#101 31/10/2007 18:36

JSC
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Café philo Pourquoi veut-on une vie morne et monotone ?

Combien d'adultes peuvent dire qu'il se sont fondés sur le modèle offert par leurs parents???


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble la pire des immoralités. (O. Wilde)
 

#102 01/11/2007 02:59

lebeau
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Café philo Pourquoi veut-on une vie morne et monotone ?

Tous peuvent le dire, car aucun ne peut prétendre valablement qu'il aurait été ce qu'il est sans ses parents.

 

#103 01/11/2007 12:37

JSC
6115 message(s)
Café philo Pourquoi veut-on une vie morne et monotone ?

Peu de mères choisissent d'éléver leur enfant comme faisaient leurs propres mères.

 

#104 01/11/2007 23:42

lebeau
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Café philo Pourquoi veut-on une vie morne et monotone ?

Mais il est de ces transmissions inconscientes, héritées de la culture familiale, et qui sont redoutablement efficaces: même les mères n'y échappent pas.

 

#105 02/11/2007 10:39

JSC
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Café philo Pourquoi veut-on une vie morne et monotone ?

Bonjour, lebeau.
Tu glisses encore!
JSC: Les adultes sont-ils fondés sur le modèle de leur parents?
Leb: OUI.
JSC: (au titre d'exemple) beaucoup de jeunes mères ne prennent pas comme modèle.
Leb: (sans citer un exemple) la transmission inconsciente est forte de façon redoutable.

Au titre d'exemple je pense à un ami, fils unique, fils d'ouvriers toujours locataires de leur maison qui ne voyageaient que pour les deux semaines de vacances annuelles (uniquement 4 ou 5 destinations habituelles pendant 50 ans). Il est universitaire, ne parle pas avec l'accent de ses parents, ne mange pas comme eux, a beaucoup voyagé, est propriétaire de sa maison, est professionnel et cadre supérieur, n'a pas pris comme modèle l'unité familiale, et consciemment ne voit pas trop ce qu'il hérite inconsciemment.

La vie de ses parents étaient pourtant loin d'être morne et monotone, la sienne aussi.

 

#106 14/11/2007 16:29

lilichipie
77 message(s)
Café philo Pourquoi veut-on une vie morne et monotone ?

Nous ne voulons pas vivre un vie morne et monotone, mais nous sommes obligés de nous plier à quelques règles sociales parce qu'éduqués dès la petite enfance : mariage, enfants, travail,...  Certaines vont s'arranger pour que leur vie soit palpitante, en combinant métro, boulot, dodo. Et d'autres vivront à 500 à l'heure en faisant n'importe quoi sous le prétexte qu'on a qu'une vie : une femme + enfants parce qu'il faut bien se ranger ou erreur de jeunesse et puis ou une maitresse dans chaque port, partouzes à volonté, drogue, alcool....(aussi bien pour les hommes que pour les femmes) la dérive complète, la décadence, quelque part recherche de sensations fortes, de la mort, vouloir se détruire (je pense aux romains qui avait une civilisation à l'apogée et qui sont devenus décadents).

Certes, j'aime quand ça bouge, la nouveauté, l'adrénaline, j'ai un besoin d'apprendre et de faire du sport tous les jours, mais voilà j'ai trouvé un juste milieu pour que ma vie ne soit pas triste parce que je m'intéresse à tout Et j'espère qu'avant mes 80 ans, je pourrai passer mon permis moto, faire de la batterie (je m'entraine sur mes casseroles pour le moment, ben oui, on fait avec les moyens du bord !) et bien d'autres choses ! La vie est ce qu'on en fait ! Hugh ! foi de marmotte !

Lili chipie

 

#107 09/03/2008 14:51

Alph
129 message(s)
Café philo Pourquoi veut-on une vie morne et monotone ?

Je me permets d'intervenir modestement dans ce débat déjà vieux, pour vous faire part, non de mon incompréhension, qui ne ferait avancer personne, mais de la marge dans laquelle je m'inscris presque involontairement.

J'ai relevé l'analogie entre "petite vie" et "exécrable vie", qui dit bien ce que la routine évoque pour certains d'entre vous. De même, l'idéal "pantouflard" apparaît plutôt comme un contre-voeux, le revers déçu d'un véritable idéal. Une vie saine est associée à la mobilité (spirituelle et géographique), à l'adrénaline, à la capacité de métamorphose, et refuse énergiquement la routine et la tranquillité coite, perçue comme un avachissement.

C'est un idéal qui parcourt comme une bise toute la jeunesse, frissonnant d'enthousiasme. Je me suis laissé gagner dans mon adolescence par ce mouvement, cette ferveur, ce refus de stagner. Mais quelque chose m'a toujours empêché d'y croire parfaitement. Une secrète langueur, pourrait-on dire. Une fatigue nerveuse. Il me suffit de voir comme je suis content de rentrer chez moi lorsque je me suis déplacé, avec quel plaisir j'envisage le fait de regagner mes pénates, pour comprendre qu'une tendance à l'enracinement et à l'immobilisme retient chez moi les afflux d'énergie. Ceux-ci, occasionnels, peuvent se libérer par quelques pratiques sportives, ou des accès d'écriture intempestifs et fiévreux, rien de plus. Dans l'ensemble, hormis quelques pics, quelques acmés, il me faut une vie tranquille, calme, commode, confortable, sécurisante et réconfortante. Et j'ajoute qu'il ne me la faut pas demain, mais tout de suite. C'est quasiment une question de survie mentale. Il faut croire qu'il y a des âmes fortes et des âmes faibles...et je n'ai pas 24 ans.
Je ne vis pourtant pas l'idéal routinier comme une débandade face à l'hostilité du monde, un repli sur soi de type défaitiste, connoté d’une pointe d’aigreur. Certains que cette plate bonhomie n’était qu’un leurre, et sur la foi de quelques moments de dégoût ou d’amertume dont j’ai témoigné de façon sporadique à l’égard de ma vie, il est arrivé que des individus à tendance psychologisante, totalement incrédules, aient voulu me faire avouer ce qu’ils pensaient être une imposture. Ils auraient pu me faire douter, car, comme tout un chacun, j’ai voulu plus d’intensité dans ma vie, mais j’ai aussi senti que tous mes plaisirs réels étaient dans la familiarité étroite que j’entretenais avec les choses qui m’entourent. Aussi je crois que mon désir d’une vie tranquille est positif: c’est-à-dire que je veux réellement ce type de vie, pour avoir goûté la sève d'un plaisir roboratif. Je n'ai jamais connu de plaisir plus grand et plus sain. En revanche, par période, j'en ai senti la possible privation -et c'est ainsi qu'il s'est révélé à moi si nécessaire.


Je suis roi, la raison est mon fou.