#1 27/01/2007 18:33

wafiafleur
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Entraide scolaire et méthode Dissertation - Étude comparée de textes sur la création poétique

Bonjour, bonsoir tout le monde !
J'ai une dissertation à faire, sous forme d'étude comparée de "L'art" de Théophile Gautier et un ensemble de textes manifestes autour de la question de la création poétique.
   Bon, voici les textes que j'ai choisis pour mon étude :


   - Boileau : Art poétique, chant I, vers 154 à 197

Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain vous me frappez d'un son mélodieux,
Si le terme est impropre, ou le tour vicieux;
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,
160     Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain
Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d'une folle vitesse (8);
165     Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d'esprit, que peu de jugement.
J'aime mieux un ruisseau qui sur la molle arène
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux,
170     Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage:
Polissez-le sans cesse et le repolissez;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
175     C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent,
Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent.
Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu;
Que le début, la fin répondent au milieu;
Que d'un art délicat les pièces assorties
180     N'y forment qu'un seul tout de diverses parties:
Que jamais du sujet le discours s'écartant
N'aille chercher trop loin quelque mot éclatant.
Craignez-vous pour vos vers la censure publique?
Soyez-vous à vous-même un sévère critique.
185     L'ignorance toujours est prête à s'admirer.
Faites-vous des amis prompts à vous censurer;
Qu'ils soient de vos écrits les confidens sincères,
Et de tous vos défauts les zélés adversaires.
Dépouillez devant eux l'arrogance d'auteur;
190     Mais sachez de l'ami discerner le flatteur:
Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue.
Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue.
Un flatteur aussitôt cherche à se récrier:
Chaque vers qu'il entend le fait extasier.
195     Tout est charmant, divin: aucun mot ne le blesse;
Il trépigne de joie, il pleure de tendresse;
Il vous comble partout d'éloges fastueux:
La vérité n'a point cet air impétueux.

- Verlaine : L'art poétique

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est par un ciel d'automne attiédi
Le bleu fouillis des claires étoiles!
Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance!
Oh! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?
Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

- Raymond Queneau : L'art poétique

Ce soir,
Si j'écrivais un poème
pour la postérité?
fichtre
la belle idée

je me sens sûr de moi
j'y vas
et à la postérité
j'y dis merde et remerde
et reremerde
drôlement feintée
la postérité
qui attendait son poème

ah mais.

J'ai quelques idées mais j'ai jamais rédigé une dissertation alors je ne sais pas par quoi commencer, merci de me donner quelque idées ou conseils et merci.

Dernière modification par wafiafleur (02/02/2007 17:50)


Sortir de chez soi ne veut pas dire sortir de soi..
 

#2 02/02/2007 20:37

wafiafleur
30 message(s)
Entraide scolaire et méthode Dissertation - Étude comparée de textes sur la création poétique

Bonsoir
J'ai pas reçu de réponses alors je veut vous communiquer ce que j'ai préparer comme plan en espérant avoir vos remarques..........
  Voila le poème de Gautier:

L'Art

   
    
    Oui, l'oeuvre sort plus belle
    D'une forme au travail
    Rebelle,
    Vers, marbre, onyx, émail.
    
5    Point de contraintes fausses!
    Mais que pour marcher droit
    Tu chausses,
    Muse, un cothurne étroit.
    
    Fi du rythme commode,
10    Comme un soulier trop grand,
    Du mode
    Que tout pied quitte et prend!
    
    Statuaire, repousse
    L'argile que pétrit
15    Le pouce,
    Quand flotte ailleurs l'esprit;
    
    Lutte avec le carrare,
    Avec le paros dur
    Et rare,
20    Gardiens de contour pur;
    
    Emprunte à Syracuse
    Son bronze où fermement
    S'accuse
    Le trait fier et charmant;
    
25    D'une main délicate
    Poursuit dans un filon
    D'agate
    Le profil d'Apollon.
    
    Peintre, fuis l'aquarelle
30    Et fixe la couleur
    Trop frêle
    Au four de l'émailleur.
    
