Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis: Veux-tu t'en venir dans les champs?
Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis: Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds?
Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh! comme les oiseaux chantaient au fond des bois!
Comme l'eau caressait doucement le rivage!
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.
Mont.-l'Am., juin 183...
J'adore ce poème !
Bonjour Muriel,
Sache que je peux être sensible à un poème, sans en être transcendé. Contrairement à quand j'écoute la musique... (Ah ! les symphonies de Brahms !
)

Cher Mozart, je crois que ta carapace est percée: si tu es sensible à un poême, un jour, peut-être, un texte te transcendera.
Mais je crois que ce sont surtout les évènements importants de la vie personnelle qui peuvent changer ce genre de réaction.
Bon courage
mozart62000 a écrit :
Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis: Veux-tu t'en venir dans les champs?
Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis: Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds?
Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh! comme les oiseaux chantaient au fond des bois!
Comme l'eau caressait doucement le rivage!
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.
Mont.-l'Am., juin 183...J'adore ce poème !
charmant sous certains aspects, notamment le côté sensuel, mais certaines expressions me semble quand meme tomber dans la pire platitude...
(barbiegrossementeuseblonde) voila j'ai 13ans je suis en 5em et je voudrais devenir professeur de français a l'université
j'ai ecrit cette poésie et pas une seule seconde je ne peut imaginer ne pas m'emovoir quand je la relie!
Aujourd'hui est une journée de nostalgie et déja je reviens dans mes pensées tout atrister par un mois de janvier la pluis noie mes larmes elle roule elle coule comme une pelote de laine se déposant sur ma joue elle se laisse allait les nuages noie mon ame ils faut qu'ils se calment mes larmes viennent enbrasser mes lèvre le vent se lève et c'est au mois de janvier que ma vie c'est arreter.
maelyne...
Je suis sensible à certain texte en effet. A de très rares textes. Mais ils ne me transcendent pas.

Les poèmes des Fleurs du mal sont sans doute ceux qui me bouleversent le plus mais les Derniers vers de Ronsard. Notament ce sonnet:
Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.
Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ;
Adieu, plaisant Soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.
Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant le face,
En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.