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Je n'ai que 12.5 de moyenne en Français et j'espère avoir bien plus au bac...
J'ai l'impression que mes plans ne plaisent pas aux correcteurs...
Parce qu'ils sont "formatés" par les grilles de notations
Donc ce qui sort de là les défrise hélas
Mais rassure-toi, les profs sont moins exigeants au bac que tout au long de la scolarité (je dirais volontiers "hélas" mais c'est un autre débat
Je ne vois pas ce qui peut leur déplaire, tu montres que tu connais ton sujet, tu développes un plan cohérent, argumenté...
Relis, peut-être, les fiches de méthode de ce site pour être vraiment calé sur les plans
Tiens je vais te le commenter
Introduction :
Rhinocéros, de Ionesco, parut (est-ce la date de parution ou de 1ère représentation ?) en 1959, 14 ans après la fin de la seconde guerre mondiale qui fut une guerre du totalitarisme contre la démocratie. Ionesco, ayant vécu cette guerre, dénonce à travers son oeuvre en employant l'asburde, l'illégitimité des sociétés totalitaires et plus particulièrement le nazisme. Comment Ionesco dénonce-t-il ces totalitarismes ? Ionesco utilise subtilement l'absurde au service de la dénonciation mais cette pièce engagée laisse cependant place à l'interprétation de son œuvre.
Intro impecc, qui présente l'auteur et l'œuvre dans le contexte historique, la particularité de son théâtre (absurde pour dénoncer) et pose la problématique : quels sont les procédés de l'auteur ?
Mais il manque l'annonce de ton plan
"mais cette pièce engagée laisse cependant place à l'interprétation de son œuvre."
phrase quelque peu emberlificotée
PLAN :
I L'absurde au service de la dénonciation
1)La relation absurde/incompréhensible de Jean et Berenger
-Jean critique Béranger tout le long du texte : sa tenue, ses épaules...
Des éléments qui sont annodins : anodins et ne valent pas la dernière réplique de Jean : « J'ai honte d'être votre ami. ».
-Jean parle avec exclamations : « lamentable ! », il est agressif envers son « ami ».
Béranger lui, parle avec UNE hésitation qui se traduit par LA présence de nombreux points de suspension à la fin de ses répliques. Les deux se vouvoient.
Dans cette relation absurde, Jean domine Berenger, il y a relation de dominant/dominé : Berenger accepte le sort que lui réserve Jean, touteS ces critiques.
Peut-être au début préciser "bien qu'ils soient amis"
et aussi : quel est ce "sort" que lui réserve Jean ? je suppose que tu as voulu dire "il accepte le traitement que lui réserve Jean"
2)Une satire dérangeante
-Incompréhension pour le lecteur/spectateur.
Cette incompréhension traduit l'illégitimité du jugement de Jean sur Berenger.
-Registre « humouristique » : presque parodique.
3)La marginalité de Berenger
-Berenger boit pour oublier son décalage sur cette société : « J'ai un petit peu la gueule de bois, c'est vrai ! ».
Son « décalage » reste tout de même surprenant, ce que critique Jean reste dérisoire et cette marginalité tient à peu de choses mais cependant, Berenger est le seul qui ne transforme ps en Rhinocéros. => ce sont les autres qui se marginalisent vis à vis de leur humanité perdue.
II)Une pièce de théatre engagée qui laisse cependant place à l'interprétation.
1) Dénonciation des sociétés totalitaires et de la société nazi
Jean domine Berenger et lui donne des ordres (absence de libertés pour Berenger) :
« tournez-vous »... Nombreux impératifs, agressivité.
Les phrases exclamatives rappellent l'intonation de la langue allemande.
L'absurde détourne la logique : illégitimé des agissements des sociétés totalitaires.
2) Nombreux symboles de l'art nazi
-images « celage gonflerait les poches » et « vos souliers ne sont pas cirés » rappellent l'art nazi de propagande contre les Juifs (« portrait » du Juif).
3)Libre place à l'interprétation de l'oeuvre de Ionesco
-costumes et apparences de Jean et Berenger
-subjectivité et détournement de l'esprit
-le spectateur/le lecteur doit comprendre et interpréter le message, les nombreux points de suspension achevant les répliques laissent un mystère sur le message transmis par Ionesco.
-Relativité de Berenger : il peut être vu comme ceci par Jean tout en étant représenté comme un homme parfaitement normal sur scène. //Le sort des Juifs sous le régime nazi.
