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Bonjour,
Je suis en 1re L, et j'ai une dissertation à rendre. Le problème est que j'ai du mal à la finir.
Voici la problématique : "la réécriture du mythe assure-t-elle sa permanence, ou le détruit-elle en le déformant ?"
J'ai une proposition de plan en trois parties :
I) Présentation du sujet (conseillé par mon professeur)
1) définition de mythe
2) qu'est ce qu'une réécriture
3) ???
II) La réécriture du mythe assure sa permanence
1) La réécriture dans un style plus moderne donc plus accesssible
2) pour sauvagarder le mythe dans les mémoires
3) observer une évolution des moeurs, des sociétés
III) La réécriture du mythe le détruit en le déformant
1) la réécriture du mythe originel modifie la thèse de départ
2) la réécriture est une déformation qui pert en originalité
3) ???
J'ai beau chercher je ne trouve pas la définition littéraire de la réécriture.
Ma troisième partie est très courte. Je ne trouve pas d'exemple de réécriture qui perdent d'originalité, sur lequel je pourrais faire un développement construit.
Si vous pouviez m'aider.
Merci d'avance à ceux, celui ou celle qui me répondra.
ta 3ème partie ne peut pas convenir... tu ne peux pas dire que la réécriture permet de sauvegarder le mythe puis ensuite le détruit.
Tu peux évidemment parler de transformations, d'un sens nouveau. Voir toutes les réécritures de mythe au XXe siècle.
Songe aussi à la parodie et à son utilité.
Bonsoir Cloé,
Tu devrais aller voir cette page du forum :
http://www.etudes-litteraires.com/forum … me-imitant
Pour ce qui concerne la destruction ou démythification
Tu pourrais penser à la parodie.
Il y a aussi la désacralisation ou la perte du mystère ou la perte des valeurs fondatrices sous les coups de boutoir du positivisme, du scientisme, de la rébellion moderniste...
Coupé de ses racines religieuses, le mythe de Don Juan dégénère. Au XXe siècle, alors que le nom est passé dans le langage courant comme synonyme de séducteur, la légende ne survit plus qu'à travers les conventions de la littérature populaire et du cinéma. Le mythe va jusqu'à s'abâtardir en des séductrices féminines dans le film Don Juan 73 de Vadim.
La provocation :
Un exemple parmi d'autres :
Hésiode théogonie de Paul Mazon
De cette écume une fille se forma, qui toucha d'abord à Cythère la divine, d' où elle fut ensuite à Chypre qu'entourent les flots ; et c'est là que prit terre la belle et vénérée déesse qui faisait autour d'elle, ses pieds légers, croître le gazon et que les dieux aussi bien que les hommes appellent Aphrodite, pour s'être formé d'une écume, ou encore Cythérée pour avoir abordé à Cythère. Amour et le beau désir, sans tarder, lui firent cortège. Dés qu'elle fut née et se fut mise en route vers les dieux. Et, du premier jour, son privilège à elle, le lot qui est le sien, aussi bien parmi les hommes que parmi les immortels, ce sont les babils de fillettes, les sourires, les piperies : c'est le plaisir suave, la tendresse et la douceur.
Poèmes d'Arthur Rimbaud - (Le cahier de Douai)
Vénus anadyomène
Comme d'un cercueil vert en fer-blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D'une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;
Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l'essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;
L'échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement ; on remarque surtout
Des singularités qu'il faut voir à la loupe…
Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
- Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.
27 Juillet 1870
Ces deux textes se réfèrent au mythe de Vénus, déesse de la beauté et de l'amour ici représentée sortant de l'eau et tenant une mèche de cheveux dans la main droite : Vénus serait née de l'écume des flots, après qu'y soient tombés les organes sexuels d'Ouranos tranchés par Cronos.
Anadyomène, du grec áíáäõüìåíïò signifiant « qui sort de l'eau, qui émerge ».
Vénus est nue, c'est une représentation de la Beauté et de la Grâce féminine.
La visée et la tonalité des deux textes sont fort différentes.
Le premier rapporte la naissance de Vénus, déesse de l'amour, née de l'écume de la mer. Il est ancré dans la mythologie. C'est une image traditionnelle. Ce texte semble avoir aussi une visée didactique : étymologie, rassemblement des connaissances… C'est le texte d'un poète théologien, respectueux de la divinité et de ses mystères.
Le texte de Rimbaud pourrait être pris comme une parodie de potache qui prend par plaisir le mythe à contrepied. En fait il actualise le mythe en le plaçant dans la modernité de son temps, en le dépréciant par des détails scabreux, une laideur repoussante, un décor misérable. Rimbaud s'insurge contre un ordre bourgeois et sa culture parnassienne faite de clichés. Il inscrit sa révolte contre les nantis et la conception affadie de la poésie dans une conception baudelairienne du beau bizarre, surgissant paradoxalement de la laideur comme dans la Charogne Avec Rimbaud nous découvrons une conception moderne de la poésie qui tend à démythifier.
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