Cher profs,
Voici deux textes traduits que je vous soumet pour correction si possible. Certains passages sont inspirés de ce que vous m’avez suggéré dans un autre post.
TEXTE 1 :
Mon chat Pluto était mon animal domestique et mon compagnon / camarade de jeux préféré. J’étais le seul à lui donner à manger et il me suivait partout dans la maison. Il m’était même difficile de l’empêcher de me suivre dans la rue.
Notre amitié dura ainsi plusieurs années, pendant lesquelles mon caractère empira radicalement. Je devenais, jour après jour, plus lunatique, plus irritable et moins attentif aux sentiments d’autrui. Je me laissai aller à parler grossièrement à ma femme / Je me surpris avec effroi à des propos excessifs à l’endroit de mon épouse / ma femme. Je la traitais même avec une extrême violence. Bien sûr, mes animaux ressentirent les changements dans mon comportement. Non seulement je les négligeais, mais je les rudoyais aussi. Pourtant, j’avais encore à l’égard de Pluto une certaine retenue qui m’empêchait de le malmener comme je maltraitais les lapins, le singe, ou même le chien, chaque fois qu’ils se trouvaient sur mon chemin. Mais ma maladie me dévorait – car quelle maladie est comme / ressemble à l’alcoolisme ? Au fil du temps même Pluto, qui se faisait vieux, commença à subir les effets de mon sale caractère / ma méchanceté.
Une nuit, en rentrant chez moi / à la maison très éméché, j’eus l’impression que le chat fuyait ma compagnie. Je l’attrapai lorsque, effrayé par ma violence, il me mordit légèrement la main. Aussitôt, je fus saisi d’une furie démoniaque ; je ne me reconnus plus / maîtrisai plus OU ...d’une furie démoniaque. Je ne me maîtrisai plus (point ou virgule ?). Mon véritable Moi/moi (?) sembla se détacher de mon corps et sous l’effet de cette folie je pris / tirai de ma poche un canif, l’ouvris, attrapai la pauvre bête par le cou et lui entaillai délibérément l’un de ses yeux.
Lorsque le lendemain matin je retrouvai la raison, j’eus à la fois un sentiment d’horreur et du remords pour le crime que j’avais commis.
Chers profs,
Voici mon second texte si vous voulez bien:
TEXTE 2 :
Cela fait trente ans à présent que j’étudie mes compatriotes. Je ne sais pas grand-chose sur / d’eux. J’hésiterais sûrement à engager un domestique d’après / sur sa physionomie et pourtant je crois que c’est sur le physique que la plupart du temps nous jugeons les gens / personnes que nous rencontrons. Nous tirons nos conclusions à partir de la forme de la / leur mâchoire, de l’expression du regard / de leur regard, du dessin / contour de la / leur bouche. Je me demande si nous avons plus souvent raison que tort. Si les romans et les pièces de théâtre sont si éloignés de la réalité c’est parce que leurs auteurs façonnent leurs personnages sur un même moule, sans doute par nécessité. Ils ne peuvent pas se permettre de les faire se contredire car alors / sinon ils seraient / deviennent incompréhensibles, et pourtant, la plupart d’entre nous se contredisent. Nous sommes un ramassis inorganisé (?) de qualités incertaines / hétéroclites (?). Les livres de logique nous DISENT qu’il est absurde de DIRE que le jaune est tubulaire ou que la gratitude est plus lourde que l’air; mais dans ce méli-mélo d’incongruités qui compose le moi / Moi (avec majuscule ?), il se peut très bien que le jaune soit un cheval tirant une charrette et la gratitude le milieu de la semaine prochaine. Je hausse les épaules quand les gens me disent que la première impression qu’ils se font d’une personne est la bonne. Je pense qu’ils doivent être soit peu perspicaces soit de grands vaniteux/prétentieux. Pour ma part / Quant à moi (virgule ici?) je me rends compte que plus je connais les gens, plus ils me surprennent: mes plus vieux amis sont précisément ceux dont je peux dire que ne je sais / connais pas la moindre chose sur eux.
