#1 14/12/2006 17:28

ayako
32 message(s)
Entraide scolaire et méthode Le roman, une arme pour défendre des idées

Bonjour,
peut-être est-ce une réponse au post précédent que je viens de parcourir...

Et j'aimerais avoir votre avis.

Question: Te semble-t-il qu'un roman ou un livre puisse être une arme pour défendre des idées? (Justifie avec des exemples)

Intro: Le roman est d'abord là pour divertir, comme tout art. Mais comme tout art il peut aussi être un moyen de faire passer ses idées pour faire réagir les autres. C'est en cela que le livre ou le roman peut être une arme pour défendre des idées.

Developpement:
Parfois, les idées peuvent être "crues" mais aussi parfois elles peuvent être dissimulées derrière des "bagatelles littéraires", afin d'échapper à la censure. Dans ces cas là, il faut lire entre les lignes, le message de l'auteur. On retrouve ce genre de livres, dans des époques où la censure est forte. Comme au siècle des lumières, le siècle de la raison. Où tout ce qui était contraire à la raison se voyait dénoncé dans la littérature: le fanatisme religieux et l'intolérance, l'absolutisme du roi, dans "Candide" de Voltaire par exemple.
  Selon Victor Hugo, il est du devoir de l'écrivain de "réveiller le peuple". Réveiller sur le plan politique: lutte contre l'opression et l'injustice, c'est ce qu'à fait P. Neruda contre la dictature au Chili. Neruda a inspiré le goût de la droiture, de la justice, de la paix au peuple. La littérature est une arme morale.

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Enfin voilà, que puis-je dire pour alimenter cela? Qu'est-ce que j'aurais dû dire et que je n'ai pas dit?


Merci

 

#2 16/12/2006 14:24

chacha
Entraide scolaire et méthode Le roman, une arme pour défendre des idées

bonjour Ayako

Alain Robbe-Grillet, dans Pour un Nouveau Roman, affirme que "L'écriture, comme toute forme d'art, (...) est une intervention". Je crois que l'art n'a pas besoin de se dire "engagé" pour être effectivement une intervention.
"(...) Fini, maintenant, j'interviendrai
J'étais donc à Honfleur et je m'y ennuyais. Alors, résolument, j'y mis du chameau"
Michaux exprime par là, à mon avis, la capacité de l'artiste, et de l'écrivain en particulier, à intervenir dans le monde par le "seul" pouvoir de l'écriture.
En reconnaissant une vocation d'engagement de la littérature, on risque vite de tomber dans le détournement de celle-ci à des fins politiques qui la déforment complètement.

il me semble problématique d'affirmer que la littérature est "une arme morale"... l'objectif d'une arme est la défense ou l'attaque, or il ne me semble pas que le but poursuivi par l'art soit la violence. d'autre part, cela n'a jamais servi à la littérature de la juger selon des critères moraux. C'est ce qui a valu, pendant l'année néfaste pour la littérature de 1857, un procès pour "atteinte aux moeurs" à Madame Bovary et aux Fleurs du mal, le procureur Pinard accusant Flaubert entre autres de faire l'éloge de l'adultère!! Faire intervenir la morale en littérature, c'est la juger selon des critères qui lui sont fondamentalement extérieurs.

je voudrais savoir, est-ce une dissertation à rendre dans le cadre scolaire? quel cursus suis-tu?

 

#3 23/12/2006 03:08

Jérm ubiK Eeler
5 message(s)
Entraide scolaire et méthode Le roman, une arme pour défendre des idées

Pour ma part je suis d'accord, assimiler le roman à une arme revient à faire de la littérature une puissance, ce qui est plus que problématique pour tout art. Cependant, l'opinion selon laquelle l'essence de l'art consisterait dans le divertissement est une idée plus que "joyeuse". Pas besoin d'être artiste ou romancier pour produire du divertissement, le divertissement n'a pas besoin du sens, ne confère pas de sens. Si l'on souhaite poursuivre la ligne pascalienne, on dira même que le divertissement est le détournement du sens, son refus : il est le refus d'admettre comme vérité qu'il n'y a de sens de l'existence humaine que par et dans le non-sens (vaccuité, vanité).
Je dirais que l'art a une fonction (malgré son inutilité) qui est celle de résister, et d'une certaine manière toute art, en tant qu'activité créatrice, est une activité de resistance (la philosophie occidentale est née dans le refus de la discussion au profit du dialogue : resistance à la bêtise ; l'art, à la vulgarité, etc)
Il semble en soi, et dès le départ, tellement évident que la littérature soit porteuse d'idées... du moins, j'aurais des scrupules à qualifier de littéraire un livre sans idée (en d'autre termes, un livre idiot), ou d'artistique un tableau sans création de couleur ou sans perception originale.
Mais l'oeuvre littéraire n'a même pas à défendre des idées, parce qu'elle les crée. Un personnage, par exemple, est déjà une création prodigieuse. En quoi la littérature aurais-t-elle à défendre ses peronnages ? Un roman qui défend des idées au lieu de les créer peut-il être considéré comme une oeuvre littéraire à proprement parler ?
Je "défends" la négative.

Au cas où c'est pour une dissert, désolé, je développe pas beaucoup là mais il est trois heures du matin...

 

#4 19/05/2007 18:58

ara
53 message(s)
Entraide scolaire et méthode Le roman, une arme pour défendre des idées

bien sur que le roman peut être une arme, et pas que le roman, d'autres écrits, par exemple le conte philosophique en général, surtout celui de Voltaire (Candide)
quand j'écris, c'est toujours pour combattre quelque chose, mes écrits sont mes armes de combat