Ce sont les lois qui garantissent nôtre liberté ! La liberté ce n'est pas faire ce que l'on veut contrairement aux idées reçues.
Je m'interroge sur un héritage que Les Lumières nous ont légué : la laïcité. Est-ce que les Lumières souhaitaient un tel rapport qu'il y a de nos jours entre l'Etat et l'Eglise ? On constate que dans notre société française très laïcisée on a tendance à vouloir le moins possible que l'Eglise se mèle d'autre chose que de la Foi, alors qu'autrefois sont rôle social était fondamental et elle garantissait la cohésion du pays. Aujourd'hui on constate que l'Etat n'a pas su bien remplacer l'Eglise dans les domaines sociaux qu'elle occupait, par exemple dans le domaine éducatif. Heureusement que l'enseignement privé catholique juif ou musulman sont là pour palier les défauts d'une éducation nationale archi-sclérosée ! Priver l'humain d'une éducation religieuse est à mon avis une grande erreur car la religion nous enseigne des valeurs morales et sociales que l'Etat a bien du mal à inculquer à ses citoyens. De plus, chaque humain a besoin de spiritualité. Bref, un enseignement religieux permet une plus grande liberté ! Ce n'est pas pour rien qu'on appelle les écoles de l'enseignement privé les écoles "libres" :-)
Dernière modification par William (31/08/2006 18:17)
Un enseignement religieux permet une plus grande liberté !
PAs du tout, il favorise l'intolèrance. Encore aujourd'hui, dans certains villages des Cévennes (qui ont tellement souffert de la répression du protestantisme), il est interdit aux enfants de l'école catho et de l'"écolette" de se fréquenter.
C'est un cas isolé ! Et encore il faudrait savoir d'où vient l'intolérance : de l'école laïque ou de l'école catho ?
Je crois que l'enseignement privé catholique est beaucoup plus tolérant que l'on nous le dit dans les médias. En effet, j'ai connu le cas d'une camarade musulmane qui est passée dans le privé sans que ça ne lui pose aucun problème d'intégration ! Et elle avait dans cette école d'autres camarades musulman(e)s. Mais bon, ceci dit il y a des cons partout, aussi bien dans le public que dans le privé, et les "dérapages" existeront toujours !
La laîcité n'est qu'un "avatar", lointain et imprévu des lumières.
Elle est souvent présentée de manière tendancieuse et incomplète. En effet, bien de ses partisans, vu leur opposition catégorique et imbécile à la religion ont fait que la laïcité est apparue comme la volonté de destruction du fait religieux.
Cette époque est révolue (enfin, j'espère!).
Partisan de la laïcité, je ne la vois pas du tout comme cela, car je pense que la spiritualité est avant tout affaire de conscience personnelle.
En revanche, je veux, et je ne suis pas le seul, que la laïcité soit " un espace de neutralité où tous et toutes, quelles que soient leurs positions ou leurs convictions, puissent venir discuter, sans chercher à convertir l'autre, et sans recevoir ou distribuer d'injures".
William, chercher à savoir d'où vient l'intolérance revient à chercher qui de l'oeuf ou de la poule a créé l'autre.
Tel, qui déteste l'autre, sait aussi s'y associer pour dénoncer ou massacrer en commun le troisième que les deux premiers détestent.
L'Histoire est remplie de ce genre de situations, et je ne vous citerai qu'un cas: En 39/45, certains membres de l'extrème droite, entrés en résistance contre l'occupant, ont fait cause commune avec les maquis communistes, pour lutter contre le nazisme, alors que communistes et nazis avaient marché main dans la main au début de la guerre, suite au pacte germano-soviétique!
Bonjour,
William a mis le doigt sur un sujet d'autant plus sensible qu'il fait partie d'un complexe idéologique sur lequel s'arc-boutent bon nombre de nos compatriotes.
Mais revenons au Siècle des Lumières et à ses particularités françaises. L'héritage des Lumières s'est en effet révélé moins traumatisant en Angleterre ou en Allemagne. Dans notre pays un rationalisme excessif, le jacobinisme politique et l'athéisme militant ont conduit à la Révolution française. Ce dernier événement a conduit à un bouleversement de l'histoire européenne, puis mondiale au XXe siècle, dont on peut mesurer encore les conséquences de nos jours. J'invite ceux qui voudraient sortir de l'hégémonie du "penser libéralement correct" de nos amis américains à lire le bienvenu "Siècle de 1914 - Utopies, guerres et révolutions en Europe au XXe siècle" de l'historien Dominique Venner chez Pygmalion.
Très schématiquement, le Siècle des Lumières a conduit la France à un clivage durable de la société française, à une rupture brutale avec une partie de ses racines. En Europe, de loin en loin, le jacobinisme français (exporté par Napoléon) a embrasé tous les pays et scellé le déclin de la civilisation européenne, engendré les nationalismes destructeurs, les totalitarismes, ruiné l'espace européen et permis le transfert du leadership mondial aux Etats-Unis. Dans l'histoire des idées, le rationalisme réducteur et son corollaire, la croyance dans un progrès scientifique indéfini, seule source de bonheur pour l'humanité, ont conduit aux impasses de conflits mondiaux toujours plus destructeurs… L'histoire littéraire du XIXe siècle nous rapporte la chronique de ce désenchantement, celle du XXe siècle nous fait entrer de plain-pied dans l'horreur du septième cercle infernal...
L'héritage des Lumières me paraît donc bien surévalué. Si nous lui devions toutes nos libertés (ce qui est une affirmation très contestable), elles auraient en tout cas été fort chèrement payées. Il me semble plus "raisonnable" de renoncer à une dichotomie historique : un avant "Révolution", période d'obscurantisme qui débouche après 1789 sur une ère lumineuse et heureuse. Nous avons là tous les indices d'une construction mythique que des idéologues ont essayé d'inculquer au travers de programmes scolaires orientés.
Aujourd’hui, nous devons manifester plus d’esprit critique et apprendre à recevoir « tout » notre héritage.
Jean-Luc
Jean-Luc
Ne crois-tu pas que mettre la (mauvaise ?) situation actuelle sur le dos des Lumières est aussi réducteur que de leur attribuer tous les mérites ?
L'histoire littéraire du XIXe siècle nous rapporte la chronique de ce désenchantement : certes, excepté l'irréductible optimiste Hugo