Que veut dire "couler leurs personnages d’un seul tenant"= façonner sur un même moule?
Merci à vous et à bientôt.
Hela
Bonsoir, Hela !
Mon intervention est plus stylistique que grammaticale. Et je ne suis pas écrivain…
J’ai supposé que JE est du genre masculin.
Cordialement,
TEXTE 1 :
Mon chat Pluto était mon animal domestique et mon COMPAGNON de jeux préféré. (LA SUITE MONTRE QUE PRÉFÉRÉ QUALIFIE AUSSI « MON ANIMAL DOMESTIQUE ».) J’étais le seul à lui donner à manger et il me suivait partout dans la maison. Il m’était même difficile de l’empêcher de me suivre dans la rue.
Notre amitié dura ainsi plusieurs années, pendant lesquelles mon caractère empiRA RAdicalement. (SI VOUS N’AIMEZ PAS RA-RA, REMPLACEZ RADICALEMENT PAR COMPLETEMENT OU PAR TOTALEMENT) Je devenais, jour après jour, plus lunatique, plus irritable et moins attentif aux sentiments d’autrui. Je me LAISSAIS ALLER À PARLER GROSSIÈREMENT À MA FEMME. Je la traitais même avec une extrême violence. Bien sûr, mes animaux ressentirent les changements DE mon comportement. Non seulement je les négligeais, mais je les rudoyais aussi. Pourtant, j’avais encore à l’égard de Pluto une certaine retenue qui m’empêchait de le malmener comme je maltraitais les lapins, le singe, ou même le chien, chaque fois qu’ils se trouvaient sur mon chemin. Mais ma maladie me dévorait – car quelle maladie RESSEMBLE à l’alcoolisme ? Au fil du temps, même Pluto, qui se faisait vieux, commença à subir les effets de MON SALE CARACTÈRE.
Une nuit, en rentrant CHEZ MOI très éméché, j’eus l’impression que le chat fuyait ma compagnie. Je l’attrapai lorsque, effrayé par ma violence, il me mordit légèrement la main. Aussitôt, je fus saisi d’une furie démoniaque. Je ne me RECONNAISSAIS plus. Je ne me MAÎTRISAIS plus. Mon véritable moi sembla se détacher de mon corps et, sous l’effet de cette folie, je TIRAI de ma poche un canif, l’ouvris, attrapai la pauvre bête par le cou et LUI entaillai délibérément UN DES yeux. (POSSESSIF SUPERFLU À CAUSE DE « LUI ».)
Lorsque, le lendemain matin, je retrouvai la raison, j’eus à la fois un sentiment d’horreur et DE remords pour le crime que j’avais commis.
Chers profs,
Voici mon second texte si vous voulez bien:
TEXTE 2 :
Cela fait trente ans à présent que j’étudie mes compatriotes. Je ne sais pas grand-chose SUR eux. J’hésiterais sûrement à engager un domestique SUR sa physionomie et pourtant, je crois que c’est sur le physique que, la plupart du temps, nous jugeons les GENS que nous rencontrons. Nous tirons nos conclusions à partir de la forme de LEUR mâchoire, de l’expression de LEUR regard, du DESSIN DE LEUR BOUCHE. Je me demande si nous avons plus souvent raison que tort. Si les romans et les pièces de théâtre sont si éloignés de la réalité, c’est parce que leurs auteurs façonnent leurs personnages sur un même moule, sans doute par nécessité. Ils ne peuvent pas se permettre de les faire se contredire, car ALORS ils SERAIENT incompréhensibles ; et pourtant, la plupart d’entre nous se contredisent. Nous sommes un ramassis inorganisé de qualités INCERTAINES. (HÉTÉROCLITE EST DEJÀ EXPRIMÉ PAR « RAMASSIS ».) Les livres de logique nous ENSEIGNENT qu’il est absurde de DIRE que le jaune est tubulaire ( ?) ou que la gratitude est plus lourde que l’air ; mais dans ce méli-mélo d’incongruités qui compose le MOI, il se peut très bien que le jaune soit un cheval tirant une charrette et la gratitude le milieu de la semaine prochaine. Je hausse les épaules quand les gens me disent que la première impression qu’ils se font d’une personne est la bonne. Je pense qu’ils doivent être soit peu perspicaces, soit de grands PRÉTENTIEUX. POUR MA PART, je me rends compte que plus je connais les gens, plus ils me surprennent : mes plus vieux amis sont précisément ceux dont je peux dire que ne je SAIS pas la moindre chose sur eux.
