n° 1vendredi 03 juillet 2009 à 01 h 46

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Hugo, Lucrèce Borgia, acte II, partie 1, scène 4

Bonsoir,

J'ai un gros soucis et j'aurai besoin d'aide.

Je m'explique. Je passe mon oral lundi, or je n'ai pas en ma possession le commentaire rédigé d'une scène de Lucrèce Borgia. J'ai demandé autour de moi et personne ne l'a. J'ai seulement un plan détaillé mais je ne comprends pas certaines parties.

Tout d'abord, voici l'extrait, c'est la scène de l'Acte 2 Partie 1.

Dona Lucrezia. Finissons-en, cher Alphonse. Mettez ce Gennaro en liberté. C'est un caprice, si vous voulez ; mais c'est quelque chose de sacré et d'auguste que le caprice d'une femme, quand il sauve la tête d'un homme.

Don Alphonse. Je ne puis, chère Lucrèce.

Dona Lucrezia. Vous ne pouvez ? Mais enfin pourquoi ne pouvez-vous pas m'accorder quelque chose d'aussi insignifiant que la vie de ce capitaine ?

Don Alphonse. Vous me demandez pourquoi, mon amour ?

Dona Lucrezia. Oui, pourquoi ?

Don Alphonse. Parce que ce capitaine est votre amant, madame !

Dona Lucrezia. Ciel !

Don Alphonse. Parce que vous l'avez été chercher à Venise ! Parce que vous l'iriez chercher en enfer ! Parce que je vous ai suivie pendant que vous le suiviez ! Parce que je vous ai vue, masquée et haletante, courir après lui comme la louve après sa proie ! Parce que tout à l'heure encore vous le couviez d'un regard plein de pleurs et plein de flamme ! Parce que vous vous êtes prostituée à lui, sans aucun doute, madame ! Parce que c'est assez de honte et d'infamie et d'adultère comme cela ! Parce qu'il est temps que je venge mon honneur et que je fasse couler autour de mon lit un fossé de sang, entendez-vous, madame !

Dona Lucrezia. Don Alphonse...

Don Alphonse. Taisez-vous. -veillez sur vos amants désormais, Lucrèce ! La porte par laquelle on entre dans votre chambre de nuit, mettez-y tel huissier qu'il vous plaira ; mais à la porte par où l'on sort, il y aura maintenant un portier de mon choix, -le bourreau !

Dona Lucrezia. Monseigneur, je vous jure...

Don Alphonse. Ne jurez pas. Les sermens, cela est bon pour le peuple. Ne me donnez pas de ces mauvaises raisons-là.

Dona Lucrezia. Si vous saviez...

Don Alphonse. Tenez, madame, je hais toute votre abominable famille de Borgia, et vous toute la première, que j'ai si follement aimée !

Voilà. J'ai recopié ci-dessous le plan détaillé, accompagné de mes questions et remarques (en rouge).

I/ Une scène d'affrontement

A) Une dispute

a/ Différentes étapes.
b/ Disputé fondée. Comment le montrer? Don Alphonse reproche un adultère à sa femme mais à part ça, je ne vois pas trop

B) Un choc de deux personnalités

a/ Don Alphonse. Je mettrais : sûr de lui, coléreux.
b/ Dona Lucrezia. Je mettrais : courageuse mais là aussi c'est assez maigre. J'aimerai parler de son aspect pathétique du à la double-énonciation (le lecteur sait que Gennaro est son fils) mais c'est déjà en partie II.

II/ Une scène romantique

A) Le mélange des registres

a/ Présence du pathétique. Je pense qu'il réside dans le fait que Dona Lucrezia supplie Don Alphonse de relâcher Gennaro et dans son incapacité de pouvoir répondre à la colère de Don Alphonse.
b/ Présence du tragique. Il réside à mon avis dans les propos de Don Alphonse qui veut tuer Gennaro mais je ne vois pas trop comment étoffer ce point-là

B) Des personnages romantiques

a/ Des personnages complexes. Dona Lucrezia n'est pas vraiment complexe, c'est l'intrigue qui l'est, non?
b/ Le héros romantique est passionné. ? Il n'y a pas vraiment de trace de passion dans cette scène hormi le "je vous ai si follement aimé"?

