#11 24/11/2007 16:36

Léah
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Autres littératures Tahar Ben Jelloun : "On ne parle pas le francophone"

Ina
Il a été prouvé qu'à partir de l'apprentissage (fait quand même assez tôt dans la vie) de 4/5 langues différentes, l'esprit acquiert des mécanismes qui permettent d'apprendre bien plus facilement les langues suivantes
J'ai une amie québecquoise,  parents italiens donc l'italien est sa langue maternelle ; trilingue très tôt donc anglais/français du Québec ;elle a fait latin-grec, français (de France) car ses parents sont venus en France quand elle est entrée au collège, puis allemand (elle a épousé un allemand), et s'est inscrite en langues-o à la fac. Son époux étant attaché d'ambassade, elle a aussi appris quelques langues africaines, notemment en Somalie. D'expérience elle peut dire que à partir de l'allemand l'apprentissage a été très rapide !


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.

#12 24/11/2007 16:44

Ina
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Autres littératures Tahar Ben Jelloun : "On ne parle pas le francophone"

Effectivement Léah,
je parle 4 langues couramment ( enfin 5 si on considère les dialectes comme des langues à part entière plus que comme des dérivés de langue) et en effet cela facilite beaucoup l'apprentissage d'autres langues.

Mais maîtriser parfaitement un nombre vraiment important de langues me paraît infaisable pour le commun des mortels ( j' exclue les surdoués).

#13 05/12/2007 23:30

Portia
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Autres littératures Tahar Ben Jelloun : "On ne parle pas le francophone"

Je ne pense pas que l'idée de francophonie soit expliquée par le texte de Ben Jelloun.  Il la considère comme un mouvement politique héritier de la colonisation "une mémoire coloniale ... à peine dépassée, plutôt déguisée".    On ne lit que des revendications  et reproches sur la France , ses amitiés intéressées, ses administrateurs bornés, les éditeurs indifférents, sa culture en déclin dans un repli sur elle-même.  Il voit même la francophonie comme un terrain propice à la discrimination entre écrivains de souche favorisés et une catégorie persécutée , les métèques. 

Les problèmes de cette francophonie considérée comme un système politique limitent la notion même de francophonie.  Ce n'est plus une sorte de cousinade où certains cousins se sentent tellement intégrés qu'ils appartiennent à la fratrie  mais un creuset bouillonnant où s'entrechoquent la douleur de renier une langue maternelle, l'ennui d'être obligé de justifier le choix d'une  langue dominante , et rancune et  revendications si tout n'est pas donné au centuple car rien ne peut compenser un abandon.   Pour couronner le tout on considère Tahar Ben Jelloun comme un écrivain francophone typique mais ses réactions ne peuvent être celles de tous les francophones.

Le texte pose la question de la fidélité profonde.   Une langue charrie plus que des mots.  Par les structures, le vocabulaire, les images, les textes,  elle modèle l'individu.  Lorsque quelqu'un parle plusieurs langues , l'harmonie n'existe plus , il faut équilibrer des habitudes de pensée, de connaissances , des comportements différents. De surcroît changer de maison, changer de pays, changer d'amis, changer de société, me semble bien plus éprouvant et difficile que de se débrouiller dans une langue étrangère.

Parler plusieurs langues quand la famille les parle est naturel, se trouver dans une province comme le Québec où 40 % environ des personnes sont bilingues signifie que la politique aussi joue son rôle.   Néanmoins  à moins de devenir un théoricien des langues, à moins de beaucoup voyager dans le cadre de son travail et de grappiller un minimum de mots,  il est peu probable que l'on accumule trop de langues car le temps n'est pas inépuisable.