    Fais les sirènes bleues,
    Tordant de cent façons
35    Leurs queues,
    Les montres des blasons;
    
    Dans son nimbe trilobe
    La Vierge et son Jésus,
    Le globe
40    Avec la croix dessus.
    
    Tout passe. — L'art robuste
    Seul a l'éternité;
    Le buste
    Survit à la cité.
    
45    Et la médaille austère
    Que trouve un laboureur
    Sous terre
    Révèle un empereur.
    
    Les dieux eux-mêmes meurent,
50    Mais les vers souverains
    Demeurent
    Plus forts que les airains.
    
    Sculpte, lime, cisèle;
    Que ton rêve flottant
55    Se scelle
    Dans le bloc résistant!

Le plan:
-en premier (introduction), je vais parler de: l'art poétique( en général) comme une esthétique en évolution constante; qui se change selon les époques  et la personnalité des artistes...
Puis (le développement):
-en se basant sur les textes de manifestes ,je vais parler de ces poètes:
I- Gautier:
   -l'exigence d'une beauté pure
   -l'art pour l'art (l'insistance sur les détails, travailler le vocabulaire, les rythmes , les formes savants ) "la préface de son roman mademoiselle de Maupin"
   -absence d'engagement
   -le rejet du lyrisme personnel

II - Verlaine:
  -la musicalité
  -l'art de la suggestion
  -la mise en scène des impressions les plus fugitives

III- Boileau:
  -l'art des vers
  -l'esthétique classique  (inspiré d'Horace)
  -défendre les écrivains de l'antiquités
  -imitation des anciens
  -justesse , clarté ....

Pour "Raymond Queneau", j'ai pas encore étudier son poème et........

Dans la conclusion, je croit que je vais résumer tous ces theories et peut etre donner mon point de vue!

Bon, je suis encore bloqué ici je sais pas avancé plus loin et le pire c'est que je suis pas tout a fait sùr de ce plan..........
Alors, merci de m'éclaircir un peu ceci.

Dernière modification par wafiafleur (02/02/2007 20:40)

 

#3 02/02/2007 23:46

mozart62000
425 message(s)
Entraide scolaire et méthode Dissertation - Étude comparée de textes sur la création poétique

bonjour wafiafleur,

Fais attention car tu dois faire une étude COMPAREE des différents textes... Tu ne peux donc faire des parties aussi générales (soit : I) Gautier ; II) Verlaine ; III) Boileau ; etc.). Il faut que tu compares les poèmes, que tu mettes en parallèle ou en opposition ces divers arts poétiques. Quelles sont leurs visions de la beauté poétique ? du travail poétique ? Comment caractérisent-ils leurs écritures ? etc.

bon courage !


L'innocence palmaire implorant les noirs cieux
 

#4 03/02/2007 00:43

Léah
10058 message(s)
Entraide scolaire et méthode Dissertation - Étude comparée de textes sur la création poétique

Chez Gautier : notion d'effort Chez Verlaine : notion de facilité de naturel (mais remarquer cependant comme c'est travaillé !)
Queneau : l'anti art poétique pourrait-on dire

Il faut que tu reprennes tes arguments mais que tu rétablisses un plan qui n'analyse pas chaque poème l'un après l'autre, mais compare la notion de l'Art poétique :
dans la forme (versification)
dans le fond avec l'évolution
- Boileau "cent fois sur le métier"
- Gautier une "lutte" avec un matériau qui réiste
- Verlaine apparente facilité qui cache un réel travail
- Queneau  la dérision mais analyser aussi l'art de ce poème

Dernière modification par Léah (03/02/2007 00:44)


Tenir un seul cheveu dans sa main.
Y parvenir.
 

#5 03/02/2007 04:32

Jean-Luc
3031 message(s)
Entraide scolaire et méthode Dissertation - Étude comparée de textes sur la création poétique

Bonjour Wafiafleur,

Comme te l'ont fait remarquer Mozart et Leah, ton plan est trop éclaté, tu ne fais pas ressortir les caractéristiques d'un "art poétique", sa fonction normative et esthétique, son rôle didactique en même temps qu'illustratif...

Je te propose un plan thématique :

la nécessité du métier
le secret de fabrique
l'art poétique, un texte autotélique

Tu pourrais aller voir cet article de wikipedia
ici.


