#51 13/09/2007 18:55

William
237 message(s)
Langues anciennes Langues anciennes : pourquoi si peu d'élèves ?

Oui c'est dans ce sens là que je l'ai compris, et je pensais que tu étais d'accord avec cette façon de voir les enseignements. En voyant ça comme ça, les élèves deviennent des consommateurs d'enseignement, et les profs des vendeurs de produits.

"regardez ça gagne pas mal de sous les antiquaires ..." 

C'est marrant parce que moi j'ai jamais abordé la question sous l'angle de la rémunération future. Certains font vraiment des études (par exemple médecine ou droit) pour gagner beaucoup de fric ! Moi j'ai fait mes études selon mes goûts intellectuels ...

Pour répondre à la question des débouchés, la filière lettres classiques mène aux mêmes débouchés que les lettres modernes, avec un plus pour les métiers du patrimoine. La plus grosse partie des étudiants en lettres se destinent à l'enseignement, mais il  y a aussi le journalisme et les métiers de la culture et du patrimoine. Après niveau rémunération bah il faut savoir que quand on est fonctionnaire on est bien moins payé que dans le privé. Un cadre dans le privé, mettons la Société Générale, à Bac +5 va gagner minimum 3500 euros par mois en milieu de carrière et un prof certifié 2200 ...

Dernière modification par William (13/09/2007 19:22)


Le monde naît, Homère chante, c'est l'oiseau de cette aurore" (Victor Hugo)

#52 13/09/2007 19:07

Oregann
1733 message(s)
Langues anciennes Langues anciennes : pourquoi si peu d'élèves ?

Oui...
Ma prof de latin m'a dit ce matin même:
"Je ne vous demande pas de savoir scander un vers, c'est déjà bien que vous fassiez du latin"...
Alors qu'il n'y a rien de plus facile et de plus logique que la scantion d'un vers... 


_.-** L'amour est libre il n'est jamais soumis au sort... **-._

#53 13/09/2007 19:32

William
237 message(s)
Langues anciennes Langues anciennes : pourquoi si peu d'élèves ?

C'est surtout marrant la scantion !

Avec notre prof on chantait tous en coeur les vers de Virgile ... et on les chantait ensuite dans les couloirs sous les yeux ahuris de nos camarades !

C'est ça aussi le latin : des moments uniques à vivre en classe ! Dans un livre collectif "pour l'amour du grec" dirigé par Vernant et Romilly, une élève disait qu'en grec elle avait l'impression de faire partie d'un groupe d'initiés, presque comme dans une secte ! Et je partage assez ce sentiment-là 

#54 13/09/2007 19:39

Oregann
1733 message(s)
Langues anciennes Langues anciennes : pourquoi si peu d'élèves ?

C'est exactement ça! Du Virgile pour le bac, et des vers dans les couloirs...
Ma prof m'a déjà mis une bonne note parce que je lui avais scandé 20 vers... Par principe j'aurais vraiment pu la refuser!!! Ce n'est pas du latin à proprement parler...
C'est sûr que les cours de latins et de grecs ont tout du regroupement d'une minorité d'initiés , mais c'est justement cette complicité entre les élèves qui est agréable...

#55 14/09/2007 11:38

Aura
153 message(s)
Langues anciennes Langues anciennes : pourquoi si peu d'élèves ?

Bonjour à tous! Juste un petit mot pour vous dire que je vous envie. Si si! Je suis en lettres modernes et ne fais pas de latin. Ce n'est pas faute de ne pas avoir essayé. J'ai fait du latin dans le secondaire, mais je ne suis jamais parvenue à intégrer les bases de cette langue. J'avais beaucoup trop de difficultés pour envisager de poursuivre à l'université. Il faut dire que je ne suis pas du tout douée en langues (je me suis ramassée en espagnol au bac et mon anglais est déplorable). Et pourtant, j'aurais aimé que ça se passe mieux, j'aurais aimé y arriver mais je ne sais pas pourquoi, ça n'est jamais passé. Alors oui, je sais que le latin n'est pas facile et que ça fait partie du jeu que de se frotter à la difficulté, et j'avoue avoir peut-être baissé les bras trop vite. Ca rejoint l'un des commentaires sur ce sujet, je crois, qui affirmait que les élèves n'avaient pas envie de faire face à la difficulté et que le latin leur paraissait trop compliqué.

