pour Mozart 62000
Oui, il est possible de s'oublier totalement par la lecture.
Cela m'est arrivé: des livres m'ont fasciné au point de les lire de les relire, de les déposer et de les relire encore.
Mais je suis un fan de livres- non de lecture-et c'est en fonction de mon parcours, que des livres me sont arrivés à point nommé, et ce à tout âge: j'ai lu le banquet de Platon il y a un an et j'ai passionément aimé. Je crois cependant que c'est aussi parce que j'y suis prédisposé.
Cela m'est arrivé aussi avec la musique, pas là même que la vôtre. Mes goûts vous paraîtront peut-être ridicules, mais deux morceaux me font passer des frissons partout: l'hymne à la joie et la marseillaise....mais aussi les valses de Strauss...
En lecture il en fut de même avec l'oeuvre au noir (Yourcenar) que j'ai lu à vingt ans, les mémoires d'Hadrien du même auteur, Ceux de 14 de Genevoix, entre autres, et j'oublie Villon.....
Ne désespérez pas de la lecture, peut-être aurez-vous aussi cette chance-là un jour.
Papyra
Tes considérations gastriques sont très juste !
Mozart, j'ai pleuré en lisant Carrie de King, oui pleuré de compassion pour cette jeune fille, j'ai été envoûtée par ce livre ; mais sans doute parce que à un moment de ma vie, à un autre j'aurais réagi autrement
Sinon, la poésie me met souvent dans des états d'émerveillement
Oh! je fus comme fou dans le premier moment,
Hélas! et je pleurai trois jours amèrement.
Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance,
Pères, mères, dont l'âme a souffert ma souffrance,
Tout ce que j'éprouvais, l'avez-vous éprouvé?
Je voulais me briser le front sur le pavé;
Puis je me révoltais, et, par moments, terrible,
Je fixais mes regards sur cette chose horrible,
Et je n'y croyais pas, et je m'écriais : Non!
-- Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom
Qui font que dans le coeur le désespoir se lève? --
Il me semblait que tout n'était qu'un affreux rêve,
Qu'elle ne pouvait pas m'avoir ainsi quitté,
Que je l'entendais rire en la chambre à côté,
Que c'était impossible enfin qu'elle fût morte,
Et que j'allais la voir entrer par cette porte!
Oh! que de fois j'ai dit : Silence! elle a parlé!
Tenez! voici le bruit de sa main sur la clé!
Attendez! elle vient! laissez-moi, que j'écoute!
Car elle est quelque part dans la maison sans doute!
Victor Hugo, Les Contemplations, Pauca Meae, IV
Dernière modification par Rouille Encagée (10/03/2007 09:42)
BOnjour Rouille Encagée ,
Evidemment que ce poème est merveilleusement bien écrit, et que nous "sentons"
cette tension interne, cette force de larmes qui imprime au texte un soupçon d'humanité (c'est une litote). Mais l'éprouvons-nous ? Pouvons-nous nous sentir proche de cet état quand bien même nous n'avons pas vécu la mort, prématurée, de notre jeune fille adorée ?
J'apprécie beaucoup le texte ; mais je ne frissonne pas. Je dois être insensible ? 
Combien d'entre vous sont fascinés (au sens fort) par ce texte ?
Tss ; transpose le texte à quelque chose de plus connu : la perte d'un parent, d'un frère, d'un ami, etc. Tu verras que cela fonctionne encore. La résonance profonde se fait quand on a déjà vécu des situations analogues. Même si la situation n'est pas exactement la même, la résonance peut se faire grâce à notre capacité de d'analogie.
Dernière modification par Rouille Encagée (10/03/2007 11:23)
Lis
La chute
d'Albert Camus
bonjours léah,j'avoue que je partage pas votre opinion sur la poésie de Hugo.je ne sais pas si vous avez lu les contemplations, un livre que je lis depuis 15 ans et je il ne meurt jamais en moi.prenez le temps, de le lire doucement, écoutez les enjambements, les césures;oubiez les rimes si vous voulez, ne pensez pas à sa philosophie que je partage pas entierement, laissez vous envahir par ces mots bien choisis et l'élan des rythmes.vous verrez, du moins vous apprenez à l'aimer comme j'apprends tout le temps à le faire quand je prends un hugo, un musset,un hermann hesse ou un canetti.