Je ne trouve pas le nom de ce procédé :
"Je prends le sel de table et le piment de la vie."
Sel et piments sont des condiments, employés au propre pour l'un, et au figuré pour l'autre.
Ce rapprochement doit bien porter un nom, mais lequel ?
Il me semble que cela peut s'apparenter à un zeugme sémantique. Cependant, je crois que pour qu'il y ait zeugme (strictement), il faut que les termes abstrait et concret complètent la même expression.
Exemple :Vêtu de probité candide et de lain blanc
"Le piment de la vie", c'est suffisamment abstrait je trouve.
Édité par Ursus (jeudi 19 novembre 2009 à 19 h 57)
C'est vrai.
Et le terme concret et le terme abstrait complètent tous deux le verbe "prend".
Cependant, si "prendre le sel de table" se comprend, "prendre le piment de la vie" ne se dit pas vraiment.
Pour avoir un véritable zeugme, changeons le verbe :
Je goûte le sel de table et le piment de la vie.
Car on peut goûter le sel de table (pour savoir son goût)
et aussi goûter (apprécier) le piment de la vie.
ElisaSudre a écrit :
Exemple :Vêtu de probité candide et de lain blanc
Certains verraient une erreur dans lain mis pour lin. Mais on peut y voir aussi lain mis pour lapin: "Vêtu de probité candide et de lapin blanc". Voir là.
Édité par Putakli (jeudi 19 novembre 2009 à 20 h 42)
L'ami Putakli est en roue libre, ce soir. 
Et la tendresse, bordel ? Vous connaissez peut-être ce film, ou du moins, le titre.
Mais comment nommer cette contradiction apparente entre le signifiant et le signifié ?
On est proche de l'oxymore non ?
Des avis ?
Effectivement, il semble bien y avoir de l'oxymore là-dedans...
Je pencherais également pour un oxymore.
L'oxymore est un procédé stylistique souvent mal compris, il obéit à deux contraintes simples, contraintes cependant méconnues, ce qui explique qu'on sorte de l'oxymore à tort ou a raison alors mêmes que les vrais oxymores, eux, sont rares. Ces contraintes sont les suivantes :
- l'oxymore réunit deux mots étroitement liés sur le plan de la syntaxe (c'est-à-dire grossomodo : épithète et coordination),
- les mots ainsi liés ne doivent pas seulement détonner, ils doivent être d'exacts opposés, sans quoi, on parlera de paradoxe ou de caractérisation impertinente, et non d'oxymore.
Le procédé le plus évident dans cette phrase, c'est précisément le paradoxe, qui vient servir un procédé de plus large ampleur (un procédé "macrostructural") : l'ironie. Si l'on y regarde de plus près, il ne s'agit pas dans cette phrase d'associer les mots "tendresse" et "bordel", l'humour procède d'une distanciation volontaire entre l'injonction du locuteur (soyons tendres) et le ton sur lequel est formulée cette injonction. Ce qui est mis en opposition finalement, c'est le fond et la forme.
Édité par Blumroch (mardi 09 février 2010 à 20 h 23)
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