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Bonjour,
Je suis actuellement en 3ème et comme vous avez pu le voir sur d'autres discussions, un "fada" de grammaire et de langues. Voici je pose une petite question que l'on pourrait aussi considérer comme un sondage:
Voulant être soit professeur de Français-latin-grec, autrement dit de lettres classiques (qui est même de la trivalence, si je puis dire) ou professeur de Français-Anglais, donc de bivalence! Que pensez-vous de la bivalence, est-ce un moyen efficace de former de mauvais profs qui connaissent peu leurs matières ou un système permettant à des personnes aimant deux langues, de les conjuguer. Bon certes je ne parle pas du système anglais, là-bas jusqu'à 4 matières sont autorisées, j'avais vu un reportage sur la cinq qui montrait une jeune anglaise qui était professeur de français, d'espagnol et d'allemand
!!!!!!
Alors qu'en pensez-vous???
Merci de vos réponses. 
Ca fait plaisir de voir des fanatiques de grammaire-langues anciennes-français comme moi ! Je me sens moins seul du coup dans ce monde ...
Eh oui, nous futurs profs de lettres classiques (enfin j'espère ...) sommes déjà trivalents, mais c'est parce que la formation le permet. La bivalence, sous sa forme actuelle, c'est concrètement une épreuve en mineure au CAPES en plus des épreuves normales de la discipline. Franchement, c'est largement insuffisant pour pouvoir enseigner cette matière ensuite, car les élèves sont très curieux ! Et il n'y a rien de pire pour un prof de ne pas savoir expliquer, voire de ne pas savoir répondre ! Il faudrait généraliser les bi-licences et faire en sorte qu'elles soient les voies d'accès uniques à la bivalence.
Oulà, sujet sensible...
Pour moi, prof, la bivalence ne se pose pas en termes de "faut-il l'accepter?" puisque, de toute façon, à terme, nous n'aurons certainement pas le choix, pour les nouveaux titulaires comme pour les plus anciens, peut-être...
Je pense qu'on aura un phénomène identique à celui des IDD actuellement qui sont refilés aux profs qui n'ont pas assez d'heures pour boucler leur service. Autrement dit, l'IDD - qu'on a créé en piquant outrageusement des heures au français, aux maths et à l'histoire - n'est plus là que pour maintenir des postes. Notamment, en physique, SVT, musique, arts plastiques: matières pour lesquelles il est souvent difficile pour un prof de "sauver" son poste sur un seul établissement. On compense donc ainsi.
Pour la bivalence, je vois bien la même chose. Tiens, tu es prof de français? Ah, pas de chance, je n'ai que 15 heures pour toi et le Rectorat annonce la suppression de ton poste! Enfin bon, on peut s'arranger si tu fais 3 heures d'histoire...
Ce principe est valable pour les IDD, s'élargit avec la mise en place des PPRE (projets personnalisés de réussite éducative) pour lesquels on sollicite des profs avec la menace de voir, s'ils refusent d'assurer ces heures, leur poste supprimé. Vu actuellement dans mon bahut.
L'an prochain, l'ODP, qui n'était qu'une option facultative en troisième sera certainement une option obligatoire à hauteur de 2 heures hebdomadaires dans le même temps hebdomadaire pour les élèves. Ils travailleront le même nombre d'heures avec 2 heures d'ODP en plus: autrement dit, on va demander à un prof d'assurer ces deux heures au détriment de sa discipline. S'il refuse, bye-bye le poste. Apparemment, concernant l'ODP, ce serait la techno qui trinquerait. Là aussi, sujet sensible dans mon collège.
Ce qui assez cocasse dans l'affaire, c'est que pour obtenir que l'ODP devienne obligatoire, on a outrageusement argumenté en faisant valoir que les léèves latinistes devaient pouvoir bénéficier de cette découverte professionnelle qui, comme option facultative, était généralement placée sur le même bloc horaire que le latin, empêchant d'improbables élèves de choisir et le latin et l'ODP...
Bref, l'ODP ou une énorme foutaise où l'on se souvient, là-haut, dans les huates sphères ministérielles, que le latin existe encore - quand ça les arrange!
Suis un peu sorti du sujet... mais bon, la bivalence ne suppose rien de bon lorsque l'on voit ce qui se passe déjà actuellement. Vous remarquerez que je n'ai pas abordé l'enjeu strictement pédagogique car, pour moi, avant tout, c'est une mesure politique, de la poudre aux yeux, pour nous mettre au pied du mur et nous forcer à accepter et permettre au Ministère de belles économies qui vont bien dans le sens de la suppression des TZR puisque les BMP n'existeront plus, tout simplement!
Séb
Merci William et Caltwak pour vos réponses!
Mais je vais vous exposer un tout autre point de vue:
L'Etat certes je l'admets voit plutôt en la bivalence une idée d'économie et de profit; mais je vous parle moi plutôt personnellement, c'est-à-dire que j'adore l'anglais comme le français et j'ai énormément de mal à choisir! Alors je me suis dit au lieu de faire un choix, et de laisser tomber un passion, que le métier de professeur permet de faire de la bivalence... occasion que l'on ne retrouve pas dans toutes les professions!!!!
Voilà moi c'était à ce sujet que je parlais!
Cordialement
Je comprends ton angle de vue.
Mais, tu sais, prof c'est un métier au service d'un public jeune, donc il faudrait avant tout penser à lui ! Le niveau requis pour enseigner se doit d'être exigeant pour être le plus à même de répondre aux questions (parfois déroutantes !) des élèves, comprendre leurs problèmes ...
Se spécialiser, c'est faire le deuil de pleins de matières intéressantes comme la philo ou l'Histoire, mais l'enrichissement intellectuel ne s'arrête pas à l'école : il se poursuit ensuite toute la vie ! J'aurais même tendance à penser que hors des cadres scolaires, il peut prendre un nouvel élan, notamment pour les sciences humaines.
Je te suggère juste une idée : pourquoi ne pas aller enseigner le français dans un pays anglophone ?
En français, avec mes élèves, je fais de toute façon plus que de la bivalence. Pédagogiquement parlant, je parle souvent d'histoire et j'établis des comparaisons avec d'autres langues - système des temps verbaux en français et en anglais, travail sur l'évolution phonétique d'un mot, etc.
Par ailleurs, évidemment malheureusement, je suis aussi un peu l'assistant social, le conseiller d'orientation, le papa ou la nounou de plus en plus de mes élèves... Ce n'est pas vraiment mon boulot mais il faut croire que ça en fait désormais partie...
Donc, non, la bivalence officialisée, je dis "non", décidément...
Séb
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