Bonsoir,
Je cherche la définition exacte de la transposition d'art. Je ne l'ai pas trouvée sur Google 
Je crois que c'est lorsque qu'on passe d'un texte à un tableau, en utilisant la description donnée. Ou alors, une autre idée, c'est lorsque on décrit tellement bien à l'écrit qu'on donne au lecteur la sensation de voir un tableau.
Je suis pas sur du tout.
Et j'aimerais savoir si on peut parler de transposition d'art dans mon cas:
source :
Constantin Guys était pour Baudelaire un "solitaire doué d'une imagination active, toujours voyageant à travers le grand désert d'hommes", selon ses propres mots. Le peintre de la vie moderne séduit Baudelaire plus qu'autre chose, c'est le fait que Constantin Guys dessine toujours de mémoire. Par conséquent, la pensée du spectateur peut reconstituer l'impression produite par les choses sur l'esprit du peintre. Pour Baudelaire, cette intervention de la mémoire est aussi une mise en valeur de ce qu'il appelle la reine des facultés : l'imagination.
C'est ainsi que Baudelaire, séduit, va "imiter" Constantin Guys sous la forme d'un poème, en laissant cour à son imagination.
Voilà ce fameux poème, sur une autre discussion et dans le cas de mon problème :
http://www.etudes-litteraires.com/forum … tml#p22753
Donc ici, Baudelaire imite Constantin Guys. Peut-on parler de transposition d'art?
Merci
Dernière modification par Muriel H. (03/05/2007 20:21)
Bonsoir Furious,
La transposition d'art, c'est utiliser les moyens d'un autre art pour transcrire la production d'un art donné.
Baudelaire s'y est souvent livré.
Certains de ses poèmes sont des transcriptions de réalisations picturales :
Bohémiens en voyage serait une transcription d'une gravure de Callot,
Les aveugles pourraient être inspirés d'un tableau de Brueghel,
L'Invitation au voyage évoque la peinture de Vermeer et Ruysdael...
Plutôt transposition de style que d'idée. Mais tu as bien compris de quoi il s'agissait.
Regarde ce texte
ici.
Ce qui est surprenant dans rêve parisien est cette absence de personnes alors que Guys a été un passionné des femmes et du petit peuple parisien. La référence à Guys doit donc avoir une autre explication. Baudelaire se livre à un exercice de style baudelairien et non à une transposition d'esquisses de Guys. Mais il veut le rejoindre à sa manière dans la modernité, ici sans doute la poésie monumentale de la ville proche du monde idéal platonicien.
Ta "source" est, tu aurais pu le mentionner, tirée d'un texte que tu aurais du citer en entier ; je vais remédier
Discours de Monsieur Arnaud d'Hauterives, à cette adresse, (extrait se situant à peu près au milieu du discours).
Constantin Guys, " Ce solitaire doué d'une imagination active, toujours voyageant à travers le grand désert d'hommes ", selon les propres mots de Baudelaire, cherche dans la beauté ce que Baudelaire lui-même y cherche : son caractère transitoire, fugitif. Car pour Baudelaire la beauté est faite de deux éléments : " Le beau est toujours, inévitablement, d'une composition double, bien que l'impression qu'il produit soit une… Le beau est fait d'un élément éternel, invariable, et d'un élément relatif, circonstanciel ". Baudelaire nous suggère d'identifier l'élément éternel à l'âme de l'art, et l'élément transitoire à son corps.
" Le plaisir que nous retirons de la représentation du présent tient non seulement à la beauté dont il peut être revêtu, mais aussi à sa qualité essentielle de présent. " Il s'agit là pour Baudelaire de mettre en valeur la qualité historique d'un tableau : la qualité historique n'est pas seulement le propre du passé. L'histoire se fait au présent. La passion pour le présent n'est pas une passion mineure. Il ne faut pas restreindre sa culture aux grands maîtres classiques mais pousser sa curiosité vers les poètes mineurs, " la beauté particulière, la beauté de circonstance et le trait de mœurs ". D'où sa grande passion pour les caricaturistes comme Daumier ou Gavarni.
[...]
Il faut noter une chose très importante à propos du Peintre de la vie Moderne. Ce qui séduit Baudelaire plus qu'autre chose, c'est le fait que Constantin Guys dessine toujours de mémoire (sauf circonstances exceptionnelles). Par conséquent, la pensée du spectateur peut reconstituer l'impression produite par les choses sur l'esprit du peintre. Pour Baudelaire, cette intervention de la mémoire est aussi une mise en valeur de ce qu'il appelle la reine des facultés : l'imagination. Dans le Salon de 1846, il nous dit cette chose très importante : " J'ai déjà remarqué que le souvenir était le grand critérium de l'art ; l'art est une mnémotechnie du beau ". Pour que l'œuvre reproduise ce que l'artiste rêve et qui pour Baudelaire est plus important que ce qu'il voit, l'exécution doit être rapide. Dans son salon de 1859, il écrit : " Si une exécution très nette est nécessaire, c'est pour que le langage du rêve soit très nettement traduit ; qu'elle soit très rapide, c'est pour que rien ne se perde de l'impression extraordinaire qui accompagnait la conception ".