Bref, comme vous le voyez, beaucoup de questions. J'ai essayé de rendre une présentation assez claire pour pas que ce soit trop embêtant à lire.

Je serai évidemment très reconnaissant à celui ou celle qui prendrait un peu de temps demain ou ce week-end pour m'aider.

Si je tombe sur ce texte lundi, ça serait des heures de travail pour rien

Merci


?
?
Je précise que le capitaine Gennaro est en fait le fils naturel de Dona Lucrezia.


J'ai essayé de compléter mon plan tout seul, merci de me dire ce qui va ou pas et ce qu'il faut rajouter.

I/ Une scène d'affrontement


A) Une dispute

a/ Différentes étapes.

Au départ, Don Alphonse fait mine de pas comprendre. Sa politesse ("chère Lucrèce", "mon amour", "madame") masque sa fureur. Il répète les questions de son interlocutrice ("Vous me demandez pourquoi madame?") avant de dévoiler enfin ce qu'il croît savoir. Puis il laisse éclater sa colère et monopolise la parole pendant une tirade plus longue.
> Que puis-je rajouter?

b/ Disputé fondée.

Cette dispute n'est pas une simple dispute de couple. Don Alphonse pense avoir été trompé par sa femme, il est donc question d'un adultère. Sa déception et surtout sa colère est donc tout à fait compréhensible.
> Je pense que c'est bien trop maigre, je ne vois pas trop quelles "preuves" mettre ici.

B) Un choc de deux personnalités

a/ Don Alphonse.

On ne peut pas vraiment juger la personnalité de Don Alphonse sur une telle scène, sa colère étant compréhensible. Cependant, il semble être très sûr de lui ("sans aucun doute", "parce que ce capitaine est votre amant" présent de vérité générale). Cet aspect est confirmé par la structure de la tirade de la révélation (parallélisme de construction, anaphore. Sa colère l'entraîne dans l'exagération ("un fossé de sang").

b/ Dona Lucrezia.

Dona Lucrezia n'arrive pas à sortir de l'impasse où elle s'est mise. Elle n'a pas réussi à avoir la grâce de son mari pour le capitaine, peut-être à cause de son côté trop énigmatique. Ses arguments en faveur de la libération du capitaine ne sont en effet pas bien lours : "c'est un caprice, si vous voulez; mais c'est quelque chose de sacré et d'auguste que le caprice d'une femme quand il sauve la tête d'un homme". Elle n'a donc pas d'arguments valables, et elle finit par faire mine de ne pas être touché par Gennaro. On a le champ lexical de l'insensibilité : "insignifiant".
Cependant, elle est surprise par les propos de son mari qui croit à un adultère. On le voit avec l'injonction (je crois que ça s'appelle pas comme ça?) "Ciel!". Elle est prise au piège et, ne voulant pas révéler que Gennaro est son fils, elle ne peut que jurer "Monseigner, je vous jure" ou faire des légers sous-entendus "Si vous saviez"...

Pour la deuxième partie, j'ai très peu d'idées.

II/ Une scène romantique

A) Le mélange des registres

a/ Présence du pathétique.

Il réside dans le fait que Dona Lucrezia supplie Don Alphonse de relâcher Gennaro et dans son incapacité de pouvoir répondre à la colère de Don Alphonse. Mais je ne sais pas le prouver.
b/ Présence du tragique.

Il réside dans les propos de Don Alphonse qui veut tuer Gennaro. Mais je pense qu'il y a autre chose et je ne sais pas le prouver (bis).

B) Des personnages romantiques


a/ Des personnages complexes.

Dona Lucrezia n'est pas vraiment complexe, c'est l'intrigue qui l'est, non?

b/ Le héros romantique est passionné.

? Il n'y a pas vraiment de trace de passion dans cette scène hormi le "je vous ai si follement aimé"?

Merci
Personne? Mon oral est lundi
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Édité par Zadek (samedi 04 juillet 2009 à 13 h 48)

 

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