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J'ai encore un petit problème avec le poème de Baudelaire Spleen IV car j'ai lu que le poète explore ses abimes et extrait la beauté des souffrances. Or je ne vois pas en quoi Baudelaire montre une quelconque beauté de sa souffrance.
Merci
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
5 Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
10 D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
15 Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'angoisse atroce, despotique,
20 Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Il a écrit ce poème, il a exprimé de façon poétique avec une beauté formelle (les images, les sonorités, etc) un sentiment qui n'était pas avant lui considéré comme poétique
Il me semble qu'il y a un fil récent sur ce texte ; c'était pas avec toi ?
Tu peux remarquer qu'au fil de la gradation du poème (car il y a en effet une gradation entre les strophes 1/2/3, la strophe 4, et pour finir la 5), les comparaisons deviennent de plus en plus subtiles. L'élément comparé devient lui même le comparant, surtout dans les deux dernières strophes, et B. en tire une certaine beauté dans la mesure où l'utilisation excessive d'images concrètes apporte une dimension poétique tout-à-fait nouvelle...
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