n° 11 mercredi 28 novembre 2007 à 21 h 11

JSC
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 Soit ou soient ?

Sergevlem a écrit :

Dans la phrase suivante, comment doit s'écrire soit/soient ...


Ce dernier comporte 4 volets, soit/soient : affaire, technologique, données et traitement.


merci!
Serge


(Petit Robert) SOIT : subjonctif lexicalisé présentant une hypothèse ou une supposition.
= étant donné(s), à savoir ou c'est-à-dire.

L'exemple cité "Des signes qui tombent sous les sens, soit bruit, son, image (PAUKHAN) corréspond au tien.

{SOIENT n'existe pas indépendemment de sa fonction verbale (à mon sens): ils/elles soient.}


La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble la pire des immoralités. (O. Wilde)

n° 12 jeudi 29 novembre 2007 à 00 h 40

loupyestu
47 message(s)
 Soit ou soient ?

La valeur verbale de être a ici complètement disparu.
J'écrirais soit

n° 13 samedi 01 décembre 2007 à 00 h 18

Edy
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 Soit ou soient ?

Bonsoir !

Dans le Grevisse (n°1045) : Soit (classé parmi les introducteurs) introduit un syntagme nominal pour exprimer une hypothèse ou un exemple dans une argumentation.
* Soit les propositions : Il a de l'argent, il peut tout. (Brunot)
Soit est souvent invariable, comme dans l'exemple ci-dessus.
Pourtant, bien des mathématiciens continuent à écrire :
* Soient deux triangles...

Sous le n°901, il précise que la valeur verbale est assez estompée pour qu'on le laisse invariable. Plus d'un auteur, surtout parmi les mathématiciens, continue cependant à le traiter comme un verbe.
Parmi les non mathématiciiens :
* Soient les collèges d'enseignement du XVIIIe siècle. (Foucault)

Personnellement, je le laisse invariable, à l'image de vive et des prépositions excepté et sauf.

n° 14 samedi 01 décembre 2007 à 09 h 16

JSC
6404 message(s)
 Soit ou soient ?

Edy a écrit :

Parmi les non mathématiciiens :
* Soient les collèges d'enseignement du XVIIIe siècle. (Foucault)

Personnellement, je le laisse invariable, à l'image de vive et des prépositions excepté et sauf.

Bonjour, Edy.
Depuis quand les mathématiciens font-ils la pluie et le beau temps lexicaux?
L FOUCAULT, physicien XIXè ou M Foucault, Philosophe XXè??

Quid:
(que) vive le roi!
(que) vive/vivent les États-Unis!!
(que) vivent les mariés!!!
(que) vivent les habitants de notre village!!!!
??

n° 15 samedi 01 décembre 2007 à 11 h 53

Muriel
2835 message(s)
 Soit ou soient ?

Bonjour JSC,

Voir cette discussion : Vive ou vivent ?.

Muriel

n° 16 samedi 01 décembre 2007 à 12 h 29

JSC
6404 message(s)
 Soit ou soient ?

Merci et bonjour, Muriel.

Edy a écrit :

Ce n'est certes pas une faute : vous aurez la caution de l'Académie et celle d'écrivains prestigieux comme Renan, Laforgue, Barrès, Camus, Malraux...

L'invariabilité gagne cependant du terrain.

Est-ce donc on devrait suivre la foule et aller à l'encontre de l'Académie?

Par quelle mesure scientifique l'invariabilité gagnerait-elle le terrain?

n° 17 samedi 01 décembre 2007 à 14 h 30

loupyestu
47 message(s)
 Soit ou soient ?

JSC a écrit :

Par quelle mesure scientifique l'invariabilité gagnerait-elle le terrain?

Par celle-là même (si tant est qu'il s'agisse d'une mesure scientifique) qui fait que vous dites sans doute aujourd'hui en vous adressant à vos élèves "Voilà vos notes" et non "Voyez là vos notes".
Je ne sais pas si l'on peut ranger la démotivation au rang des mesures scientifiques ; toujours est-il qu'elle est un facteur d'invariabilité :
des vinaigres (et non des vinsaigres)
sauf erreur de ma part (et non sauve erreur de ma part)

n° 18 samedi 01 décembre 2007 à 18 h 27

Edy
1432 message(s)
 Soit ou soient ?

Bonsoir à vous !

Merci à Muriel d'avoir rappelé que le problème de VIVE a déjà été traité. Je n'y reviens donc pas.

