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Le Cimetière d'Eylau
Tout était neige et nuit; la bise pénétrante
Soufflait, et, grelottants, nous regardions pleuvoir
Un gouffre de points blancs dans un abîme noir.
La bataille pourtant semblait devenir pire.
C'est qu'un royaume était mangé par un empire!
On devinait derrière un voile un choc affreux;
On eût dit des lions se dévorant entre eux;
C'était comme un combat des géants de la fable;
On entendant le bruit des décharges, semblable
A des écroulements énormes ; les faubourgs
De la ville d'Eylau prenaient feu; les tambours
Redoublaient leur musique horrible, et sous la nue
Six cents canons faisaient la basse continue;
On se massacrait; rien ne semblait décidé ;
La France jouait là son plus grand coup de dé;
Le bon Dieu de là-haut était-il pour ou contre?
Quelle ombre! et je tirais de temps en temps ma montre.
Par intervalle un cri troublait ce champ muet,
Et l'on voyait un corps gisant qui remuait.
Nous étions fusillés l'un après l'autre, un râle
Immense remplissait cette ombre sépulcrale.
Les rois ont les soldats comme vous vos jouets.
Je levais mon épée, et je la secouais
Au-dessus de ma tête, et je criais: Courage!
-->Comment l'auteur donne-t-il à ce récit une dimension mytique? quel regard porte-t-il sur la guerre?
Dernière modification par webmestre (09/05/2007 16:11)
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