"Davantage" est un quantifiant qui porte sur le nom. "Encore" est un adverbe qui porte sur l'action. Je suis d'accord avec toi Volapuk. "Encore" ne signifie pas "plus" dans la phrase "Veux-tu encore de l'eau." mais "une nouvelle fois".
"Veux-tu encore de l’eau ?" peut très bien signifier "plus" si j’ai toujours la carafe au dessus du verre ! Chacun a compris ce que disait Jehan. Pourquoi ergoter et déplacer la question ?
Je préfère donc revenir à la question initiale.
Autre déterminant indéfini est précédé d’un prédéterminant (Bouillon). Pourquoi ce prédéterminant ne pourrait être un article partitif ?
Édité par Anne345 (dimanche 28 juin 2009 à 11 h 16)
J'ai peut-être toujours la carafe au-dessus du verre mais si je pose la question, c'est que j'ai arrêté de verser...
Je ne sais pas pourquoi je continue à répondre puisque lorsqu'on essaye d'être un peu rigoureux on se voit ici accuser "d'ergoter"...
Quoi qu'il en soit, je ne suis pas d'accord avec l'exemple indiqué en lien. "autre" est un adjectif, pas un prédéterminant. Il est antéposé pour des raisons d'accent et de rythme.
On peut lui substituer un cdn ou un autre adj. "Un jour d'avril", "Un jour lointain", "Le jour suivant". Il est par ailleurs évident que "autre" modifie l'extension de "jour", ce qui n'est pas le cas de "tous" dans "tous mes amis". De plus, en appliquant la règle même qui est citée, on ne pourrait logiquement ajouter un autre "prédéterminant". Qu'en serait-il alors de l'expression "tous mes autres amis" ?!?
Autre exemple : on peut dire "mes deux autres voitures" mais pas "tous mes deux amis".
Si "autre" se comporte comme un adjectif qualificatif... c'est parce que c'est un adjectif qualificatif!
astrance a écrit :
J'ai peut-être toujours la carafe au-dessus du verre mais si je pose la question, c'est que j'ai arrêté de verser...
Je ne sais pas pourquoi je continue à répondre puisque lorsqu'on essaye d'être un peu rigoureux on se voit ici accuser "d'ergoter"...
Eh bien justement, il en est (moi !) qui ont cette exigence de rigueur. Rigueur grammaticale et rigueur sémantique. Je m'efface devant les vrais spécialistes, les spécialistes qualifiés, et je redeviens élève. Quoique j'aime débattre, j'aime encore plus avoir des certitudes justifiées. Alors s'il vous plaît, Astrance, continuez d'intervenir dans cette discussion, que je sache enfin si on peut, en accord avec la grammaire et le sens des mots, dire d'autre eau ou pas, et que je sache, enfin, pourquoi.
Merci.
Merci Volapuk! On ne peut pas dire "d'autre eau", à cause de la contradiction sémantique entre le partitif (qui suppose le caractère indénombrable du mot déterminé) et l'adjectif "autre" (qui s'applique par son sens à un dénombrable). On peut dire "une autre eau", "d'autres eaux" (voir la chanson "Et j'ai nagé vers d'autres eaux"...) mais pas "d'autre eau", surtout dans le sens de "encore de l'eau".
Ceci dit, ceux qui ont l'habitude de le dire... continueront tant il est difficile de se débarrasser de tours régionaux ou familiaux!
Ma mère, bien qu'elle soit agrégée de grammaire, utilise dans la vie quotidienne des formules erronées qui sont régionales, un idiolecte qu'elle n'utilisait pas dans la pratique de son métier ; et c'est sans doute aussi mon cas. Ceci dit, "d'autre eau" me choque car c'est une aberration sémantique, de même que "faire montrer" qui est extrêmement répandu dans ma région (le Nord). Alors que "on se dit quoi" dont on se moquait il me semble dans "bienvenue chez les Ch'ti" est correct grammaticalement et cohérent sémantiquement, et donc ne me choque pas....
Limpide et convaincant. Les (plus ou moins) mauvaises langues diront que je ne demandais qu'à me laisser convaincre : toute ma pauvre argumentation allait dans ce sens. J'espère qu'Aristofan lira ces explications. J'ajouterai un peu plus tard quelques brèves considérations sur les approximations sémantiques si troublantes pour le locuteur lambda mais pas tout à fait ignorant, et je quitterai définitivement cette presque érotique (!) « Histoire d'eau ».
Merci encore.
Ah le pouvoir érotique de la langue "Et versus digitos habet"...
Tout est là au moins pour ceux qui admettent que c'est un déterminant.
La page est intéressante. Mais je suis surprise que son auteur ne remarque pas que les termes qu'il classe en III B n'obéissent pas aux mêmes règles... et donc n'appartiennent peut-être pas à la même catégorie (du moins si l'on s'impose un minimum de rigueur scientifique...)
En effet :
"Je ne veux citer que certaine histoire qui se trouve rapportée partout. "
"Je ne veux citer que l'une et l'autre histoire . "
"Je veux citer que toute histoire qui... "
Mais
* "Je ne veux citer que même histoire qui se trouve rapportée partout. "
* "Je ne veux citer qu'autre histoire qui se trouve rapportée partout. "
"Autre" en effet ne s'applique qu'aux dénombrables, comme le rappelle cette page. Mais "autre", encore une fois, n'est pas un déterminant, puisqu'il n'obéit pas aux règles qui les régissent.
Je rappellerai que la linguistique est une science en évolution, et que les grammaires ou les dictionnaires peuvent être erronés ou obsolètes. Ainsi, beaucoup présentent encore l'infinitif comme un mode verbal, ce qui est nié (de manière pertinente) par de nombreux linguistes... (un exemple parmi... d'autres!)
Édité par astrance (dimanche 28 juin 2009 à 14 h 26)
astrance a écrit :
La page est intéressante. Mais je suis surprise que son auteur ne remarque pas que les termes qu'il classe en III B n'obéissent pas aux mêmes règles... et donc n'appartiennent peut-être pas à la même catégorie (du moins si l'on s'impose un minimum de rigueur scientifique...)
En effet :
"Je ne veux citer que certaine histoire qui se trouve rapportée partout. "
"Je ne veux citer que l'une et l'autre histoire . "
"Je veux citer que toute histoire qui... "
Mais
* "Je ne veux citer que même histoire qui se trouve rapportée partout. "
* "Je ne veux citer qu'autre histoire qui se trouve rapportée partout. "
"Autre" en effet ne s'applique qu'aux dénombrables, comme le rappelle cette page. Mais "autre", encore une fois, n'est pas un déterminant, puisqu'il n'obéit pas aux règles qui les régissent.
Je rappellerai que la linguistique est une science en évolution, et que les grammaires ou les dictionnaires peuvent être erronés ou obsolètes. Ainsi, beaucoup présentent encore l'indicatif comme un mode verbal, ce qui est nié (de manière pertinente) par de nombreux linguistes... (un exemple parmi... d'autres!)
Je ne comprends pas ce que vous entendez par règle et rigueur scientifique, ni vos exemples. Chaque regroupement fait par l'auteur n'est pas homogène ? Bien sûr. Dans le cas contraire, il serait inutile de les examiner individuellement.
Vous m'intéressez à la fin de votre intervention. Je savais que le conditionnel n'est pas, ou pas toujours considéré comme un mode. Mais pour l'indicatif, je l'ignorais. Vous pouvez en dire plus ?
Édité par Anne345 (dimanche 28 juin 2009 à 14 h 17)
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