#1 11/05/2007 21:38

Bonzo
12 message(s)
Littérature française Littérature ou snobisme ?

Bonjour,

Je constate sur ce forum que certains écrivains sont rejetés en bloc soit disant parce que ce n'est pas de la "haute littérature".

Comme si l'écriture n'avait pas le droit d'évoluer en fonction de son époque. On ne peut pas rester bloquer à l'époque de Proust, Baudelaire, Montpassant, etc...

Quel public la littérature doit-elle toucher ? eh oui, les jeunes !

Si par exemple vous écrivez dans un roman: "C'est cool" ou "cette chose est plaisante". Laquelle de ces deux phrases aura le plus d'impact auprès des jeunes d'après vous ? et bien vous connaissez la réponse !

La littérature doit s'adapter en fonction de son époque, et n'en déplaise à certains, elle doit s'adapter à son lectorat si elle ne veut pas mourir !

De plus, écrire fait partie de la libre expression. A ce moment là, il faudrait interdire d'écrire à tous ceux qui n'ont pas fait d'études de lettres...
C'est inconcevable avec l'art. L'art représente avant tout la diversité !
Dans ce cas, il faudrait brûler tous les tableaux qui ne ressemblent pas à ceux de Picasso !
Ou interdire la musique qui ne ressemble pas à Mozart ou Bethoven...
Pensez-vous que c'est ça la culture ?

En attendant vous vous servez du net pour communiquer par un clavier, ce qui prouve que vous vous adaptez à l'évolution...
Que diriez-vous maintenant si on vous demandait de communiquer entre vous avec du papier parchemin et une plume ?
J'exagère volontairement pour vous montrer que chaque chose doit évoluer en fonction de son époque.
Maintenant, je sais aussi que certaines personnes vont lire de la haute littérature uniquement dans le but de montrer qu'ils sont cultivés. Ce n'est heureusement pas le cas de tous, mais il y en a ! j'appelle cela du snobisme !
Marc Lévy est architecte et n'a fait aucune études littéraires. Doit-il pour cela se priver d'apporter du bonheur aux gens au travers de ses histoires ?

Personnelement j'ai lu de tout. De Stephen King à Amélie Nothomb, en passant par Baudelaire, Proust, Montpassant...

J'ai adoré Montpassant par son style fluide, son imagination, (je conseille de lire à tous sa nouvelle intitulée: le Prince heureux), mais je trouve Baudelaire chiant à mourir !
Et je n'ai aucun plaisir à lire si je dois ouvrir le dictionnaire toutes les 3 pages pour comprendre ce qu'il veut dire...

Mais c'est un avis personnel, et je respecte aussi celui des autres !

#2 11/05/2007 21:46

Léah
9924 message(s)
Littérature française Littérature ou snobisme ?

Tu as bien raison ! chacun est d'abord libre de lire CE QUI LUI PLAÎT et pas ce que les diktats des profs ou intellos lui dictent
Je préfère lire un bon polar ou SF à du Zola ou Balzac. J'adore Flaubert dont je ne me prive pas. Je ne supporte pas Voltaire. Fred Vargas, Simenon sont d'aussi grands noms de la littérature que Racine ou Sagan. En poésie, je lis tout, tout, tout... sauf le plus grand des poètes français dit-on, Victor Hugo. Et je n'ai pas honte. Par contre Hugo avec son théâtre je me régale


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.

#3 11/05/2007 21:53

Bonzo
12 message(s)
Littérature française Littérature ou snobisme ?

Je tenais à préciser que je suis écrivain moi-même.
Enfin, disons plutôt "écrivaillon" aux yeux de certains car je n'ai fais aucune étude littéraire. Ni l'université, ni la Fac, juste un apprentissage de Gestionnaire en logistique, dénomination pompeuse qui signifie en fait "magasinier".

Heureusement, je me console en me disant que certains écrivains étaient éboueurs, cantoniers, ouvriers d'usine, etc...

Je sais, c'est inadmissible ! il faut avoir fait des études de lettre pour prétendre pouvoir écrire ! lol

en revanche, je suis heureux que mes livres "marchent pas trop mal et que certaines personnes apprécient mes histoires.(Car je suis avant tout un raconteur d'histoires)

Mais je ne parlerai pas de mes livres, car je ne suis pas venu sur ce forum pour me faire de la pub, bien au contraire ! (J'ai un éditeur pour ça !)

Par contre, je revendique haut et fort la liberté d'expression !