Conclusion :
L'oeuvre déroutante de Ionesco reste une dénonciation controversée des totalitarismes.
Le dialogue de Berenger et Jean laisse place à une interprétation qui peut modifier le message transmis par Ionesco. Dans les années 1940, Chostakovitch écrivit la symphonie 7 : Leningrad dans le but de dénoncer les procès de Moscou. Son oeuvre fut réutilisée par la propagande du régime Stalinien afin d'illustrer l'invasion Allemande.
Conclusion un peu hâtive, je dirais presque expédiée ; en principe tu devrais montrer comment tu as répondu à ta problématique ; donc résumer ton développement : comment a-t-il dénoncé les totalitarismes ? En fait tu essaies de répondre à ta remarque "interprétation de l'œuvre" comme ce n'était pas très clair ta réponse n'est pas au point. Attention je crois que la conclusion ne doit pas poser un nouveau problème, or "une dénonciation controversée " c'en est un ! Par contre, utilise ce genre d'idées interessante dans le corps de ton sujet.
"Le dialogue de Berenger et Jean laisse place à une interprétation qui peut modifier le message transmis par Ionesco."
tu veux dire par là (et je crois avec ce qui précède) que l'intention de l'auteur peut être dévoyée et "récupérée" et tu donnes l'exemple de la Symphonie 7. OK, mais tu vois j'ai du relire pour comprendre ton intention. Pense que le prof correcteur en sera à sa Xième copie ; certes il sera heureux de lire enfin un devoir construit, avec des phrases syntaxiquement et rothographiquement correctes, avec des idées et une connaissance de l'œuvre. Mais sois clair jusqu'à la fin, pense que ce malheureux prof est épuisé, qu'il en est à son Xième café ou clope, et explicite bien tes idées. Finalement cette conclusion est très bonne car elle ouvre le débat sur une dérive possible des œuvres. Mais ce petit joyau est mal serti !
Excuse-moi ; en fait tu annonces ta conclusion dans ta partie "une pièce engagée qui laisse place à l'interpréation" mais dans ta conclusion il faut aussi reprendre ta permière partie, elle est trop axée sur la deuxième
Par contre "une dénonciation controversée" ne pose pas une nouvelle problématique, OK, c'est bien un résumé de II
En intro tu n'as donc pas une seule problématique, mais deux
- comment Ionesco s'y prend-il
- mais l'absurde n'est-il pas une arme qui se retourne contre son intention ? et cette intention est-elle si claire ?
Et dans cette optique revoir la formulation de la phrase d'intro que j'ai trouvée "emberlificotée"
Enfin, après relecture plus attentive, je ne peux que te féliciter pour la tenue générale !
Dernière modification par Léah (08/06/2007 10:21)
Je vous/te remercie.
Pour l'annonce du plan, je ne sais pas vraiment comment l'annoncer subtilement sans faire de "nous étudierons, puis".
C'est pour cela que j'ai essayé d'introduire mon plan à travers cette phrase ambigüe :
"Ionesco utilise subtilement l'absurde au service de la dénonciation mais cette pièce engagée laisse cependant place à l'interprétation de son œuvre."
J'ai également pensé que l'interprétation de son oeuvre fait partie de la réponse à la problématique : c'est un deuxième élément de réponse.
Oui oui ; c'est mieux qu'une annonce plate ; mais en effet
" cette pièce engagée laisse cependant place à l'interprétation de son œuvre."
c'est mal formulé. Je crois que le problème est là, ce n'est pas facile de tout rassembler en une seule phrase
Essayons
malgré tout, cette pièce engagée peut donner lieu à des interprétations bien éloignées de ce que l'auteur semble avoir voulu nous dire
En effet. Il faut être un réel architecte pour construire de si grandes phrases !!
Aujourd'hui j'ai traité La servante au grand coeur... de Baudelaire issu de Les Fleurs du Mal.
Voici le plan du jour :
I) Une poésie autobiographique
1) Une poésie structurée
2) Un lyrisme omni-présent
3) La poésie "amortit" le message
II) Un message caché
1) Interpellation de la mère
2) Hommage posthume à la servante
3) Nostalgie de Baudelaire, peur de la mort
Que penser de ce plan ?
Je pense avoir des difficultés de méthodologie car j'ai mis longtemps à composer ce plan, tournant autour du pot sans réussir à cerner chaque parti.
J'ai d'abord eu une ébauche très bizarre utilisant le II) comme 2) du I).
