#1 23/04/2006 15:32

mcgonz76
1 message(s)
Entraide scolaire et méthode Pour entreprendre le récit d’une vie, faut-il que celle-ci soit...

Bonjour,
Je m'appelle marie.
Je suis en première économique et sociale et j’ai une dissertation à faire.
Le sujet est « Pour entreprendre le récit d’une vie, faut-il que celle-ci soit hors du commun ? ».

Alors mes idées sont :

Pour le oui :
- certaines expériences personnelles vont faire que ce sera hors du commun et donc permettra d’éviter l’ennui.
- les époques changent ainsi que les modes de vie donc si l’autobiographie, le journal intime, le roman autobiographique, la biographie,… est publié à une époque différente que l’époque de rédaction, un certain recul va faire que la vision sera dissemblable. Ex : Le journal d’Anne Franck…
- écrire sa vie qui est hors du commun permet de faire connaître son témoignage aux personnes qui n’ont pas vécu cette expérience mais aussi aux personnes qui s’identifient à celle-ci et donc partager ses expériences en commun.

Pour le non :
- cependant lorsque l'on écrit sa vie, on peut penser qu'elle est hors du commun  et se rendre compte que l'on n’est pas la seule personne à vivre ces expériences bizarres de la vie.


Voilà ce que j’ai trouvé, cependant cela fait plus de 2 heures que je cherche à défendre le NON mais rien ne me vient à l’idée sauf celle-la qui me semble être du hors sujet.
Alors si vous pourriez me donner un petit coup de main cela m’aiderait.

Merci beaucoup,
Marie.

 

#2 24/04/2006 22:25

Jean-Luc
2919 message(s)
Entraide scolaire et méthode Pour entreprendre le récit d’une vie, faut-il que celle-ci soit...

Bonsoir Marie,

Pour nourrir un peu ton antithèse qui est maigrichonne pour le moment, mais qui risque de devenir ta thèse ensuite, voilà quelques pistes :

"L'intérêt d'une autobiographie n'est pas tant dans les événements qu'elle raconte que dans le témoignage qu'elle apporte sur le travail de mémoire et les mécanismes du souvenir"
Cette affirmation suggère que l'autobiographie captive par la subjectivité du propos.
A la différence de la biographie et de l'histoire, ce ne sont pas les événements en tant que tels qui sont importants, mais leur interprétation, la manière dont ils ont été vécus et compris par l'intéressé. Donc il n'est pas nécessaire d'être le Général de Gaulle ou Benvenuto Cellini pour entreprendre le récit de sa vie.

L'autobiographie, une reconstruction du passé
a. Mémoire et souvenir : affectivité et rationalité
b. Reconstruction des événements manquants
c. Intégration de la mémoire familiale, des témoins, du regard d'autrui.
L'autobiographie, une interprétation du passé
a. l'auteur à la recherche de ses racines
b. Un moi qui cherche à se comprendre dans la diversité et la continuité
c. Souvenir et oubli : la traque des liens dans l'inconscient, le travail secret de la mémoire
L'autobiographie, l'art au service de la résurrection du passé ou la quête d'éternité
a. Le monument élevé à la gloire de l'auteur (là on revient à une vie hors du commun ou du moins que l'on voudrait faire passer pour telle)
b. La mémoire pour recréer l'illusion de la vie, le bonheur passé et conjurer la peur de la mort
c. La mémoire, un travail d'artiste dans le choix des éléments à retranscrire, dans les perspectives dessinées, les mots au service d'une évocation idéale (au sens d'appartenant au monde des idées) pour transcender la contingence (voir du côté de Proust).

Une autre manière d'aborder le sujet est de se placer successivement du côté de l'auteur, puis du lecteur. Que cherchent-ils dans l'écriture ou la lecture d'une vie ? Pourquoi lis-tu des biographies ? As-tu les mêmes raisons de lire une autobiographie ?
Dans ses "Carnets du vieil écrivain", Jean Guéhenno écrivait: "Un livre est un outil de liberté". C'est particulièrement vrai de l'autobiographie.
Pour qui le livre peut-il être considéré comme un outil de liberté ? Pour l'écrivain ? Pour le lecteur ? Pour les deux ?
Comment le livre peut-il être considéré comme un outil de liberté ? Sa faculté à faire rêver ? ses possibilités d'évasion ? Le pouvoir des mots pour recomposer une autre réalité ? Pour réécrire sa vie ?...
Le livre est donc un univers virtuel conçu à partir d'un réseau de significations créé par les mots, il permet de manière immatérielle d'échapper à une solitude, celle d'une pensée, par échange avec un lecteur potentiel. C'est donc un miracle renouvelé à chaque lecture, celui de la création, de l'interprétation par un lecteur d'une signification élaborée par un auteur. Si le livre est intangible, l'acte de lecture est infini.
Ce que je viens de t'exposer est un peu compliqué à saisir. Mais si tu fais l'effort de chercher à comprendre, je te garantis un devoir très original.


Jean-Luc    "Il n'y a jamais nulle part où aller qu'en dedans." Doris Lessing :)
 

#3 26/04/2006 17:22

ZuZa
1 message(s)
Entraide scolaire et méthode Pour entreprendre le récit d’une vie, faut-il que celle-ci soit...

Bonjour, je m'appelle flavie, et j'ai le même sujet de dissertation que le tien ...

Donc je voulais te faire partager mes idées :
-Tu peux également parler de la biographie dans la partie "oui", du fait que le biographe trouve que la vie de la personne sur laquelle il a écrit était exceptionnelle (par exemple : L'adversaire, d'Emmanuel Carrère)
- Tu peux aussi parler du genre des Mémoires, où le récit de la vie est légitimé car l'auteur a vécu beaucoup de choses. Le mémorialiste raconte alors les événements auxquels il a participé ou dont il a été témoin (par exemple : Mémoires de Guerre, de De Gaulle)

Du côté du Non, j'ai cherché d'autres buts qui peuvent pousser les auteurs à raconter leur vie alors qu'elle n'est pas hors du commun (c'est peut-être hors-sujet ?)
- L'autobiographe peut chercher à raconter sa vie pour se justifier (par exemple Rousseau dans ses Confessions) qui se défend des attaques qu'on lui lance, il répond ici en racontant sa vie telle qu'il lui a paru qu'il l'a vécu.
- Raconter une vie dévouée à la chose littéraire comme l'a fait Jean-Paul Sartre dans Les mots.
- Raconter sa vie pour se comprendre, comprendre son enfance, comme Simone de Beauvoir qui raconte ses rapports avec ses parents bourgeois dans Mémoires d'une jeune fille rangée, et ainsi, les autobiographes cherchent à exliquer par le récit de leur enfance, leur personnalité d'adulte.

Voilà, tes idées m'ont aidée et je t'en remercie, j'espère que les miennes t'apporteront un peu d'aide... Bon courage ^^