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Bonsoir Lethymiss,
C'est bien ce que je te disais : tant que tu ne seras pas capable de rendre en une seule phrase le mouvement général de ta dissertation, l'affaire ne sera pas gagnée.
S'il est vrai que l'humour et la légèreté facilitent l'adhésion de lecteurs à une thèse nouvelle, ardue ou inhabituelle, il n'en reste pas moins qu'il est en principe préférable de traiter certains sujets sur le ton qu'ils méritent (réfléchis aux raisons de ne pas déroger à cette règle).
Vue ainsi la troisième partie que tu envisageais se rangerait plutôt dans l'antithèse, les raisons bonnes ou mauvaises de ne pas recourir à la dérision.
Alors que faut-il envisager comme dépassement ? Regarde du côté du métier, de l'habileté de l'écrivain qui doit écrire avec subtilité, se montrer caustique avec mesure, faire preuve d'esprit pour que son opinion rallie les rieurs et aussi les gens cultivés, pour que les opposants se trouvent marginalisés comme gens revêches, tenants d'idées rétrogrades…
Quant à ta curiosité, elle ne me dérange pas. Il me paraît normal de savoir avec qui l'on a affaire, surtout dans cet univers virtuel d'internet. Pour te rassurer je suis en fin de vie professionnelle, jeune grand-père et passionné de belles-lettres au point de vouloir transmettre le virus aux jeunes générations… Te voilà avisée !
Bonsoir Girondin,
Quand tu ne sais pas créer d'idées sur un sujet donné, tu peux utiliser un questionnement systématique.
Certaines questions seront plus pertinentes en fonction du domaine :
Qui ? Quoi ?
Où ? Quand ? Comment ?
Quelle est la limite ? Quelles sont les exceptions ? les ressemblances ? les différences ? les rapports ?
Les conditions économiques ? politiques ? techniques ? ou que sais-je du sujet en histoire ? en géographie ? en économie ? en littérature ?
Pourquoi ?
Quelles sont les conséquences ? les avantages ? les inconvénients ?
On a toujours intérêt à procéder par association ou opposition.
Pour le sujet qui nous concerne, envisage les raisons en tant que lecteur, en tant qu'auteur.
Quelles sont les limites du rire ? Perte de crédibilité, refus de la part des gens sérieux,… De l'agrément ? l'édulcoration, le badinage… En flattant la facilité chez le lecteur, la thèse perd de son importance… Le rire peut anesthésier l'indignation...
Que va-t-il se passer pour la réputation de l'auteur ? Si tu regardes comment Voltaire a refusé d'endosser la paternité de ses premiers contes, tu as là une piste de premier choix… Le maniement du comique est un art difficile. Molière disait : "C'est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens".
Je bloque vraiment sur la synthèse.
Je pense que c'est dû au fait que je ne maîtrise pas assez mon antithèse.
Donc, si j'ai bien compris, il est préférable de mettre les limites du genre comique dans le grand 2. Par contre, est-ce que tu pourrais être clair pour la synthèse. Je ne te suis pas très bien !
Merci.
Bonjour Lethymiss,
A quelles conditions l'usage de la légèreté et du rire sera acceptable et efficace ?
Bonsoir Jean Luc,
J'ai lu tous vos conseils précédents, et j'avoue que vous m'avez impressionné. Je suis dans le même cas que tous ceux qui vous posent des questions, et j'aimerais moi aussi vous demander ce que vous pensez de mon intro.
La voici :
Arme favorite des philosophes du 18ème siècle : l’ironie.
C’est un procédé de style qui consiste à exprimer le contraire de ce que l’on veut faire entendre, dans une perspective de moquerie, allié évidemment à des éléments permettant au destinataire de ne pas faire de contresens. Certes l’humour existe depuis la nuit des temps, à l’image d’ Aristophane, poète comique athénien, né au 5ème siècle avant J.C., qui déjà, à cette époque, tournait en dérision les hommes politiques ou les personnalités d'Athènes, dont Socrate et Périclès. Mais c’est surtout le développement de l’utilisation de l’ironie par les philosophes des lumières dans leurs critiques de la société, qui a permit de traiter de façon humoristique certains sujets graves et sérieux, comme la torture, l’esclavage, la guerre, la religion, etc... Il serait tout de même bon de savoir s’il est possible de traiter des sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristique, ou si, au contraire, il y a des limites à ne pas dépasser. La démonstration suivra un plan dialectique, il y aura alors dans un premier temps, des arguments et exemples sur le bienfait de parler de choses sérieuses avec humour, puis dans un second temps, quelques exemples de ce qui peut se produire, lorsque l’humour va trop loin.
Merci d'avance
P.S. : je pensais mettre ma synthèse en conclusion, faut-il quand même l'annoncer dans le plan de l'intro ?