Jean-Luc    "Il n'y a jamais nulle part où aller qu'en dedans." Doris Lessing :)
 

#6 16/04/2008 20:08

pechemelba
2 message(s)
Entraide scolaire et méthode Dissertation - Étude comparée de textes sur la création poétique

Bonsoir tout le monde,
Je suis nouvelle !! 
J'ai des questions a traiter a propos des fonctions de la poésie et de la création poétique...
Voici les textes:

Fonction du poète de Hugo

Dieu le veut, dans les temps contraires,
Chacun travaille et chacun sert.
Malheur à qui dit à ses frères :
Je retourne dans le désert !
Malheur à qui prend ses sandales
Quand les haines et les scandales
Tourmentent le peuple agité !
Honte au penseur qui se mutile
Et s'en va, chanteur inutile,
Par la porte de la cité !

Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
ll est l'homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C'est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
Comme une torche qu'il secoue,
Faire flamboyer l'avenir !

Il voit, quand les peuples végètent !
Ses rêves, toujours pleins d'amour,
Sont faits des ombres que lui jettent
Les choses qui seront un jour.
On le raille. Qu'importe ! il pense.
Plus d'une âme inscrit en silence
Ce que la foule n'entend pas.
Il plaint ses contempteurs frivoles ;
Et maint faux sage à ses paroles
Rit tout haut et songe tout bas !

Peuples! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des temps futurs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n'est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Comme aux forêts et comme aux flots.

C'est lui qui, malgré les épines,
L'envie et la dérision,
Marche, courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde,
Tout ce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine,
Qui prend le passé pour racine,
A pour feuillage l'avenir.


Il rayonne! il jette sa flamme
Sur l'éternelle vérité !
Il la fait resplendir pour l'âme
D'une merveilleuse clarté.
Il inonde de sa lumière
Ville et désert, Louvre et chaumière,
Et les plaines et les hauteurs ;
A tous d'en haut il la dévoile;
Car la poésie est l'étoile
Qui mène à Dieu rois et pasteurs !



Musset : Allégorie du Pélican (Extrait de la Nuit de mai )
LA MUSE

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.



Impromptu de Musset
(En réponse à la question : Qu'est-ce que la Poésie ? )

Chasser tout souvenir et fixer sa pensée,
Sur un bel axe d'or la tenir balancée,
Incertaine, inquiète, immobile pourtant,
Peut-être éterniser le rêve d'un instant ;
Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie ;
Écouter dans son coeur l'écho de son génie ;
Chanter, rire, pleurer, seul, sans but, au hasard ;
D'un sourire, d'un mot, d'un soupir, d'un regard
Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme
Faire une perle d'une larme :
Du poète ici-bas voilà la passion,
Voilà son bien, sa vie et son ambition.

Les questions sont:
1) Selon ces trois textes, quels sont les fonctions de la poésie ?
2)Selon ces trois textes, la création poétique a t-elle sa source dans l'inspiration ou dans le travail ?

J'avais pensé pour repondre a la première question, d'aborder deux fonctions principales soient la fonction lyrique (rythme musical & expression des sentiments) et la fonction engagée(la vision du poète & une denonciation) en developpant le sujet bien évidemment. Qu'en pensez-vous ? Est ce que je devrait rajouter une fonction ?
Pour ce qui est de la seconde question, je n'ai encore aucune idée sur le sujet 
Merci de bien vouloir m'eclairer car je suis perdue.... et le devoir est a rendre pour vendredi !! 


L'erreur est humaine..
 

#7 17/04/2008 00:07

Jean-Luc
3031 message(s)
Entraide scolaire et méthode Dissertation - Étude comparée de textes sur la création poétique

Bonsoir pechemelba,

Hugo prend le contre-pied de Musset : il milite en faveur d'une poèsie engagée dans la vie politique et considère le lyrisme personnel comme une trahison. Musset au contraire souhaite une poésie qui soit l'expression de ses sentiments (de préférence tristes ou lyrisme élégiaque).

Pour chacun c'est l'inspiration sacrée qui fonde la poésie et légitime le poète.