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Bonjour,
Je suis en première S et j'ai une dissertation à faire.
Le sujet est :
« Pensez-vous que l'on puisse traiter des sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ? Vous appuierez votre réponse sur des exemples empruntés à vos lectures et à d'autres formes d'art, y compris le cinéma. »
Je pense faire un plan thèse / antithèse / synthèse mais je ne trouve pas beaucoup d'arguments.
J'ai aussi des problèmes avec l'introduction, ne sachant pas si celle que j'ai rédigée est correcte.
La voici :
Déjà, au VIIe siècle avant notre ère, des sujets sérieux sont traités de façon plaisante dans les Fables d'Ésope. Plus tard, au IVe siècle avant J.-C., Platon relate aussi dans son Apologie de Socrate que celui-ci abordait l'humour lors de discours sérieux.
Cependant, c'est majoritairement au XVIIIe siècle que des sujets importants seront traités de manière risible voire ironiquement, et ce plus particulièrement par les philosophes des Lumières. De nos jours, de très nombreux auteurs mais aussi certains médias (Le canard enchainé) font de même. Mais peut-on traiter des sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ?
Voila, je suis un peu bloqué après. J'attends vos avis et conseils.
Merci d'avance.
As-tu pensé aux "Guignols", qui à notre époque relatent l'information de manière humoristique ?
Pense aussi à la Comedia dell'Arte, les masques avec une "mimique" faciale gaie pouvaient très bien dire des choses bouleversantes.
Voila pour l'instant ce que j'ai trouvé. 
Bonjour,
Je passe sur quelques fautes d'orthographe comme "seront traiter" sur lesquelles ton professeur ne passera pas pour en venir au fond.
D'abord l'introduction et son affirmation contestable : pourquoi dater du XVIIIe siècle l'utilisation majoritaire de la littérature plaisante ou humoristique ? Ensuite ce mini résumé de littérature ne peut être que décevant. Pour l'ouverture donc, je te proposerai de retenir un exemple et un seul d'œuvre qui a fait scandale pour enchaîner sur le sujet : Tartuffe de Molière ? Ubu roi de Jarry ?
Ton sujet est typique puisqu'il t'est demandé de réfléchir sur une expression paradoxale : un débat sérieux peut-il s'accommoder du rire ? Le siècle classique (hormis Molière) a condamné Rabelais pour mauvais goût. Dans le Nom de la rose d'Umberto Eco, le rire est jugé satanique… En contrepartie, si Voltaire est encore lu, il le doit plus à l'irrévérence et à la fantaisie de ses contes et romans qu'à ses traités (alors qu'il aurait voulu la gloire par ces derniers).
En fait il s'agit moins de répondre par oui ou par non que d'imaginer les limites du traitement.
Reformulons la problématique.
La littérature d'idées, a priori sérieuse, peut-elle se compromettre avec des formes prétendument dégradées ou avilies ou secondaires ou indignes.
Pourquoi de grandes œuvres de la littérature d'idées recourent à un mode plaisant et humoristique ?
Le rire n'est pas indigne Vois Rabelais : "le rire est le propre de l'homme" qui considère après Aristote (dans un tome perdu de la poétique ?) que seul l'homme, à la différence de l'animal, est capable de rire.
Rabelais nous invite à déguster "la substantifique moelle" : derrière les "joyeusetés", il y a matière à réflexion.
Le rire selon Figaro dans le Barbier de Séville : "je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer" (Beaumarchais)
C'est le rire de protection : Je ris pour ne pas me laisser émouvoir. Je ris pour ne pas me laisser aller à la tristesse. Je ris pour ne pas me laisser impressionner. Je ris car je fais le choix de considérer que la vie n'est pas sérieuse. Par contraste, la situation n'en ressort pas moins grave, et le personnage dans son réflexe d'auto-défense peut s'attirer un peu plus notre sympathie et rallier notre indignation à son combat.
Byron a écrit la même chose : " Si je ris de toutes choses ici-bas, c'est afin de ne pas en pleurer."
Le risque, c'est de tomber dans l'indifférence au malheur, et même dans le cynisme.
Respecte-t-on les personnes ?
C'est aussi la question de savoir si l'on peut rire de tout. Ce à quoi Desproges avait répondu :" Oui, mais pas avec n'importe qui." Cette affirmation nous amène à réfléchir au destinataire : à sa capacité de comprendre, d'admettre.
- Échapper à la censure, c'est une obligation pour Voltaire dans certains de ces récits très critiques pour le pouvoir en place.
- Toucher de nouveaux lecteurs qui ne lisent pas les traités sérieux. C'est alors un choix d'efficacité pour ce même Voltaire.