Que veut dire "couler leurs personnages d’un seul tenant"= façonner sur un même moule ?
Je comprends autrement : chaque personnage a reçu un caractère d’un seul tenant, sans nuances ni variations ni faiblesses ni contradictions ni petitesses, etc.
Merci infiniment, Edy.
1) Comment appelle-t-on la répitition d'un même son, comme ra-ra dans "empira radicalement"?
2) Que préférez-vous: TEXTE 2:
a) "Cela fait trente ans à présent que" ou "Voilà 30 ans que" ?
b) "J’hésiterais SUREMENT à engager un domestique" ou "J'hésiterais BEAUCOUP à engager..." ?
c) "Nous sommes un ramassis inorganisé de qualités incertaines" ou "un fatras incohérent de qualités disparates" ?
d) "les gens me disent que la première impression qu’ils se font d’une personne est toujours la bonne" ou "que leurs premières impressions ne les trompent jamais" ?
3) Est-il faut de dire "j'ai remarqué qques changement DANS son comportement" ? Quand faut-il dire DE, et quand faut-il dire DANS ?
Désolé de vous ennuyer avec ces détails.
Amitiés,
Hela
1) Comment appelle-t-on la répitition d'un même son, comme ra-ra dans "empira radicalement"?
C'est une allitération, mais ici c'est presque un redoublement.
2) a) "Cela fait trente ans que" ou "Voilà 30 ans que" ? Pareil, ama.
b) "J’hésiterais SUREMENT à engager un domestique" ou "J'hésiterais BEAUCOUP à engager..." ?
Le sens n'est pas le même entre les deux adverbes, et ils ne sont pas exclusifs l'un de l'autre : J'hésiterai sûrement beaucoup / sûrement un peu / probablement un peu / probablement beaucoup ....
c) "Nous sommes un ramassis inorganisé de qualités incertaines" ou "un fatras incohérent de qualités disparates" ?
Fatras a une connotation nettement péjorative de choses sans valeurs, alors que ramassis n'est, originellement, péjoratif que sur l'aspect disparate de ce qu'on a ramassé.
Notons que, de ce fait, ramassis associé à inorganisé frôle le pléonasme mais, vu les termes utilisés, passe aisément pour une figure de renforcement.
De ce point de vue, et si tu veux garder un sens plus péjoratif, fatras incohérent de qualités disparates est sémantiquement beaucoup plus riche, surtout du fait de l'oxymore fatras / qualités, et du renforcement incohérent / disparates, qui ne sont pas exactement synonymes (c'est même une trouvaille !).
d) "les gens me disent que la première impression qu’ils se font d’une personne est toujours la bonne" ou "que leurs premières impressions ne les trompent jamais" ?
Je garderais volontiers : que leur première impression ne les trompe jamais car, si elle est première, cette impression est forcément seule de son espèce. 
3) Est-il faux de dire "j'ai remarqué qques changement DANS son comportement" ? Quand faut-il dire DE, et quand faut-il dire DANS ?
Non, ce n'est pas fautif, il me semble même que c'est le plus usité.
Dans / de ? je dirais qu'on emploie de pour une chose, un objet, et dans pour une situation ou un état. Mais ça demande peut-être à être précisé ou nuancé (j'ai déjà trop tardé à répondre à ce fil pour faire maintenant des recherches approfondies).
Dernière modification par pierrot11 (26/02/2007 17:20)
Chers profs,
Je souhaite revenir sur le choix des temps du texte n°1. En étudiant le texte d'un peu plus prés je me suis rendue compte qu'on passait du passé simple à l'imparfait sans trop savoir pourquoi. Alors je vous demande d'être encore très patients avec moi et de m'expliquer ces choix.
