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Bonjour,
j'aimerais répondre correctement à cette questio "Etudiez le texte en expliquant comment le point de vue étranger facilite la critique et contribue à son efficacité"portant sur ce passage des LEttres persanes. Pourriez-vous m'apporter votre aide?
RICA A IBBEN
A Smyrne
Le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe. Il n'a point de mines d'or comme le roi d'Espagne son voisin; mais il a plus de richesses que lui, parce qu'il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisable que les mines. On lui a vu entreprendre ou soutenir de grandes guerres, n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur à vendre; et, par un prodige de l'orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées.
D'ailleurs ce roi est un grand magicien: il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets; il les fait penser comme il veut. S'il n'a qu'un million d'écus dans son trésor et qu'il en ait besoin de deux, il n'a qu'à leur persuader qu'un écu en vaut deux, et il le croient. S'il a une guerre difficile à soutenir, et qu'il n'ait point d'argent, il n'a qu'à leur mettre dans la tête qu'un morceau de papier est de l'argent, et ils en sont aussitôt convaincus. Il va même jusqu'à leur faire croire qu'il les guérit de toutes sortes de maux en les touchant, tant est grande la force et la puissance qu'il a sur les esprits.
Ce que je dis de ce prince ne doit pas t'étonner: il y a un autre magicien plus fort que lui, qui n'est pas moins maître de son esprit qu'il l'est lui-même de celui des autres. Ce magicien s'appelle le pape: tantôt il lui fait croire que trois ne sont qu'un; que le pain qu'on mange n'est pas du pain, ou que le vin qu'on boit n'est pas du vin, et mille autres choses de cette espèce.
Et, pour le tenir toujours en haleine et ne point lui laisser perdre l'habitude de croire, il lui donne de temps en temps, pour l'exercer, de certains articles de croyance. IL y a deux ans qu'il lui envoya un grand écrit qu'il appela constitution, et voulut obliger, sous de grandes peines, ce prince et ses sujets de croire tout ce qui y était contenu. Il réussit à l'égard du prince, qui se soumit aussitôt, et donna l'exemple à ses sujets; mais quelques-uns d'entre eux se révoltèrent, et dirent qu'ils ne voulaient rien croire de tout ce qui était dans cet écrit.
De Paris, le 4 de la lune de Rebiab 2, 1712
Mn plan:
I Lettre d'un étranger
A. Il s'agit bien d'une lettre
titre, je, tu, adv de lieu, date.
B. Regard Etranger
indices orientaux: date, noms, voc. "s'appelle" "ce roi" ignorance de la religion catho (eucharistie), "magicien" (tonalité poétique propre àl'orient)
II Critique du roi et du pape
A. Critique du roi
ds le 1er 2e§
puissance qui repose sur les vanités des sujets.
grd magicien-> ridicule, pas sérieux.
ridicule dans l'illogisme -> "un écu en vaut 2"
critique de sa manipulation
B.Critique du pape
3e§
un +gd magicien
critique de ses dogmes désacralisés .
generalisation du ridicule avec "1000 autres choses".
C. Le roi et le pape
pvr= tour de magie. sorte de jeu "tenir en haleine"
mais à la fin les sujets réagissent.
Voilà. J'crois que c'est bien peu. Et je ne sais pas trop comment introduire l'idée de "facilité" "efficacité" du regard etranger. Je pensais seulement dire en transit° que le point de vue extérieur rend le regard plus objectif...(bof)
Merci!
Dernière modification par Muriel H. (14/06/2007 19:32)
I/ Une première partie faussement divertissante
A) Le rire du lecteur à travers l'étonnement de Rica
*surpris par les moeurs parisiennes => renversement de point de vue
*changement d'expressions (idiomatiques): "J'enrage comme un chrétien"
"6 ou 7 maisons les unes sur les autres"
=
étages, immeubles
*opposition antithétique Paris - Ispahan (vitesse / lenteur...)
B) La vraisemblance du récit
*comparaison des villes => références à l'inconnu plausible
"Le 4 de la lune de Rebiab"=> renforce la véracité
*ce que le lecteur =/= (est différent) Ispahan => relativisme culturel
II/ La réelle critique
A) Le pouvoir du Roi
*critique sévère et acerbe=> guerres plus coûteuses qu'utiles (faim et misère)
(guerres d'Hollande et d'Augusbourg)
* mot "honneur" galvaudé, entouré par l'argent et la fausseté
*présent itératif (et habitude) et de vérité (loi de culture)
*appellation "magicien" le discrédite=> pouvoir = manipulation
*pouvoir sacré (guérison) = falsification
B)Les sujets
*vaniteux, orgueilleux et crédules
* formule restrictive "ne... que" => crédulité des gens de la Cour
C) Le pouvoir papal
*le plus haut placé =/= "magicien"
*rite de l'eucharistie = tour de passe-passe
Conclusion (résumée) => comique de situation
critique en triangle renversé
texte gouverné par la pensée rationnelle du XVIIIe siècle
caractère relatif de nos moeurs
En espérant t'avoir aidé, je te souhaite bon courage et bonne chance pour ton oral !
Si Montesquieu critique autant la société et la religion c'est parce qu'il est protégé de la censure et de poursuites par le regard étranger et par le genre; je m'explique:
Rica et usbek sont persans,donc ne connaissent rien à la société française, leur étonnements sont donc légitimes et m^me si leurs critiques sont violentes (notamment par la suite avec "le pape, c'est une vieille idole qu'on encense par habitude") elles sont acceptées car venant d'étrangers naifs . De plus il s'agit d'un roman épistolaire donc Montesquieu peut dire avoir trouvé ces échanges, les avoir regroupés et publiés: ainsi ce n'est pas lui qui se permet de telles critiques.
tu pourrais peut être essayer de caser ça dans une sous partie pour montrer que le regard étranger, naif permet une attaque de la monarchie,...
Bon oral!
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