Il semble évident que la littérature est considérée par tous comme une arme, en particulier une arme d'opposition. Pour preuve, une des premières décisions des systèmes fascistes est de controler voire de supprimer toutes formes de littératures et d'art en général : les nazis brulaient les livres et combien de poètes sont morts ou attendent dans les prisons chiliennes...
Toutefois, c'est réduire la discussion que d'argumenter uniquement autour des notions de plaisir ou d'arme. Le travail esthétique est difficilement dissociable de l'engagement même si celui-ci n'est pas politique ou idéologique. La création est de toute façon un engagement personnel profond, souvent douloureux et la plupart du temps inéluctable. Les majorité des écrivains parlent de l'écriture comme d'un besoin vicéral, incontrolable qu'il est impossible de laisser de côté. Un écrivain semble évidemment retenir toute l'attention ici, c'est Victor Hugo. Ce grand homme politique utilise la littérature pour dénoncer la misère et l'injustice sociale dans [i]Les Misérables[/i] par exemple, ou refuser la peine de mort quelque soit la faute dans Le dernier jour d'un condamné. Mais l'écriture est aussi pour lui une manière de parler de lui, de ce qui lui fait mal comme la mort de sa fille Léopoldine dans son recueil Les contemplations. La littérature est ici ni une arme ni un plaisir mais une manière d'exorciser sa peine ou en tous cas de faire partager ses sentiments.
N'oublions pourtant pas que certains auteurs prône "l'art pour l'art", le chef de file de ce mouvement étant Gautier : l'art n'existe que par et pour lui même : "tout ce qui est utile est laid" affirme -t-il. Il refuse tout engagement personnel qu'il soit idéologique ou sentimental.
Enfin, il parait légitime de s'interroge plus précisément : arme ou plaisir pour qui? L'écrivain ou le lecteur? Les associations arme/écrivain et plaisir/lecteur sont évidentes mais il faut évidemment penser les rapports que l'écrivain peut avoir au plaisir de son art qui n'est pas que souffrance comme on semble souvent le croire. Et que dire de la posture du lecteur? Peut-il utiliser la littérature comme une arme? Il semble que oui car il n'est d'argument plus incontestable semble-t-il que la fameuse citation d'écrivain que ce soit en politique, dans les dissertations scolaires ou dans la vie courante : nous faisons régulièrement référence aux morales des fables de La Fontaine, certains personnages littéraires sont devenus des modèles, des archétypes voire des mythes (Dom Juan est le symbole de la transgression, Don Quichotte combattant les moulins à vent est cité comme exemple d'une lutte inutile et pathétique, Mme Bovary et le bovarysme ou comment vivre bercer par ses illusions littéraires ...).
Dernier point, pour moi, l'arme principale de la littérature est sa pérennité, les écrivains reconnus deviennent éternels : les établissements scolaires, les rues, les places portent leurs noms, on leur associe des comportements (le sadisme par exemple). Cet argument est opposable à tous ceux qui affirment que tout cela (la littérature, les livres) ne sert à rien : la plupart des professeurs de collège ou de lycée ont entendu cette remarque un jour. Comment un art aussi présent dans le quotidien de chacun et aussi redouté et utilisé des puissants peut-il être inutile?
Bonsoir.
Selon moi, la littérature a plusieurs buts dont les deux qui font l'objet de ce sujet.
Tout d'abord comme plaisir, car c'est toujours un plaisir de se lire un livre passionant mais elle a souvent servi en arme en bien, comme en mal comme sus-cité
Enfin ca reste que ce que j'en retiens après mon année de 1ère L
Bonne soirée
Benjamin