Bonsoir Takamine
Je ne suis peut-être pas aussi bien placée que Jean-Luc pour te répondre car je ne suis encore qu'étudiante mais écoute mes conseils car j'ai eu des petits problèmes avec certaines de mes introductions qui ressemblaient à la tienne.
Il me semble que ta phrase d'accroche est un peu violente, ceci est très personnel tu peux ne pas le prendre en compte mais une phrase nominale n'a pas le même effet sur le lecteur qu'une phrase classique, mais je ne te blâme pas c'est un système d'accroche comme un autre demande à plusieurs personnes autour de toi.
Il est vrai que l'on voit que tu as travaillé et que tu as une certaine culture dès ton introduction, ceci-dit il ne faut pas trop en dire les précisions sur Aristophane ne sont peut-être pas indispensables (je dis "peut-être" avec prudence car cela dépendra de ton professeur, n'hésite pas à lui poser la question).
Mais ce qui risque de te faire le plus défaut, à mon humble avis, c'est l'annonce de ton plan, elle est un des moments clef de ton introduction, c'est elle qui va réellement donner un avant goût de ta dissertation, il faut donc qu'elle soit soignée. Aussii vaut-il mieux éviter de dire que tu vas utiliser des arguments et des exemples car c'est effectivement le but de ton devoir et le correcteur peut rire en lisant cela car ce n'est peut-être pas utile, dans ton introduction il faut aller "droit au but" pour montrer que tu sais être clair et concis. Ensuite je ne sais pas en quelle classe tu es mais à partir du lycée on nous demande généralement dans l'annonce du plan de ne pas "arriver avec ses gros sabots" comme disait avec gentillesse une des enseignantes que j'ai eu lorsque j'étais au lycée, là encore évidemment la sanction dépendra du professeur que tu as. Il faut donc essayer de faire dans la finesse et si possible de bien montrer que cela ne va pas être une dissertation qui se contredit, il est difficilement apréciable de lire quelqu'un qui prêche le blanc et le noir dans la même page ou sinon utilise largement la nuance.
Enfin et surtout n'oubli jamais que ta conclusion n'est pas une troisième partie un peu moins longue, ne tombe pas dans le piège, la conclusion doit être une reprise de ton devoir, les écarts acceptés voire souhaités sont dans l'élargissement. Ainsi par rapport à ce dernier conseil il ne faut donc pas annoncer ta conclusion étant donné qu'elle est une partie indispensable et quasi formatée de ton devoir.
Voilà, ce ne sont que des détails mais tu as compris si tu es ici que l'introduction peut être un facteur important de la note finale, cela m'a fait défaut et cela continu parfois bien que je sois en deuxième année de Lettres Modernes. Peut être que Jean-Luc va m'appuyer ou me contredire sur certains points je ne suis pas parole d'Evangile.
Bonne chance en espérant t'avoir un peu aidé malgré mon niveau d'étude et ma façon d'écrire qui peut s'avérer "inconfortable" à lire.
PS: S'il-te-plaît ne regarde pas si il y a des fautes je suis incapable de me relire sur un écran...
Bonjour,
Je ne suis pas Jean-Luc non plus
, mais je suis tout à fait d'accord avec MéliePuce.
L'accroche me semble en effet un peu brutale, mais ce jugement reviendra à votre correcteur. Quand on ne le connaît pas, je crois qu'on évite ce type de généralités qui ne sont pas des vérités absolues, et l'on pourra toujours vous contredire.
Il me semble aussi que le « né au 5e siècle avant J.C. » est en trop : ne doutez jamais de la culture de votre lecteur (mais évitez les allusions culturelles destinées à installer une connivence) car il pourrait mal le prendre !
On relève aussi le cliché « Certes l’humour existe depuis la nuit des temps ».
Il est également conseillé de ne pas commenter sa propre méthode, comme vous le faites dans votre annonce de plan.
Sinon, le tout me semble bien écrit.
Quelques fautes tout de même : « a permit », « etc... » (à éviter, d'ailleurs, surtout dans une intro : vous êtes là pour expliciter).
Il y a, sur cette nouvelle page http://www.etudes-litteraires.com/conse … eraire.php, quelques conseils en vrac pour la rédaction de la dissertation.
Bonsoir,
Si je suis bien Jean-Luc, je ne suis pas pour autant "parole d'évangile".
Je vais essayer surtout de pratiquer une critique constructive.
Tout d'abord, je tiens à préciser que je pourrais faire miennes les remarques très pertinentes de Méliepuce et celles de notre bien-aimé webmestre (il n'y a là aucune flagornerie
).
Je vais essayer de compléter leurs avis.
- Sur le fond : il me semble que l'ironie est différente de l'humour, alors que tu les utilises l'une pour l'autre. Il s'agit de deux notions voisines mais dissemblables : en bref, l'humour repose sur le procédé de la surprise alors que l'ironie utilise exagération et antiphrase.