- Rendre plus accessibles les idées abordées en les illustrant par des apologues amusants :
la comédie du grand siècle qui prétend châtier les mœurs en faisant rire. C'est le rire de dérision : celui qu'a pratiqué Molière et la comédie classique. Castigat ridendo mores. Elle châtie les mœurs en les ridiculisant. Un vice n'est jamais innocent, pourtant le ridiculiser peut conduire à une prise de conscience salvatrice.
- Le rire et la légèreté ne signifient pas pour autant éloignement de la réalité : les comédies de Molière nous en disent long sur la société du Grand siècle. Les portraits de La Bruyère aussi.
- Donner libre cours à ses qualités foncières pour mieux convaincre : Voltaire utilise alors la caricature, l'ironie pour mettre les rieurs de son côté. Il répond à son esprit primesautier, souvent superficiel, rapide, réducteur. Par ex. "Candide" où ses personnages sont réduits à des marionnettes portant leur étiquette fonctionnelle.
Finalement nous devrions renoncer à ces préjugés, ces classifications étriquées, ces prétendues oppositions qui sclérosent notre appréciation et brident notre plaisir. Nous pouvons revendiquer la légitimité du plaisir à apprendre et à réfléchir.
Je pense aussi au film "la vie est belle", film drôle et grave sur les camps de concentration. Il fallait oser cette alliance.
Voilà quelques pistes à approfondir, à ordonner et à illustrer pour bâtir ta propre argumentation !
Merci beaucoup beaucoup à vous deux.
P.S. : Jean luc = prof de français ou webmaster de wikipédia ??? lol
Jean-Luc, tu es vraiment impressionnant !!!
Je viens de m'inscrire, et mes propos (RomainD) sont dérisoires à côté 
J'ai réussi à trouver quelques arguments :
Thèse : on peut rire de tout :
argument 1 : cela permet de mieux faire passer un message
argument 2 : ce n'est pas synonyme d'éloignement de la réalité
argument 3 : ???
Antithèse : on ne doit pas rire des sujets graves
argument 1 : ???
argument 2 : ???
argument 3 : ???
Synthèse : cela dépend :
argument 1 : du destinataire
argument 2 : du contexte
argument 3 : ???
Élargissement : Qu'est ce qu'un sujet sérieux, puisque, selon Chesterton, "la vie est une chose trop importante pour être prise au sérieux."
Qu'en pensez-vous ?
A chaud !
La première partie est trop antithétique avec la seconde.
Je ne dirais pas "on peut rire de tout" mais "on peut rire de beaucoup de réalités".
Je reformulerais également la seconde: "pourtant certains sujets sensibles se prêtent mal à la dérision".
D'accord pour la suite, à cela près que je préfère le terme "dépassement" à celui de synthèse, mais ce n'est qu'un avis.
Attention également aux élargissements en forme de pirouette, certains professeurs n'apprécient pas.
Pour finir sur une note plus gaie cette intervention, une citation de Charles Morellet : "Rabelais a dit que le rire était le propre de l'homme, c'est pour cela qu'il y a tant de gens sales".
Pensez-vous qu'une introduction de ce type conviendrait à mon sujet ?
En septembre 2005, un journal danois publie des caricatures représentant le prophète musulman Mahomet. 4 mois plus tard, certains pays musulmans sont en proie à des manifestations anti-danoises qui débouchent sur des ambassades brûlées et une dizaine de morts. Au vu de ces événements, on peut donc considérer la religion comme un sujet sérieux et s'interroger : peut-on traiter des sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ? Nous répondrons à cette question en analysant les arguments favorables à une réponse négative, puis ceux défavorables et enfin nous trouverons un compromis entre les deux réponses.
Merci d'avance.
Attention également aux élargissements en forme de pirouette, certains professeurs n'apprécient pas.
En forme de pirouette ?? C'est-à-dire faits par une citation ???
Dernière modification par kdehar (lundi 27 février 2006 à 11 h 38)
Salut,
Moi aussi j'ai ce sujet de dissertation !
Comme exemple, jai choisi Le Mariage de Figaro de Beaumarchais où celui-ci critique sa société à travers la comédie pour être mieux entendu. Donc on peut conclure que la comédie peut dédramatiser.
Prendre la comédie, en mettant des sujets graves, cela permet en quelque sorte de montrer le ridicule, et de dénoncer un problème. Le rire permet de se défouler et donc de dénoncer !
Bon je ne sais pas trop si je t'ai aidé mais bon...
En tout cas bonne chance pour ta dissert' !!
Ciao
Il me manque un argument pour ma synthèse.
J'en ai trouvé 2 : traiter des sujets sérieux avec humour dépend du destinataire
traiter des sujets sérieux avec humour dépend du contexte
Quelqu'un aurait-il une idée ??
Merci d'avance.
Dernière modification par kdehar (lundi 27 février 2006 à 18 h 23)
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