Mon chat Pluto était mon animal domestique et mon compagon. J’étais le seul à lui donner à manger et il me suivait partout dans la maison. Il m’était même difficile de l’empêcher de me suivre dans la rue. (l'imparfait décrit ici une situation passée ?)
Notre amitié dura (parce que l'action est révolue même si elle duré dans le temps ??) ainsi plusieurs années, pendant lesquelles mon caractère empira radicalement. Je devenais (mais alors pourquoi l'imparfait ici tout d'un coup? = imparfait d'habitude ?), jour après jour, plus lunatique, plus irritable et moins attentif aux sentiments d’autrui. Je me laissais aller à parler grossièrement à ma femme. Je la traitais même avec une extrême violence (habitudes passées ?). Bien sûr, mes animaux ressentirent (action soudaine ?les changements DE/DANS mon comportement. Non seulement je les négligeais, mais je les rudoyais aussi (habitude ?). Pourtant, j’avais encore à l’égard de Pluto une certaine retenue qui m’empêchait de le malmener comme je maltraitais les lapins, le singe, ou même le chien, chaque fois qu’ils se trouvaient sur mon chemin. Mais ma maladie me dévorait – car quelle maladie ressemble à l’alcoolisme ? Au fil du temps, même Pluto, qui se faisait vieux(verbe d'état = imparfait?), commença (changement de situation ?)à subir les effets de mon sale caractère.
Une nuit, en rentrant chez moi très éméché, j’eus l’impression que le chat fuyait ma compagnie. Je l’attrapai lorsque, effrayé par ma violence, il me mordit légèrement la main. Aussitôt, je fus saisi d’une furie démoniaque (est-ce que je peux dire "Aussitôt, en proie à une furie démoniame" ?). Je ne me reconnaissais plus. Mon véritable moi sembla se détacher de mon corps et, sous l’effet de cette folie, je tirai de ma poche un canif, l’ouvris, attrapai la pauvre bête par le cou et lui entaillai délibérément un des yeux.
(dans ce paragraphe le passé simple décrit-il des actions brèves dans le passé et l'imparfait une situation ou un état ?)
Je vous remercie de votre compréhension.
Hela
Bonsoir Hela,
bien que non-prof, je vais quand même m'attacher à répondre à tes interrogations ; je réponds directement dans le texte.
Mon chat Pluto était mon animal domestique et mon compagon. [...] (l'imparfait décrit ici une situation passée ?) => il décrit surtout une situation passée et durable, habituelle (la même situation durable mais actuelle s'exprime tout simplement au présent).
Notre amitié dura (parce que l'action est révolue même si elle duré dans le temps ??). [...] Je devenais (mais alors pourquoi l'imparfait ici tout d'un coup? = imparfait d'habitude ?), => non, pas exactement imparfait d'habitude, mais c'est parce qu'on ne sait pas exactement où et quand cela a commencé ni quand le processus était arrivé à son achèvement.
Je la traitais même avec une extrême violence (habitudes passées ?). => oui, LÀ on a un imparfait lié au comportement habituel.
Bien sûr, mes animaux ressentirent (action soudaine ?) [...] => oui
Non seulement je les négligeais, mais je les rudoyais aussi (habitude ?). => oui
Au fil du temps, même Pluto, qui se faisait vieux(verbe d'état = imparfait?), => non, même remarque que ci-dessus : le processus est graduel et mal localisé dans le temps
commença (changement de situation ?) => oui.
Une nuit, en rentrant chez moi très éméché, j’eus l’impression [...] Aussitôt, je fus saisi d’une furie démoniaque => passé simple évènementiel ; "démoniame" n'existe pas.
Je ne me reconnaissais plus. => état durable
Mon véritable moi sembla [...] je tirai de ma poche [...] => action brêve et achevée au moment où l'auteur parle.
(dans ce paragraphe le passé simple décrit-il des actions brèves dans le passé et l'imparfait une situation ou un état ?) => oui