Bien Cordialement,

L'écrivaillon

#4 11/05/2007 22:59

Léah
9924 message(s)
Littérature française Littérature ou snobisme ?

Non non non ! pour écrire il faut être Comte et s'appeler de Lautréamont 

#5 11/05/2007 23:19

Ondine
402 message(s)
Littérature française Littérature ou snobisme ?

Bonjour,

Je suis d'accord avec vous mais je voudrais préciser un point qui me paraît important. Je crois que c'est une erreur de coller aux jeunes certaines étiquettes, notamment celle d'avoir un vocabulaire d'un registre plutôt familier, et de ne pouvoir en sortir.

Vous écrivez:

"Si par exemple vous écrivez dans un roman: "C'est cool" ou "cette chose est plaisante". Laquelle de ces deux phrases aura le plus d'impact auprès des jeunes d'après vous ? et bien vous connaissez la réponse !"

Et bien sur ce point je ne suis pas d'accord. Je suis jeune, je connais des plus jeunes, et même des plus vieux, qui vous diront que ce qu'ils cherchent en littérature c'est le travail sur les mots, la beauté de la phrase. Alors les "c'est cool" qu'on entend à longueur de journée, ce n'est pas vraiment ce qu'ils attendent.

Quand je lis un livre je recherche le style de l'auteur, une manière de s'exprimer qui fasse transparaître une vision du monde, une personnalité. J'attends autre chose que "c'est cool". Je n'aime pas non plus les styles ampoulés, j'attends qu'on produise quelque chose de nouveau avec les mots de tous les jours.

Je crois que les jeunes comme les autres peuvent avoir des exigences, et je crois aussi que c'est l'un des rôles de la littérature aujourd'hui de les sortir du langage de tous les jours, de les sensibiliser à leur langue de manière à lutter contre son appauvrissement. Pour cela il faut une littérature qui résiste au bavardage.

Dernière modification par Ondine (11/05/2007 23:20)

#6 11/05/2007 23:38

Muriel H.
2317 message(s)
Littérature française Littérature ou snobisme ?

Bonsoir,

Oui Ondine, et on voit, ici, sur ce forum, comme les jeunes sont capables (et en quête) d'une pensée structurée à l'aide des mots.

Muriel

#7 12/05/2007 00:44

lebeau
592 message(s)
Littérature française Littérature ou snobisme ?

Gardons-nous bien, nous, les vieux, d'adopter les modes des jeunes: je crois que ce n'est pas ce qu'ils attendent de nous. De plus, franchement, nous aurions l'air ridicule.
Notre jeunesse nous a fait suivre (ou pas) une mode qui était la nôtre; laissons la leur aux jeunes. D'ailleurs ce n'est pas ce qu'ils attendent de nous. Je crois qu'ils attendent plus de nous une aide à décripter les mondes qu'ils ne connaissent pas.
Je crois d'ailleurs qu'ils possèdent beaucoup de registres de langage et sont capables de comprendre beaucoup plus que nous ne voulons l'admettre.
Laissons les être jeunes; c'est ainsi qu'ils pourront devenir des gens mûrs, plus tard; et ils sauront nous remplacer, c'est certain.

#8 12/05/2007 09:53

Brightman
13 message(s)
Littérature française Littérature ou snobisme ?

Je cite Marguerite DURAS qui resume mon point de vue sur le style et la manière de s'exprimer en littérature :" il faut utiliser les mots de tout le monde et ecrire comme personne".


Je préfère le vin d'ici à l'eau de là

#9 12/05/2007 12:24

Léah
9924 message(s)
Littérature française Littérature ou snobisme ?

René Guy Cadou
Atteindre l'anonymat notre seule gloire
(ceci n'est pas un oxymore de Duras)

#10 12/05/2007 16:12

pierre
52 message(s)
Littérature française Littérature ou snobisme ?

Bonjour

Je me souviens de vous, notamment pour votre thème récurrent ("Vive la littérature populaire et décomplexée") ainsi que votre obstination à écrire Montpassant au lieu de Maupassant.


Je me souviens également que vous n'avez pas besoin de faire de la pub pour vos ouvrages, puisque vous l'avez déjà faite dans un sujet précédent.


Quant au prétendu "snobisme" dont vous parlez, je pense qu'il s'agit plus d'une création de l'esprit qu'autre chose.
En théorie, il est en effet facile de s'imaginer des "snobs", qui ne lisent que du "grand art" en dressant leur petit doigt. En pratique, je n'en ai jamais rencontré.