Le fait est que le goût de l'effort a totalement disparu des jeunes générations. Si je répète ce que quelqu'un a déjà écrit, je m'en excuse, mais de nos jours, tout est fait pour que les élèves aient le moins de choses à apprendre. Le "par-coeur" n'est plus au goût du jour, il est interdit de donner des devoirs dans certaines sections, les dictées disparaissent petit à petit (ce n'est pas le sujet d'accord mais c'est mon petit coup de gueule),... Ce n'est donc pas étonnant si les élèves n'ont plus envie de se casser la tête à apprendre des déclinaisons. C'est bien dommage parce que c'est en faisant des efforts qu'on arrive à avancer, et ce n'est pas normal de laisser croire aux élèves que tout leur tombe tout cuit dans la main (il n'y a qu'à voir le nombre de bacheliers à qui on fait presque cadeau de ce fameux diplôme!).

En vous lisant, ça m'a fait regretter de ne pas avoir fait un peu plus d'efforts. Le fait de se retrouver entre "initiés" doit être bien plaisant. Malheureusement, il n'y avait pas du tout cet esprit lorsque je faisais du latin, et ça ne m'a pas aidé à m'accrocher... Aujourd'hui, je n'en fais plus du tout, mais j'essaye de compenser en accroissant ma culture littéraire, et en faisant un maximum pour maîtriser déjà ma propre langue. En tous cas, bonne continuation!

Dernière modification par Aura (14/09/2007 11:40)

#56 14/09/2007 17:07

Oregann
1733 message(s)
Langues anciennes Langues anciennes : pourquoi si peu d'élèves ?

Est-il trop tard pour reprendre???

#57 14/09/2007 17:51

Pleonasme
534 message(s)
Langues anciennes Langues anciennes : pourquoi si peu d'élèves ?

Le sujet n'est pas récent, et je pense que tout a été dit, mais je tiens à faire part de mon témoignage.
Il est vrai que peu d'élèves sont attirés par les langues anciennes, mais je trouve tout de même qu'il y en a un bon nombre.. du moins, pour les points que ça rapporte au bac.
Dans ma classe de latin, personne n'est réellement intéressé par la langue (nous sommes d'ailleurs que deux L pour une demi-douzaine d'S), mais par le coeff 3 à la clef, qui n' "enlève" aucun point...  Cela dit, même s'ils ne sont pas tous intéressés par l'étude de la langue, l'ambiance du petit groupe reste très sympathique, une "intimité" comme vous dites. Nous sommes les "pauvres" élèves qui sacrifient une heure du temps de pause-repas à l'étude de la langue ; ça ressere les liens !

Pas mal de choses - dont les horaires - font que ça n'attire plus personne.. C'est une option à part entière, et dans mon lycée les heures de latin sont donc mises sur les heures des repas, faute de trouver une heure libre commune à toutes les classes. Et c'est vrai que l'utilité du latin (et du grec, bien que je ne le pratique pas encore) ne coule pas de source, pour un petit collégien/lycéen qui débarque dans le monde des études. Ce problème en dégage un autre, qui a été effleuré par d'autres dans cette conversation : les élèves ne s'intéressent plus qu'à leur avenir, à tel ou telle option qui apporte tel ou tel débouché, plutôt qu'à leur culture, leur plaisir d'apprendre. Il en va de même pour l'étude des langues vivantes, qui, au lycée, est centrée sur l'épreuve de bac, et non pas sur le fait de communiquer et de découvrir la culture du pays.
Comme il est si bien dit, les heures de cours au lycée (et au collège, je ne parle pas du supérieur) sont tout d'abord une éducation générale, et non pas une préparation directe à la vie future, à la rentrée dans le travail. Les études au lycée se généralisent pour un bon nombre d'élèves qui pensent que c'est une "voie de débouchés" alors que c'est, comme je le disais, "juste" un lieu d'enseignement général, servant pour le savoir, la culture (et dans une autre mesure, pour le travail dans la vie future.)
Si on n'inculquait pas aux élèves, dès le collège, le souci de l'orientation, qu'il faille absolument faire une filière avec des débouchés, pour trouver un bon travail, je pense qu'ils seraient plus intéressés par les langues anciennes (et d'autres options oubliées) car ils penseraient à eux, juste à eux, plutôt qu'à leur futur incertain.

