Bonjour, je suis nouvelle sur ce forum qui a l'air très bien: enfin un vrai forum littéraire ! et avec de vrais passionnés de littérature, ça fait plaisir !! moi sinon (et là je sens que je vais en dégoûter plus d'un, lol) je suis fan de Jean-Jacques Rousseau, mon auteur favori, puis je suis fan aussi de littérature classique. Et j'espère aussi, pourquoi pas, faire quelques rencontres.
Est-ce que tu pourrais développer un peu ? Qu'aimes-tu, dans l'oeuvre de Rousseau ? En effet, elle a pour moi trois volets : romanesque, philosophique et autobiographique.
Personnellement, je ne connais que la partie autobiographique... qui m'a laissé totalement ébloui ! Pour la musicalité de son style, mais également pour sa finesse, sa beauté franche, et surtout : pour la révélation de sa sensibilité "à part", je resterai toujours un grand admirateur des Confessions.
Je comprends parfaitement qu'après cette lecture, on puisse voir en Rousseau un "frère", un modèle, un ami véritable...
Dernièrement, j'ai aussi lu Les Dialogues : vertigineux, troublants par endroits, mais surtout profondément tristes. Peut-être (parmi bien d'autres choses) le tableau de solitude le plus brut qu'on ait jamais peint...
Je me suis réservé la lecture des Rêveries pour plus tard, ainsi que la Lettre à d'Alembert sur le théâtre, qui a l'air savoureuse !...
Par contre, j'ai une petite hésitation au seuil de son oeuvre romanesque : je crains de me lancer dans l'Emile ou la Nouvelle Heloïse... par peur de tomber sur un romantisme un peu lourd, ou peut-être un peu niais!...
Ai-je tort ?? Des suggestions ?
Dernière modification par pierre (01/05/2007 20:41)
Arf pardon Pierre, je n'avais pas vu ta réponse!
C'est simple: pour moi Rousseau est le précurseur du romantisme, de la nature, du bonheur, et de la démocratie et un véritable visionnaire. Et puis son écriture: il écrit tellement biiien que j'ai comme l'impression d'entendre sa voix à chacune de ces lectures lol... j'adore Les Confessions, Les Rêveries du promeneur solitaire, j'ai lu les 4 premières parties de l'Héloïse, je connais un peu le Contrat social mais je n'ai pas encore eu l'occasion de lire ses oeuvres philosophiques, ça ne va pas tarder. Je commencerais bien par le Contrat social. Puis j'aime bien aussi son personnage et son côté autodidacte.
Si ça te dis tu pourrais commencer par Julie ou la Nouvelle Héloïse, mais sinon je te conseillerais de commencer par les Rêveries du promeneur solitaire. Julie et l'Emile sont de gros pavés, tu pourrais peut-être te les réserver pour plus tard.
Mais ce n'était pas de sa faute Léah, il n'avait pas les moyens de les élever! lol
Leah, je vais être immodeste : je me permets de m'auto-citer pour te répondre, quitte à copier-coller un de mes anciens messages...
Il y a toujours un écart inconciliable entre l'oeuvre et la personne qui l'écrit. Personnellement, j'aurais tendance à croire que ce qu'on écrit est en général plus intelligent que soi.
Ou du moins, qu'il n'est pas rare que des personnalités médiocres, voire mesquines, se cachent derrière des chef-d'oeuvres de grande beauté (qu'il s'agisse de littérature, de musique ou d'autres domaines...)
Bref, il faut absolument séparer l'oeuvre de l'auteur, même (et peut-être d'autant plus) dans un cas très limite comme celui des Confessions.
Partant de là, je ne vois pas comment les anecdotes mille fois répétées sur Voltaire et sur Rousseau ("Oui, il a eu des parts dans une compagnie négrière", "Oui, il a abandonné ses enfants") pourraient influer sur l'appréciation de leurs ouvrages. Ce serait un raisonnement bien grossier (et même une insulte à leur réflexion) que de vouloir relativiser leur pensée à l'aune de leurs actions.
Qu'on soit bien clair : je ne dis pas que leur statut de Lumières leur confère une immunité automatique. Je dis simplement que, quelque soit le nombre d'erreurs qu'ils ont pu faire, tous leurs "errements" m'apparaissent comme très secondaires, et je prends le parti de m'en ficher.
Mieux : je ne pense même pas qu'il soit besoin de les légitimer avant de pouvoir en parler.
"Eh bien oui, ils ont fait tout cela ; et alors ??"
Les "petits orphelins de Rousseau" m'agacent un peu car, dès qu'on aborde le sujet, ils sont l'arbre qui vient immanquablement cacher la forêt. C'est bien ; il faut l'apprendre aux enfants, et le rappeler de temps en temps ; mais une fois que tout le monde est au courant, peut-être est-il temps de passer au gros du dossier, non ?
C'est que, lorsqu'on parle des Lumières et de leur héritage, il y a des milliers de pages et de sujets qui nous attendent, et qui me semblent autrement passionnants !!
(PS : du reste, à ceux qui me retorqueraient qu'il s'agit simplement de "montrer qu'ils étaient des hommes comme les autres", je répondrais qu'à mon avis, personne n'en a jamais douté. Il n'y a bien que dans les écoles primaires ou les petites classes de collège que l'on "déifie" Voltaire inconditionnellement, que l'on moule Rousseau dans le marbre, etc... Quiconque se pencherait un minimum sur leurs oeuvres, et serait rebuté par la découverte des "orphelins" ou des "négriers", aurait d'abord bien des questions à se poser sur lui-même... et sur ce qu'il recherche dans la littérature en particulier !! )