Personne ne vous fustigera jamais parce que vous ne lisez pas que des grands classiques. Et, mieux: personne au cours de l’Histoire n’a jamais fustigé un écrivain parce qu’il « n’avait pas fait d’études littéraires » ! D’une part, parce que la plupart des grands écrivains n’ont jamais fait d’études de lettres. D’autre part, parce qu’il est bien connu que les « littéraires de formation » sont en général les écrivains les plus mauvais !

Je crois donc que les snobs ne sont souvent qu'un fantasme, une réminiscence de profs un peu stricts (ou peut-être de khâgneux un peu verts...)


Ceci dit, je vais peut-être correspondre à votre définition.
Car je l'avoue franchement : la littérature "de divertissement" m'inintéresse au plus haut point. Je suis bien placé pour en parler : j'en ai lu des piles entières jusqu'à mes vingt ans...

Que dire de toutes ces pages avalées, gouleyantes, sympathiques, "sans prétention" ? Que dire, sinon qu'au bout d'un moment, les polars, la gentille sf, les romans de gare, tout cela ne forme plus qu'un vide un peu vague, et légèrement déprimant.
"Cela dépend probablement de ce qu’on y cherche", me direz-vous. Et vous aurez certainement raison.
Quant à moi, la chose est pourtant claire : l'écrivain n'est pas qu'un raconteur d'histoires, et la lecture n'est pas qu'un passe-temps.

Je me suis donc tourné vers les "classiques" dont vous parlez, dans le seul but de lire du beau français. J'y ai - c'est le bonheur de ma vie - trouvé bien davantage, et même de quoi m'emplir tout entier.

Entendez-moi bien : je ne dis pas qu'il faille faire une croix sur la littérature contemporaine. Cela reste un tout autre débat, et je ne prêche pas le "brûle ce que tu as aimé."

Simplement, il y a deux poids-deux mesures - et je suis absolument contre cette espèce de nivellement libertaire, qui consisterait à dire : "Oui, il y a de la beauté partout ; tout le monde a son petit don ; même le dernier des petits livres a quelques germes de talent etc..."

C'est une idée généreuse ; mais c'est en pratique révélateur d'un profond manque de discernement, de sensibilité... ou bien d'un "picorage" dans la littérature aussi badin que celui d’un supermarché.

Non, désolé : il n'y a bien que sur le plan du divertissement qu'on puisse mettre Racine et Vargas au pied d'égalité (c'est-à-dire : sur "les minutes plus ou moins agréables que cette liasse de feuilles m'a fait passer".)
Pour tout ce qui est littéraire (non seulement le style, mais également l'esthétique, la puissance et la vision du monde proposée), le débat n'a même pas lieu d'être.

C’est d’ailleurs prendre ce débat à l'envers, et avec bien peu d’humilité, que de zapper ainsi d'époques, d'hommes, de styles, en aplatissant les beautés, en doutant par instant de leur légitimité...
On peut aimer ou détester certains grands auteurs connus. Mais ces auteurs sont connus parce qu’ils étaient d’abord grands, emplis de talent – et non l’inverse !

Je ne vois rien de mal à lire un « grand auteur » parce qu’il est connu. La démarche est beaucoup plus humble que snob, à mon sens - et quand bien même : c’est une façon comme une autre d’accéder à la beauté, d’essayer de comprendre quelque chose qui a été important dans l’histoire de l’art, des lettres...
Car la postérité a bon goût, quoi qu’on en puisse penser.

Ce disant, je ne ferme absolument pas la porte aux auteurs contemporains (même si je suis moins versé dans la littérature du XXIème siècle.) En revanche, ce que je réfute complètement, c’est cette phrase :

La littérature doit s'adapter en fonction de son époque, et n'en déplaise à certains, elle doit s'adapter à son lectorat si elle ne veut pas mourir !

Non : c’est à l’auteur d’être exigeant. C’est à lui de tirer le lecteur vers le haut, de lui faire découvrir de nouvelles façons de sentir, de voir, de penser. Pas de s’adapter à son « futur acheteur », ou de prendre la voix d’un autre pour que le texte puisse "mieux couler".

Les seules vraies voix qui nous sont restées, qui ont marqué leur temps, sont celles qui n’ont fait aucune concession à leur public. Qui ne se sont pas "abaissées" jusqu'à lui.

Tout le reste est de la complaisance, ou de la littérature à « visée d’efficacité ». Chose qui peut plaire à certains, je ne le dispute pas ; mais qui pour ma part ne présente aucun intérêt.

Dernière modification par pierre (12/05/2007 16:18)