Je suis d'accord avec Loupyestu.
Lorsque les usagers ne sentent plus l'origine verbale d'une expression telle que VIVE, VOICI, VOILÀ ou SOIT, on parle de DÉMOTIVATION ; ces expressions changent alors de classe grammaticale (ou de catégorie) ; en l’espèce, elles sont rangées parmi les introducteurs.
(Le mot démotivation est employé en dehors de la terminologie de Saussure.)
Ce sont les lexicographes et les grammairiens qui CONSTATENT, principalement au travers des livres et des médias, que telle expression est en train de virer son affectation. Dans son « Bon usage », le Grevisse ne fait pas autre chose : relever suffisamment d’occurrences, sous la forme de citations, et indiquer éventuellement leur niveau de langage.
Lorsque j’étais jeune (la mer Morte n’était encore que malade), VIVENT était la forme normale devant un pluriel ; au fil des années, j’ai constaté, surtout dans les manifs et dans les médias - qui n’étaient encore que des gazettes -, que VIVE se multipliait ; depuis lors, cet usage a été entériné. Le Petit Robert, par exemple, sous l’entrée « vivre » consacre deux lignes à « VIVE » : interjection qui s’emploie MÊME avec un nom pluriel : « Vive les vacances ».

Bonsoir, JSC !
La référence aux mathématiciens avait pour but unique de montrer qu'ils résistent au changement. Michel Foucault a opté pour l'invariabilité, mais j'aurais pu y ajouter huit autres attestations.
Je n’ai pas encore vérifié si l’Académie s’était prononcée sur l’invariabilité de SOIT.
Je ne pense pas que la langue doive suivre la foule, comme vous dites, sans quoi il faudrait suivre aussi l’orthographe et la syntaxe des millions et milliards de SMS qui s’échangent en « français » ; cette orthographe est phonétique et fantaisiste, en dehors de toute norme.
Pour la SYNTAXE, les grammairiens veillent au grain ; lorsqu’ils admettent une forme populaire ou argotique, ils en précisent le niveau de langue.
Les LEXICOGRAPHES n’hésitent pas, lorsque tel mot est devenu courant (par exemple, des anglicismes) ou se rencontre dans l’usage familier courant (par exemple, certains mots d’argot), à en donner une attestation sous une nouvelle entrée. Nous en avons parlé à propos de la réforme de l’orthographe.
Les linguistes, lexicographes et grammairiens ne peuvent pas attendre le bon vouloir de L’ACADÉMIE. Ils risqueraient d’attendre longtemps, au rythme où vont les choses. En cela, je vise aussi bien le lexique que la grammaire.
La RÉFORME DE 1990 est le fruit des travaux du Conseil supérieur de la langue française. Ce Conseil avait désigné comme experts : Catach (CNRS), Cerquiglini (Université de Paris), Collignon (le Monde), Goosse (Université de Louvain ; successeur de Grevisse quant au Bon Usage), Kannas (Larousse), Martinet (Sorbonne), Müller (Université de Strasbourg), Jean Rey (Le Robert). Tous de grandes pointures. Le Conseil lui-même comptait dans ses rangs d’autres éminents linguistes : Chevalier, Encrevé, Goosse, Gross, Hagège et Quemada.
Il A ÉTÉ TENU COMPTE des observations du Conseil supérieur de la langue française du QUÉBEC et de celles du Conseil supérieur de la langue française de BELGIQUE. Les conclusions du Conseil ont été APPROUVÉES À L’UNANIMITÉ PAR L’ACADÉMIE FRANÇAISE et ont été publiées au Journal officiel de la République française.
Cette réforme, bien modeste, précise que les anciennes graphies resteront admises jusqu’à ce que les nouvelles SOIENT ENTRÉES DANS L’USAGE.

n° 19 samedi 01 décembre 2007 à 22 h 00

JSC
6404 message(s)
 Soit ou soient ?

Edy.
Superbe explication!
Je reste ébahi qu'en même temps on a les experts que tu nommes qui essaient (facultativement) de nous imposer des nouveautés auxquelles il y aura beaucoup de résistance, mais d'autres autorités qui font preuve d'un "laisser aller" envers par exemple VIVE!

Vive la diversité!
Vivent l'unilateralisme, la bipolarité et la confusion!!
Vive la France.

n° 20 samedi 11 octobre 2008 à 17 h 33

jellyjobean
6 message(s)
 Soit ou soient ?

Bonjour, je ne suis pas sûre si dans la phrase suivante le (soit/soient) s'accorde :L’opposition de ces deux idées, soit élever la voix et un souffle sourd souligne à quel point même lorsqu’elle est en colère elle parle doucement.

Merci de me répondre!!!
Jo