#1 09/06/2007 01:11

Haroun Arachide
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Littérature et esthétique générale Scripturologie guénotienne

Comme promis, je livre à ceux que ça intéresse quelques éléments de la doctrine de Jean Guénot sur l'écriture romanesque. Comme je ne possède plus son Guide de l'écrivain, je me suis permis de copier quelques extraits sur wikipédia (article intitulé "L'écriture littéraire") :

"Jean Guenot distingue l'écriture du roman en « couches minces » de l'écriture en « couches épaisses ». Dans le premier cas, l'écriture du roman se fait en entier, mais d'abord par allusions, par notes, par mots clefs. Ensuite les couches s'étoffent, tout au long du roman. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que chaque couche soit complètement terminée. Dans le second cas, l'écriture du roman se fait par partie, chaque partie étant terminée avant de passer à la suite."

Pour Jean Guénot, la personnalité de l'écrivain détermine les "paramètres" de son écriture (désolé pour ce charabia, mais j'ai beaucoup de mal à définir la chose d'une autre façon). Le roman peut donc exprimer trois types de personnalité : la "classique", la "baroque" et la "précieuse".


En fait, tout romancier, d'après Guénot, manifeste par ses écrits les trois modes sus-mentionnés, mais l'un d'entre eux domine. Ainsi, un récit en prose peut être "à dominante classique" ou bien "à dominante baroque", ou encore "à dominante précieuse".

Classique parmi les classiques, Stendhal : « Dire sans plus. La cadence à laquelle il pose son texte sur la page, sans doute en premier jet dans le journal ou les lettres à des familiers, correspond à un exact défilement du sens dans une durée en première lecture. »

L’écriture baroque ; « il y a plus de sens que de défilement, on est dans la durée lourde, ras les bordages, la charge est forte et tend à ralentir la cadence ; on écrit pour étonner, on force sur la munition. »

Les romantiques sont plutôt baroques : Hugo romancier, Balzac...

L’écriture "précieuse" : « le parcours l’emporte, le sens se raréfie, on force sur la poudre, l’arabesque prime ; les impératifs du moment passent devant la signification. »

Bien des modernes seraient ainsi "précieux".

Dans le fil que j'ai ouvert en section entraide scolaire, je voulais parler de ce que Guénot appelle le style classique et le style baroque (j'ignore d'ailleurs le sens précis de ce mot au moment où j'écris ces lignes, comptez sur moi pour combler cette lacune dès que j'aurai complété la présente note). Je ne comprends pas ce qu'il veut dire par "préciosité".

On pourra aussi évoquer les "tons" des auteurs, toujours selon Guénot (au nombre de quatre, comme les humeurs d'Hippocrate : irrité, violent, retenu, hautain), ainsi que le grain (poli ou grossier). Voici ce que Guénot en dit : « Le grain d’une pierre est plus ou moins grossier. En écrit abouti, il reste plus ou moins d’impuretés, de superfluités, de répétitions, de mouchetures qui grattent l’œil tandis qu’on lit le texte..."

"Polir le grain" revient donc à faire la chasse aux verbes faibles, aux mots superflus, aux répétitions trop fréquentes, etc.

Dernière modification par Haroun Arachide (09/06/2007 05:08)

#2 09/06/2007 05:09

Haroun Arachide
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Littérature et esthétique générale Scripturologie guénotienne

En relisant le post précédent, je viens de comprendre le sens du mot "précieux" appliqué à l'écriture par Jean Guénot.

#3 09/06/2007 11:56

Léah
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Littérature et esthétique générale Scripturologie guénotienne

Merci Haroun ! je relirai en détail un peu plus tard


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