Bonsoir !
* J'ai l'air D'un clown.
Attribut du sujet ou complément du nom ? Effectivement, il y a matière à discuter.
La première idée est d'y voir un attribut. Le hic, c'est la présence du D' (préposition).
Il n'y aurait pas de doute dans :
* J'ai l'air clown. (Ce qui ne se dit pas ou rarement.)
De sorte que l'analyse en complément du nom (introduit par D') n'est pas du tout impossible.
Pour gouverne, Grevisse ne parle de "avoir l'air" qu'avec un adjectif attribut (pour le problème de l'accord).
Affaire à suivre donc... Mais j'opte pour complément du nom.
Qu'en pensez-vous ?
Bonsoir
J'ai découvert ce paragraphe dans ATILF, faites-en l'usage qui vous plaira :
J'ai l'air D'un clown
c) [Le compl. déterminatif est un subst. concr. actualisé] :
25. Vraiment on a l'air d'un laquais, et non pas d'un amant.
T. DE BANVILLE, Les Cariatides, Les Baisers de pierre, 1842, p. 63.
26. J'ai l'air d'un propriétaire d'écurie de courses, d'un cercleux, d'un vieux marcheur, Justin s'était pris à tourner autour de notre ami, l'œil mi-clos, la lèvre inférieure, qu'il avait grosse et fendue, avancée d'un air méditatif.
Mais non, mais non, disait-il. C'est parfait. Tu n'as pas l'air d'un grand-duc.
G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Le Désert de Bièvres, 1937, p. 26.
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Bonjour Edy,
Vous devriez faire une recherche sur ce qu'on appelle maintenent un verbe "copule" (assimilé au verbe d'état).
"Passer pour" ; "ressembler à" (entre autres) en font partie : alors pourquoi pas "avoir l'air de" ?
Muriel
Bonjour à vous !
Après avoir enlevé mon nez rouge, qui me donnait l'air d'un clown, j'ai trouvé une réponse dans Riegel :
* Comme équivalent de paraître, la locution avoir l'air + adjectif a comme source la construction avoir l'air d'être [recommandée par l'Académie, précise Grevisse] + adjectif, ce qui explique la pronominalisation de l'attribut par la forme en (* Il n'est pas méchant, même s'il en a l'air), qui peut également recouvrir UN COMPLEMENT DU NOM NOMINAL ou infinitif (* Il en a l'air = Il a l'air D'un misérable / de souffrir).
Riegel opte donc pour la solution de complément du nom, en donnant à avoir son sens premier et à air sa vraie classe nominale.
Riegel précise aussi que l'accord avec air, au sens de physionomie, est exclu si le sujet est un non-animé.
* ° Cette charlotte a l'air bon / délicieux. -> bonne, délicieuse.
Grevisse dit que c'est plus rare et peu naturel ; il cite entre autres :
* L'affaire a l'air encore passablement sérieux. (Baudelaire)
* Ces fines pelouses qui n'ont pas l'air réel. (Loti)
* Une paire de gants, une ombrelle avaient l'air mort. (Mauriac)
On n'est pas obligé d'imiter toujours les grands écrivains...