#31 05/08/2007 11:56

JSC
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Littérature et esthétique générale Comment devient-on écrivain ?

Hors une certaine folie, nulle créativité, dirais-je. 

Comment voudriez-vous qu'un artiste soit "normal"?


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble le pire des immoralités. (O. Wilde)

#32 05/08/2007 15:17

marcanciele
Littérature et esthétique générale Comment devient-on écrivain ?

Ina a écrit :

Tous les artistes ( tout domaine confondu) seraient donc "fous" ?    ...

Oui mais il reste encore à définir la folie et là je ne pense pas que le petit Robert serve à grand chose... Le terme "folie" est très vague. Ca peut être un simple décalage par rapport à la "norme" mais ça ne nous avance pas plus parce que perso la norme je sais pas trop ce que c'est. Disons que ça implique un regard, un point de vue différents des non-artistes qui ne voient rien là où l'artiste voit l'infini, et inversement.

#33 05/08/2007 19:32

Ina
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Littérature et esthétique générale Comment devient-on écrivain ?

Tout cela impliquerait le caractère inné de l'artiste...tout compte fait une question s'impose: on naît artiste ( et évidemment cela apparaît avec un certain laps de temps) ou on devient artiste ?
D'ailleurs la question initiale est "comment devenir écrivain"? Alors est-ce que tout le monde peut le devenir ou alors la question ne concerne que les personnes "géniales" ou un atteintes de "folie créatrice"?
Ce thème soulève finalement plusieurs questionnements!

#34 05/08/2007 19:57

JSC
4900 message(s)
Littérature et esthétique générale Comment devient-on écrivain ?

Très intéressant, Ina.
Je ne peux que parler de mon expérience et mon sentiment et ne voudrais pas les généraliser sur tous les artistes.
En tant que musicien interprète, il m'arrive de poser la question si je suis en train de créer (en mettant du mien) ou de re-créer ce qui est déjà écrit. Ce dernier manquerait d'originalité en quelque sorte et le mot recréation a le sens de divertissement, legereté.
En tant que (petit) compositeur, je sais que je n'écrirai pas une symphonie ou un opéra, mais avec des formes plus concentrées j'arrive. Ouf!! Surtout, j'écris ce qui a toutes ses chances d'être chanté ou joué. Je n'écris nullement pour la postérité et ne ressens pas la flamme 'essentielle' par exemple de mettre ma plume sur papier tous les jours. Pourtant, des œuvres finies, je suppose que je trouve la plupart satisfaisante (je suis mon pire critique ) et je n'ai pas l'impression que TOUT est dérivé de mes écoutes ou mes études.
Quelle est la différence entre les deux situations? Pourrait-on parler d'inspiration (sans sembler trop orgueilleux) ou "folie créatrice"?
Ne serais-je peut-être pas artiste car je ne fais que re-créer et ne ressens pas le besoin d'un travail quotidien?

Ce qui est sûr est qu'il ne suffit pas de connaître tout les mots du dictionnaire, d'avoir souffert et d'avoir beaucoup lu pour être ou devenir écrivain...ou musicien. Cependant, sans  don, inné, on ne serait pas beaucoup aidé. 

Dernière modification par JSC (05/08/2007 19:59)

#35 05/08/2007 20:34

Ina
361 message(s)
Littérature et esthétique générale Comment devient-on écrivain ?

Effectivement, je pense qu'il faut un talent naturel...mais qui doit être durement travaillé sans quoi être artiste serait trop facile.
Un artiste a donc un potentiel inné qu'il doit exploiter , travailler ,perfectionner pour prétendre à l'oeuvre d'art!
Ensuite , pour ce qui est de l'imitation, tout le monde imite d'un façon différente! Alors quand on interprète on crée parce qu'on apporte toujours un peu de soi. ( à l'opéra par exemple en fonction de la cantatrice le récital vous procurera des sensations différentes même si vous l'avez entendu des dizaines de fois!)

#36 06/08/2007 17:03

Cavatine
144 message(s)
Littérature et esthétique générale Comment devient-on écrivain ?

Une affaire de perspective, peut-être... un certain regard posé sur les mots, sur ce que ceux-ci tissent. Avoir en tête quelques perspectives entre ce qui se vit et ce qui se médite. D'où la nécessité de prendre contact avec le monde, sous ses diverses formes, pour pointer du doigt certaines... perpectives (nous y revoilà). Et puis, il y a toujours une recherche, et donc un mystère.
Je ne pense pas qu'on puisse donner la recette, juste quelques ingrédients, peut-être : )

Dernière modification par Cavatine (06/08/2007 17:04)


"La bêtise n'est pas d'un côté, et l'Esprit de l'autre. C'est comme le Vice et la Vertu. Malin qui les distingue." Gustave Flaubert

#37 02/09/2007 13:02

niania
Littérature et esthétique générale Comment devient-on écrivain ?

JSC a écrit :

Léah a écrit :

Manitas de Plata non plus n'a jamais mis les pieds dans une école de musique, ni Django Rheinhardt, qui ne savait ni lire ni écrire !

