Je sais bien que quand on parle d'aucun, la distinction que l'on fait d'habitude entre le pronom et l'adjectif (parce qu'elle est valable dans un très grand nombre de cas), est ici particulièrement bazardée. Est-ce une raison pour ne pas l'indiquer ?
Le problème se pose toujours avec la numération; ou bien l'adjectif indique la qualité, et il est qualitatif, ou bien on se fout de la qualité et, considérant que tous les élements ont les mêmes qualités, on les compte seulement. Dans ce monde numéral, l'adjectif qualificatif, réduit au chômage, retrouve un emploi numéral. Comme à la caserne où les escouades se regroupent en sections qui se regoupent en compagnies, qui se regroupent en régiments, l'adjectif, privé d'emploi qualitatif se met à qualifier le caporal, le chef de section, le commandant de compagnie et le colonel qui commande le régiment.
Cà l'essouffle vraiment, ce pauvre adjectif licencié du qualitatif et reconverti dans le numéral, à tel point que, se souvenant de son ancien emploi, il va, à son insu, distinguer les qualités du caporal qui commande une escouade (4 hommes), de celles du colonel qui commande un régiment (X hommes), et taratata.
Mais si on retire les grades, l'adjectif qualificatif, reconverti numéral va être encore plus perdu et se retrouve dans une situation pîre que le chômage. Non seulement il n'arrive plus à qualifier, mais il n'arrive pas non plus à comper. "Aucun" est dans l'errance, ne sachant plus ce qu'il dit.
Heureusement que Léah le prend sous son giron. Je pense qu'elle va le déposer dans un établissement d'assistance pour recevoir les premiers soins. Les maisons les plus connues, Grévisse ou Bescherelle ont la réputation de ne pas laisser mourir le mots, et de bien les soigner avant de les relancer dans la vie.
Toutefois, avant de le déclarer orphelin, né de parents inconnus, on pourrait peut-être, tout de même, dire s'il est adjectif ou pronom? Pour l'adverbe, je n'insiste pas.