- Sur la forme : l'introduction est une technique de présentation qui obéit à des règles précises.
J'en reprends les principaux aspects tels que j'ai pu déjà les donner sur ce forum :
Une introduction doit être assez courte : 10 à 15 lignes pour un devoir de 5 ou 6 pages.
Il faut d'abord considérer que le sujet proposé est inconnu du lecteur, d'où il faut éviter une entrée en matière trop abrupte.
Une introduction est composé de trois moments :
-- situation du sujet,
-- énoncé du sujet en expliquant brièvement le problème posé,
-- annonce du plan du devoir.
1 - la première étape : la situation du sujet
-- on amène le lecteur au sujet par analogie : à l'aide d'une idée voisine un peu plus générale ou d'un fait très connu ayant eu un grand retentissement. Éviter à ce sujet les introductions trop générales du type : « depuis qu'il y a des hommes et qu'ils pensent ».
-- par contraste : à l'aide d'une idée ou d'une opinion directement opposée. Cette construction permet de valoriser le sujet.
-- en situant le texte quand on sait d'où il est tiré, quand on connaît le contexte.
-- déterminer une cause importante.
On peut aussi se ramener à trois types de sujets :
-- La pensée à examiner est absolument incontestable, on ne peut que la justifier par des exemples. On recourt alors à une opposition et à une interrogation combinées.
-- La pensée est exagérée ou fausse. Il faudra alors chercher à expliquer pourquoi son auteur a eu recours au paradoxe et réfuter la thèse.
Il est couramment admis que...
Seul X. pense autrement
On se demande ce qui lui a inspiré cette maxime et quelle part de vérité elle peut contenir.
-- La pensée oppose le pour le contre. Il est difficile de trancher. On penche d'un côté. On commence par l'autre, on termine par le parti qu'on préfère (il sera plus développé). Schéma de l'introduction :
Sur tel point les penseurs sont divisés
Beaucoup pensent ainsi
X. écrit au contraire
Faut-il croire que... ou plutôt que...
2 - énoncé du sujet
La citation doit être reproduite si elle est courte, dans ses éléments essentiels si elle est longue. On inclut alors quelques expressions clés. Elle doit être expliquée, c'est-à-dire qu'on doit reformuler la question posée, le problème envisagé sans pour autant donner la solution ce qui serait le comble de la maladresse. On doit alors aussi préciser dans quel sens on prend le où les mots-clés du sujet. Si la définition demande un développement assez long, il faut le passer dans le corps du devoir.
3 - l'annonce du plan
Là aussi il faut indiquer les intentions sans donner la solution.
Deux formules:
-- une suite de questions,
-- une succession de phrases avec « tout d'abord... », « ensuite... », « enfin... ». On peut aussi utiliser une seule phrase avec des propositions introduites par
« S'il est vrai que » (…), « il est aussi vrai que » (…), « et bien plus » (…).
« Certes » (…), « mais » ou « néanmoins... » ou « cependant... » (…), « et qui plus est » (…)
Thèse antithèse dépassement ou synthèse
Après ce qui vient d'être dit, on se rend compte que l'introduction doit être rédigée à la fin du devoir afin d'introduire véritablement, malgré le paradoxe, au devoir tel qu'il a été rédigé.
A l'évidence la situation du sujet est trop longue. Si tu tiens à partir de l'ironie, il faut essayer quelque chose comme "Le modèle de l'œuvre ironique et légère est sans doute Candide de Voltaire qui, depuis sa publication en 1759, n'a cessé de rencontrer un véritable succès auprès de tous les publics"…
Il te faut alors lier et énoncer le sujet sans le paraphraser.
Puis reformuler la problématique : par ex. sur les liens conventionnels que l'on voudrait nous faire établir entre les thèmes et les registres.
L'annonce du plan doit comprendre la thèse, l'antithèse et la synthèse ou dépassement (terme que je préfère). "Si l'humour et la légèreté appliqués à des sujets graves ont donné naissance à d'authentiques réussites littéraires, il apparaît aussi que ce mélange des genres a pu produire des résultats détestables éventuellement dans les mêmes oeuvres. Il est vrai qu'une certaine retenue, une maîtrise et… sont en ces domaines des gages de succès".
Dernière modification par Jean-Luc (13/03/2006 16:42)
Eh bien merci à tous les trois !!!
Je pense que j'ai maintenant de quoi rendre une dissert convenable pour demain.
C'est vrai que sur les points que vous avez critiqués, j'avais quand même un peu accroché, mais je ne savais pas comment les reformuler, alors merci encore.
P.S. : bonne chance dans la suite de tes études Méliepuce, et j’ajouterai que ton style d'écriture est très agréable à lire, contrairement à ce que tu penses de toi-même
!
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