Bonjour!
Vu que dernièrement vous m’avez beaucoup aidé, je compte sur vous.
Je suis en train de rédiger mon mémoire de M2 en linguistique française mais je ne suis pas francophone, d’où, peut-être, mes problèmes...
1. La première question concerne La Marseillaise. En fait, dans la version originale on retrouve les paroles suivantes :
« (...) Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes ! »
Et pourtant, j’ai appris qu’il y a 2 versions qui cohabitent. Dans la première, disons « officielle », les soldats qui mugissent sont féroces ; dans la deuxième – farouches. Je cite un fragment de l’article portant sur ce sujet :
« A cette occasion - probablement à la suite d'une erreur de transcription, selon les historiens - les "féroces soldats" du premier couplet rédigé par Rouget de Lisle sont devenus les "farouches soldats", ce qui n'a pas tout à fait le même sens. »
Et voila ! Pourquoi le sens n’est pas le même ?... Aussi bien le Robert que le Trésor constatent que si un soldat est qualifié farouche ou féroce il est, dans les deux cas, brutal et cruel. En quoi consiste donc cette différence de sens entre « soldats féroces » et « soldats farouches » ?
2. Est-ce que l’adjectif « farouche » n’a que des connotations péjoratives ? En fait, lorsqu’il vient avec des noms du type : « haine », « ténacité », c’est logique. Mais quoi faire avec des syntagmes du type : « générosité farouche », « vertu farouche », « énergie farouche » ? Dans ce cas-là, « farouche » garde sa valeur dépréciative ? (de ce point de vue, « générosité farouche » devrait être une sorte d’oxymore...) Ou peut-être il l’atténue en mettant l’accent uniquement sur l’intensité d’un trait décrit?
3. Et finalement deux noms : « faroucheté » et « faroucherie ». Je sais que les deux sont très rares et peu utlisés, mais peut-être vous les avez déjà rencontrés... ? Si oui, est-ce qu’il existe une différence entre eux ?
Merci d’avance !
Bonsoir.
Toujours farouchement aux prises avec le même mot que la première fois, je vois ! 
Le TLF définit entre autres farouche par : "Qui agit avec fermeté, intransigeance, rudesse ou brutalité."
Il n'y a donc pas forcément toujours des valeurs purement dépréciatives, puisque fermeté et intransigeance se s'accompagnent pas forcément de rudesse et de brutalité. Tout est dans le ou !
Cela dit, quand ce mot s'applique à des soldats ennemis, on peut penser que le terme est aussi peu laudatif que "féroce", et qu'il est vain de chercher des nuances dans ce cas précis.
Le Robert Historique ne mentionne que le dérivé "faroucherie", le date du XXe siècle et note que son emploi est "littéraire". Un mot apparemment peu usité !
Il faut chercher dans un dictionnaire d'ancien français pour trouver "faroucheté", traduit par "sauvagerie".
Là aussi, je pense qu'il est vain de chercher des nuances de sens significatives et constantes entre les deux termes.
Merci!
Le problème est que mon travail consiste à chercher des nuances sémantiques... 
Alors, si j’ai bien compris, le syntagme « générosité farouche » n’est point bizarre et veut dire « générosité ferme, intransigeante » ?
Oui, pour la générosité farouche, c'est cela !
Quant aux nuances sémantiques, je comprends bien ton problème...
Mais force est de reconnaître que dans certains cas il est quasiment impossible d'en trouver ! 
Pierre Brousson, secrétaire utilisé par Anatole France pour écrire Jeanne d'Arc raconte dans "Anatole France en pantoufles", ses conversations avec le Maïtre qui dit:
Certains font porter tout le ressort de leur phrase sur le verbe. Moi, je prends le plus simple, le plus enfantin, celui qui indique le mieux le mouvement. Mais je soigne mes adjectifs. Je me range au sentiment de Voltaire. Rappelez-vous sa boutade si plaisante, si judicieuse: «Quoique l'adjectif s'accorde avec le substantif, en genre, en nombre et en cas, néanmoins, l'adjectif et le substantif ne se conviennent pas toujours». A quoi bon les multiplier pour dire la même chose ? Si vous les prodiguez, contrariez-les. Vous surprendrez votre lecteur. N'écrivez pas: "Des prélats magnifiques et pieux allèrent en procession quérir la Sainte Ampoule", mais "Des prélats obèses et pieux allèrent en procession..."
Ne dédaignez pas, non plus, l'épithète négative, d'un effet si inattendu, si irrésistible. Vous voulez décrire la morne solitude d'un jardin public, un soir d'hiver. Vous mettez: «Gontran parcourut les allées sans fleurs, de l'Observatoire.» Cela n'est pas mal, mon Dieu ! Mais «les allées défleuries de l'Observatoire», c'est bien mieux, c'est beaucoup mieux !
L'effet inattendu, irrésistible, c'est aussi la bravitude.
Édité par Putakli (mardi 09 février 2010 à 15 h 40)
Que de farouche putaklicité dans ces propos ! 
Why not ?
Édité par Putakli (mardi 09 février 2010 à 20 h 10)
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