Cet avis est sûrement subjectif, car il n'y a pas à redire ; j'adore le latin, et m'intéresse fortement à la culture gréco-romaine, mais je ne pense pas être totalement dans le faux.

Désolée s'il se trouve, dans mon message, des redondances par rapports à ceux précédemment écrits

#58 14/09/2007 18:36

William
237 message(s)
Langues anciennes Langues anciennes : pourquoi si peu d'élèves ?

Je suis tout à fait d'accord avec Aura, nous sommes dans la culture du moindre effort et justement, le latin développe la culture de l'effort et l'esprit d'analyse ! Et puis évidemment, pour faire du latin il faut apprendre certaines choses par coeur, et combien de fois j'ai entendu des profs (pas de latin bien sûr) dire que l'apprentissage du par coeur est un apprentisage bête ! Tout ça en réaction vis à vis des méthodes d'avant qui certes abusaient certainement du par coeur. N'empèche que je connais des grands-mères qui me récitent du Ronsard, du Hugo, du Verlaine par coeur, et à chaque fois avec une certaine émotion. Et pourtant, ce sont des grands mères au dos courbé, qui ont travaillé dans le vignoble nantais toute leur vie.

On peut aussi évoquer le sort de l'allemand : il y a eu une grosse baisse d'effetifs ces dix dernières années. Pourquoi ? Et bien parce que l'allemand est une langue germanique, moins proche de la notre que l'espagnol, et donc plus difficile à apprendre ! Pourtant sur le marché du travail français on a bien plus besoin de parler allemand qu'espagnol puisque l'Allemagne est notre premier partenaire.

Et je me demande aussi pourquoi l'on apprend pas d'avantage l'Italien ?! l'Italie a une grande littérature et c'est une langue d'opéra ... 

Dernière modification par William (14/09/2007 18:39)

#59 14/09/2007 18:41

Oregann
1733 message(s)
Langues anciennes Langues anciennes : pourquoi si peu d'élèves ?

Le par coeur, il faut savoir le gérer... Combien de collégiens aprennent par coeur des leurs cours sans comprendre... Des règles de grammaire en étant ensuite incapable de les appliquer...
Pour les déclinaisons, le par coeur est évidement indispensable, mais parfois il faut savoir se détacher un peu de l'apprentissage mot pour mot d'une règle ou d'un point précis... Logique lorsque l'on est au lycée ou à la Fac, sûrement moins évident lorsque l'on a 12 ans...

#60 14/09/2007 21:20

Aura
153 message(s)
Langues anciennes Langues anciennes : pourquoi si peu d'élèves ?

Oregann a écrit :

Est-il trop tard pour reprendre???

Et bien, suite à mes déboires en cours de latin au secondaire, je n'étais plus très chaude pour poursuivre à l'université. Comme je l'ai expliqué, j'ai toujours eu pas mal de difficultés avec les langues (pas seulement le latin), et j'avais envie de mettre le paquet pour réussir mon DEUG (qui est passé à la la licence entre temps enfin bref). J'aurais pu reprendre le latin en deuxième ou troisième année mais j'ai eu peur de ne pas m'en sortir, comme avant. Maintenant, je me pose toujours la question de savoir si j'ai les capacités pour dépasser ces difficultés. Mais j'entre cette année en master et compte ensuite passer le capes, alors il est peut-être bien trop tard pour m'y remettre sur une année. J'aurais à peine eu le temps de revoir les bases.

Pour en revenir au sujet, l'apprentissage au moyen du "par coeur" ne doit pas, à mon sens, être appliqué partout, mais est nécessaire pour faire travailler sa mémoire et habituer son esprit à l'effort. On explique des choses aux élèves, mais ça rentre par une oreille et ça ressort par l'autre. Moi-même, je regrette de ne pas avoir été obligée (et c'est bien le terme car on n'oblige plus les élèves à rien et on voit le résultat) d'appliquer cette méthode plus souvent, car, par exemple, je suis incapable de citer du Verlaine par coeur, mot pour mot!

Dernière modification par Aura (14/09/2007 22:18)