Comment construire méthodologiquement son plan ?
Trouver l'essence sous l'apparence, ce n'est pas si mal
Pour structurer ton plan, je te renvoie à tes cours, ton manuel, et aux Fiches de ce site
Je pense que noter tes idées, puisque je vois que tu n'en manques pas ; puis les structurer par colonnes (ou toute autre méthode) serait une possibilité
Bonsoir Jonny,
Comme tu es un stakhanoviste du commentaire, je t'encourage en te fournissant quelques pistes de mon cru :
La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.
Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil je la voyais s'asseoir,
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
Grave, et venant du fond de son lit éternel
Couver l'enfant grandi de son œil maternel,
Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse,
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?
Ce poème est tiré de la section "tableaux parisiens".
Baudelaire y traite deux thèmes étroitement unis dans le registre lyrique élégiaque :
· La célébration de cette "servante au grand cœur",
· Une méditation sur la mort et l'oubli.
La fin du poème fait allusion à la nostalgie d'une enfance perdue : sans doute le reproche implicite au remariage de sa mère (le "vous étiez jalouse" du début) avec le général Aupick et le besoin d'affection mal comblé reporté sur la servante Mariette promue au rang de grand-mère de substitution. D'une certaine manière, nous y retrouvons la dualité entre spleen et idéal qui déchire l'âme du poète : le désespoir de la condition humaine vouée à disparaître sans laisser de trace et la nostalgie d'une enfance heureuse et choyée, proche d'un paradis originel.
« Relu les pages de Baudelaire sur Poe et sur Wagner. Celles qu’il consacre à Maria Clemm sont graves, émouvantes, pieuses, comme le poème qu’il a écrit sur la servante au grand cœur: il y a chez Baudelaire (je pense aussi aux Petites Vieilles) une ouverture de cœur élective - qu’on ne retrouve presque nulle part ailleurs que chez lui, et qui est une de ses grandeurs les plus cachées - pour ces sœurs de charité, servantes ou aïeules, à la maternité vicariante et anonyme: béguines sans âge, au visage de cire blanchi dans l’ombre de la coiffe, aux mains ouvrières et guérisseuses, qui semblent fondues tout entières dans le creuset de la bonté. Peut-être, à cause du drame que fut pour lui le remariage Aupick, a-t-il instinctivement placé auprès d’une mère très aimée, mais avec déchirement, une intercession plus haute : il est le seul écrivain (avec Proust) à nous faire souvenir que l’enfant en nous a parfois rêvé d’être le fils de son aïeule : maternité spiritualisée égale, tranquille, inépuisable, et toute épurée déjà par la mort, qui est à la maternité charnelle ce que la lumière est à la chaleur. »
Notes de Julien Gracq
Baudelaire exprime son angoisse de la mort.
Le seul refuge contre cette peur viscérale est le souvenir de la protection offerte par l'amour maternel et par l'affection substitutive de cette nourrice.
La tradition populaire affirme qu'à l'heure de la mort la dernière pensée du vivant va à sa mère.
Voilà le climat dans lequel baigne Baudelaire.
Il faudrait ajouter le remords de n'avoir pas suffisamment apprécié l'amour gratuit de cette servante.
Quant aux euphémismes, Baudelaire se rattache à une tradition qui depuis les origines du christianisme voit dans la mort un grand sommeil (voir aussi la fameuse tirade d'Hamlet, to be or not to be) puisque les morts seront appelés à se réveiller, à ressusciter au jour du jugement dernier. Pour le reste, la mort est évoquée plutôt dans la tradition crue des conceptions médiévales.
Le fantôme de la servante se rattache à cette double évocation de la peur de la mort, du monde des absents et des revenants qui viennent demander des comptes aux vivants (voir par ex. Hamlet lancé dans la vengeance par l'apparition du spectre de son père sur les remparts d'Elseneur).
Ce poème peut se comprendre aussi comme un reproche implicite adressé à une mère défaillante. Baudelaire serait un grand enfant mal-aimé.
Avec ces premières explications tu devrais avoir de quoi bâtir ton commentaire.
Par ex.
1. Une évocation funèbre
2. Un désir de sécurité
3. Le remords et le reproche
Conclusion :
La dualité entre spleen et idéal qui déchire l'âme du poète : le désespoir de la condition humaine vouée à disparaître sans laisser de trace et la nostalgie d'une enfance heureuse et choyée, proche d'un paradis originel.
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