature pourraient lire Pamuk sans les traductions ? Des flots de pages dans une langue inconnue n'ont pas vraiment d'intérêt. De plus, pour la compréhension des subtilités d'un texte, il ne faut pas se leurrer, il faut déjà atteindre un certain niveau dans une langue et peu nombreux sont ceux qui arrivent à atteindre ce niveau dans plusieurs langues. Les traductions sont donc absolument nécessaires : sans traduction, même un prix Nobel de littérature risque de sombrer dans l'oubli.
Le mot ouvrage a un petit côté artisan, il peut évoquer le labeur du traducteur alors que le mot oeuvre conviendrait mieux au créateur à l'origine du film ou du livre. On pourrait nuancer évidemment car il n'y a pas de création sans labeur ni de traduction sans créativité.
Je suis fascinée par Shakespeare mais je n'ai encore rien lu de ses oeuvres (honte à moi)
J'ai l'intention de commencer Roméo&Juliette en VO 
J'adore également le cinéma en VO... C'est le meilleur moyen pour progresser !