Ce sont des interprètes, non pas des créateurs, n'est-ce pas?

des compositeurs tout de même :-)


marcanciele a écrit :

Ina a écrit :

Tous les artistes ( tout domaine confondu) seraient donc "fous" ?    ...

Oui mais il reste encore à définir la folie et là je ne pense pas que le petit Robert serve à grand chose... Le terme "folie" est très vague. Ca peut être un simple décalage par rapport à la "norme" mais ça ne nous avance pas plus parce que perso la norme je sais pas trop ce que c'est. Disons que ça implique un regard, un point de vue différents des non-artistes qui ne voient rien là où l'artiste voit l'infini, et inversement.

Voilà un raisonnement très ellitiste que je ne partage absolument pas.
La folie n'est pas réservée aux artistes (il paraît que nous sommes tous névrosés sur cette planète)  et tous les artistes ne sont pas "fous", il n'y à aucun lien de cause à effet entre folie et art. De même, il n'y a pas de "norme" qui rassemblerait en un tout homogène tous les "non-artistes" qui ne verraient pas plus loin que le bout de leur nez (si c'était vrai, les artistes n'aurait pas de public ou un public composé uniquement de leur semblables). Par contre, il y a bien un tout homogène de mauvais artistes que l'on reconnaît souvent à leur discours pédants et plein de clichés ;-)

#38 02/09/2007 13:14

JSC
4900 message(s)
Littérature et esthétique générale Comment devient-on écrivain ?

Un lien intéréssant sur la créativité:
Manitas de Plata
"en perpetuel renouvellement" me suggère de l'improvisation plutôt que l'organisation pour fixer les sons et silences qui est implicite dans le processus de la composition musicale.
Reinhardt, excellent guitariste et jazzman, donc forcément improvisateur, a laissé une centaine de "compositions" dont plusieurs sont attribables à Stéphane Grapelli et d'autres à son propre frère, Joseph, ou encore "jamais enregistrés".

Dernière modification par JSC (02/09/2007 13:16)

#39 02/09/2007 15:39

Marcanciel
40 message(s)
Littérature et esthétique générale Comment devient-on écrivain ?

niania a écrit :

marcanciele a écrit :

Ina a écrit :

Tous les artistes ( tout domaine confondu) seraient donc "fous" ?    ...

Oui mais il reste encore à définir la folie et là je ne pense pas que le petit Robert serve à grand chose... Le terme "folie" est très vague. Ca peut être un simple décalage par rapport à la "norme" mais ça ne nous avance pas plus parce que perso la norme je sais pas trop ce que c'est. Disons que ça implique un regard, un point de vue différents des non-artistes qui ne voient rien là où l'artiste voit l'infini, et inversement.

Voilà un raisonnement très ellitiste que je ne partage absolument pas.
La folie n'est pas réservée aux artistes (il paraît que nous sommes tous névrosés sur cette planète)  et tous les artistes ne sont pas "fous", il n'y à aucun lien de cause à effet entre folie et art. De même, il n'y a pas de "norme" qui rassemblerait en un tout homogène tous les "non-artistes" qui ne verraient pas plus loin que le bout de leur nez (si c'était vrai, les artistes n'aurait pas de public ou un public composé uniquement de leur semblables). Par contre, il y a bien un tout homogène de mauvais artistes que l'on reconnaît souvent à leur discours pédants et plein de clichés ;-)

Point de vue intéressant. Donc n'importe qui pourrait écrire Les Fleurs du Mal puisque que l'art n'appartient pas à une élite?
Dire que la folie n'est pas réservée aux artistes c'est un peu évident. Je n'ai jamais dit que Guy Georges était un poète génial qui s'ignorait.
Autrement dit j'ai bien fait de mettre des guillemets et des nuances sinon j'aurais dit de belles bétises... La "folie" artistique est-elle une névrose? Laquelle? Une psychose? Laquelle? La névrose est-elle une folie puisque tout le monde est névrosé? Qu'est-ce que la folie? Qu'est-ce que la norme? Personnellement je n'en sais rien du tout... D'où mes guillemets, d'où mes nuances. J'ai pris les termes "folies" et "normes" dans un but d'opposition, de façon arbitraire et par commodité de langage. Il y a des artistes et des non-artistes. Il y a des gens capables d'écrire des livres du niveau des Fleurs du Mal et des gens qui ont du mal à remplir un chèque. Il y a des gens qui éprouvent le besoin de composer de la musique et il y a des gens qui font des concours de pets. Je ne parle pas d'élite, je parle de différences. Je ne vois pas non plus en quoi être "fou" est un privilège. C'est très original comme conception de la folie. Moi je voyais plus ça comme une malédiction, mais bon, pourquoi pas?


http://marcanciel.forum-free.org

#40 02/09/2007 20:01

Jérémy
482 message(s)
Littérature et esthétique générale Comment devient-on écrivain ?

"Paraître fou, voilà ma plus grande sagesse" Erasme, Eloge de la folie.


J'ai fait de l'encre mon sang.