J'héberge actuellement une canadienne anglophone chez moi, et elle fait souvent l'erreur d'utiliser être pour avoir, et vice versa...
Pour ma part, je ne sais pas comment lui expliquer lequel choisir, de façon simple et facilement mémorisable... N'y a-t-il pas d'autre solution que celle d'apprendre à chaque fois avec quel auxiliaire on met tel complément ?
J'espère que ma question est assez compréhensible.
Merci d'avance,
G.
Voici, extraits de mes archives, quelques principes généraux qui vous aideront à y voir plus clair. Bonne réflexion !
AVOIR
Comme auxiliaire, il sert à former les temps composés :
1 de avoir et de être,
* Si Job avait planté des fleurs sur son fumier, il aurait eu les fleurs les plus belles du monde (J. Rostand).
* Celui-là a eu du courage, qui a été le premier à manger une huître (Swift).
2 des verbes transitifs à la voix active :
* Chopin a promu le piano au rang de la phtisie (Cioran).
3 de la majorité des verbes intransitifs :
* Il a couru chez le médecin, plus pâle que son tréponème.
4 des verbes impersonnels :
* Il a neigé. Il a plu. Il a fallu.
Les impersonnels par occasion gardent l'auxiliaire de la construction personnelle.
* Il a soufflé un vent à décorner les bœufs.
* Il est venu quelqu'un.
Il sert aussi à former les temps surcomposés.
* Quand on a eu fini de boire, il était l'heure du pastis.
ETRE
Comme auxiliaire :
1 Il sert à former la voix passive.
* Quand on ne travaillera plus les lendemains des jours de repos, la fatigue sera vaincue (Dac).
* C'était une âme simple, qui n'avait jamais été présentée à son subconscient (Deeping).
(Dans ce dernier exemple, temps composé du passif, on observe l’emploi simultané de avoir et de être.)
2 Il sert à former les temps composés des verbes pronominaux.
* Je me connais comme si je m'étais fait (San-Antonio).
3 Il sert à former les temps composés de verbes intransitifs exprimant une notion :
a) de déplacement : aller, arriver, descendre, entrer, monter, partir, rester, retourner, sortir, tomber, venir (opposition : Je suis entré. J'ai pénétré),
* Le bonheur est la somme de tous les malheurs qui ne nous sont pas arrivés (Achard).
b) ou de changement d'état : décéder, devenir, éclore, mourir, naître.
* Je suis devenu centenaire en commençant très tôt.
Remarques :
1 Souvent, on utilise :
a) avoir lorsque le verbe est imperfectif, c’est-à-dire lorsqu’il ne comporte pas par lui-même une limite de temps (parler, chanter, courir, aimer, etc.),
* Il a parlé pendant deux heures.
b) être lorsque le verbe est perfectif, c’est-à-dire lorsqu’il comporte par lui-même une limite de temps (naître, mourir, entrer, etc.).
* Je suis sorti après deux heures.
Néanmoins, on dira : *La bombe a explosé.
2 Dans certains cas, on emploie avoir pour exprimer l’événement et être pour exprimer le résultat nouveau qui découle d’un événement. Cela peut avoir une conséquence sur le choix de l’adverbe.
* Elle a beaucoup changé.
* Elle est très changée.
(C'est ici qu'on trouve une kyrielle de verbes dans les grammaires.)
3 Parfois, l’auxiliaire dépend du sens :
* Il a demeuré longtemps à la campagne.
* Il est demeuré sourd à ma question.