Bonjour Léah
Non, pas de Si
Un contexte:
J'étais en train de réfléchir, non plus à l'erreur faite hier seulement, mais à toutes celles que j'avais pu faire, dans une consternation dont je n'oserai jamais t'avouer un seul mot.
J'étais en train de réfléchir, non plus à l'erreur faite hier seulement, mais à toutes celles que j'avais pu faire, dans une consternation dont je n'oserais jamais t'avouer un seul mot.
Merci
Dernière modification par Francyne (25/09/2007 19:01)
Bonsoir,
Tout ceci me remet en mémoire l'opéra Carmen :
* Si tu ne m'aimes pas, je t'aime,
Mais, si je t'aime, prends-garde à toi.
Le premier SI ouvre une subordonnée concessive d'opposition :
-> Quoique tu ne m'aimes pas, je t'aime.
-> Tu ne m'aimes pas, je t'aime quand même.
Le second SI est seul conditionnel :
-> Dans l'hypothèse où tu m'aimes, prends garde à toi.
J'aimerais savoir quel temps utiliser dans la phrase suivante :
"j'ai la chance d'avoir un superbe ordinateur et pour rien au monde j'en changerai (ou j'en changerais ?)"
J'hésite entre le conditionnel présent et le futur, sachant qu'à présent j'en suis satisfaite mais il n'est pas impossible que j'en change dans l'avenir....

Là chère Léah je ne suis pas aussi affirmatif que toi ! Pour moi c'est toujours une question irrésolue! Je n'en changerai [s] peut tout aussi bien être une affirmation instantanée: au moment même ou l'on parle, et qui n'engage l'avenir que d'une manière hypothétique !
Pour rien au monde je n'en changerai Cela exprime, on peut légitimement le penser une condition ! Même si on me donnais tout l'or du monde , je ne changerais pas ! Qu'en pensent d'éminents spécialistes ! Il serait bon de le savoir ? Edy à ton clavier !
Bonsoir !
* J'ai la chance d'avoir un superbe ordinateur et pour rien au monde je N'en CHANGERAI / je N’en CHANGERAIS.
Instinctivement, j’aurais écrit : « je n’en CHANGERAIS ».
Mon corpus le confirme :
* Tel homme qui n’éprouve aucun scrupule à tromper sa femme ne SÉDUIRAIT pour rien au monde la femme d’un ami. (JEAN DUTOURD. LES PENSÉES)
* Ma femme a les cheveux bruns et n’en CHANGERAIT la couleur pour rien au monde : ils sont si bien assortis avec sa moustache. (ANONYME)
* Par exemple, il n'AURAIT pas, pour un boulet de canon, ACHETÉ un timbre-poste ailleurs qu'à la Civette du Théâtre-Français. (A propos d’Alphonse Allais)
L’explication se trouve non pas dans une subordonnée conditionnelle, ici absente, mais dans le fait que le conditionnel marque un fait CONJECTURAL dans l’avenir.
* Les seuls traités qui COMPTERAIENT sont ceux qui se CONCLURAIENT entre les arrière-pensées. (Valéry)
Le conditionnel, à l’inverse du futur, exprime ici le caractère UTOPIQUE de la situation.
Je ne pense pas devoir pour autant jeter l’anathème sur « je n’en CHANGERAI ».
En effet, en raison de la part d’incertitude qu’il contient, le futur est tout aussi conjectural.
* Pour rien au monde, je ne me remarierai. (Alors que je suis déjà marié. J’anticipe…)
L’énoncé se paraphrase facilement en :
* EN AUCUN CAS, je ne me remarierai.
* Il est exclu que je me remarie.
* Le privilège de l’Anglais est de ne comprendre aucune autre langue que la sienne. Et même s’il comprend, il ne doit EN AUCUN CAS s’abaisser à le laisser croire. (PIERRE DANINOS. LES CARNETS DU MAJOR THOMPSON)
-> Pour rien au monde, je n’en CHANGERAI. (Alors que j’ai déjà un ordinateur superbe.)