J-P G-P est bien sûr l'auteur de ce texte que Marcenciel nous envoie.
"C'est toujours une parole enfouie dans le tréfonds de l'être qu'il faut chercher à entendre derrière le texte.
Sans doute.
Marcanciel a écrit :
C'est une évidence, pour un écrivain digne de ce nom, l'imaginaire s'exprime davantage dans l'écriture que dans la parole, et ce en perspective opposée à la formule de Lacan selon laquelle "les écrits volent, les paroles restent".
Je croyais qu'il y avait un proverbe "les paroles s'envolent mais les écrits restent"; je ne trouve pas la référence à Lacan.
Il est son écriture, il n'est plus. C'est pourquoi, pour Baudelaire, Kafka, Beckett, l'écriture n'apprivoise rien, ne sauve rien.
Et qui demande que l'écriture devrait apprivoiser, sauver (quoi ou qui?)????
Et en écrivant (pour survivre), l'auteur ne fait que privilégier un mode de relation soit névrotique, soit pervers, soit psychotique.
C'est encourageant pour nos écrivains en herbe.
Marcanciel a écrit :
Toutefois, l'écriture "sert" aussi à éviter de devenir justement un malade mental. Il peut ainsi (se) séduire, (s')agresser, (se) culpabiliser, (se) castrer - même si dans son propre cas le mal est déjà fait-, (s') idéaliser, (se) punir, (se) pervertir: il peut bon an, mal an reprendre un peu de pouvoir sur lui-même; il peut se soumettre, obéir ou désobéir, bref tant que faire se peut il "existe".
Etrange; ne pouvons-nous pas "exister" sans écrire?
La consonance de crise est d'ailleurs proche de celle de cri et l'écriture donne forme à ce cri dans ce que Valéry nommait un "spasme d'amour", amour - besoin irrépressible mais dans ce cas vide- perverti ou dégagé de son objet, tout en demeurant un besoin pressant et irrépressible, compulsif, une rupture (d'un seuil) vers un aveu étrange entre cri et souffrance, entre crise et exutoire.
Encore plus encourageant pour nos écrivains en herbe!
[quotelVivre revient donc, se réduit à écrire: c'est là une issue de piètre secours qui, si elle ne sauve rien, permet cependant de continuer en un rituel dérisoire, pesant et jubilatoire pour métaboliser la mort, l'angoisse dont l'auteur ne peut sortir autrement.
Vivre ou exister? Vaudrait mieux être clair, non? 
Marcanciel a écrit :
L'être s'officialise ainsi, peu ou prou, selon le degré de reconnaissance dont il fait l'objet par la reconnaissance de ses mots.
Certes, mais par les paroles qui sortent de nos bouches aussi, dirais-je. 
On peut, à cette aune, placer côte à côte souffrance et création, impliquer entre elles une relation de cause à effet. La souffrance constitue sans doute la source de la création poétique et littéraire mais, pour l'auteur, elle ne sauve rien."
C'est très XIXème s. comme vision. L'artiste qui habite une chambre de bonne non chauffée en hiver, sans le sou pour s'acheter à manger....La Vie Bohème, quoi.
Essayons de trouver d'autres sources plus radieuses pour nos écrits. 
Dernière modification par JSC (01/07/2007 20:24)
La souffrance, source d'inspiration, oui, mais tous ceux qui souffrent n'écrivent pas.
Ne faut-il pas avoir, soit un sens particulier de la relation au papier vierge, soit n'avoir personne à qui se confier, voire les deux, pour pouvoir livrer ses pensées à l'écrit?
La souffrance n'est pas l'unique source d'inspiration , mais elle en est une aussi importante que l'amour, la solitude, l'enfance...etc
Seress Rezso n'aurait jamais composé Sombre dimanche et n'aurait jamais été connu sans cela. ( dans le domaine de la musique)
Victor Hugo a énormément écrit après la mort de sa fille. ( et des poèmes remarquables)
Bref la souffrance est une incroyable source d'inspiration..mais parmi d'autres! 
Dernière modification par Ina (04/08/2007 19:39)
Les sources d'inspirations peuvent être diverses et variées: une souffrance, un cours d'eau, une conversation surprise dans un bus, un mot...
Ce n'est pas l'inspiration qui fonde l'écrivain.
La vraie question posée par le sujet c'est de savoir quel est le moteur. La souffrance peut pousser à écrire, l'amour donne envie d'écrire des poèmes... Mais tout ça me semble un peu superficiel comme analyse.
Et puis pourquoi l'écriture? Pourquoi pas la peinture, la sculpture, la musique?
Je persiste à croire qu'il s'agit d'une forme de folie, ou d'illumination suivant qu'on soit mystique ou pas. Mon père a une personnalité créative, artistique, mais il a abandonné la musique et toute création depuis des années. Aujourd'hui il continue à s'exprimer, par la violence, par des comportements parfois insensés... Le moteur continue à tourner mais il ne fait plus tourner les bons rouages.
Tout est effectivement question d'expression. Il y a quelque chose à l'intérieur, quelque chose qui se débat, qui doit sortir, d'une façon ou d'une autre, et je ne pense pas ce soit nécessairement une souffrance. Tous les écrivains ne sont pas des dépressifs voire des suicidaires. Tous les poètes ne sont pas maudits. La majorité doit fonctionner comme ça, peut-être. Mais là aussi il serait complètement erronné de dire que les écrivains souffrent plus que les autres. Victor Hugo n'est pas le seul à avoir perdu sa fille. Il y a donc tout un ensemble de paramètres qui jouent, mais une certaine "folie" en est l'axe principal, sans nul doute.