Tu as raison, ma belle, et je suis très orgueilleux pour toi. 
Mais, sincèrement, je n'attendais pas cette réaction.
J'avais imaginé que tu aurais nombre d'objections à faire, ce qui serait plus typique pour ton esprit critique - ton esprit français, ça dit tout.
Vous vous êtes soumise aux Académiciens...
C'est impardonnable.
Je suis déçu... 
Bonsoir à tous.
J’ai quelques questions à vous poser. Il s’agit du passé composé – j’entends des grognements. Plus exactement, c’est le sens du passé composé qui m’ennuie. Je reviens à ce sujet après longtemps. Je vais vous poser une question seulement par message.
D’abord je parle seulement de la langue parlée, la langue courante soit au discours ou bien à l’écrit familier.
J’apprends que le passé composé est un temps complexe dans la langue courante, puisqu’il participe des deux systèmes énonciatifs, mêlant valeur perfective du passé simple et valeur d’accompli du présent.
Dans les phrases suivantes
J’ai perdu mes clefs!
J’ai acheté une voiture.
je suppose que chaque phrase a une valeur d’accompli du présent. Ça veut dire
Je n’AI pas de clefs. Mes clefs SONT perdues
J’AI une voiture.
Le passé composé exprime le résultat (au moment de l’énonciation) de l’action passée
Mais si on ajoute un complément circonstanciel de temps passé, comme hier, la semaine dernière, l’an dernier
Hier, j’ai perdu mes clefs!
La semaine dernière, j’ai perdu mes clefs.
J’ai acheté une voiture il y a un an.
Est-ce que le passé composé a toujours la valeur d’accompli du présent et on peut déduire que mes clefs sont toujours perdues et que je possède la même voiture au moment de l’énonciation.
ou
Le passé composé dans ces phrases a la valeur perfective d’un événement achevé. (comme le passé simple)
ou
On comprend le sens selon le contexte.
Le problème de compréhension vient de notre temps composé en anglais – "the perfect tense" (le temps parfait) – c’est toujours un accompli du présent et on ne peut pas l’employer avec un complément de temps passé parce que ce temps est vraiment un temps présent- il exprime toujours le résultat de l’action passé au moment de l’énonciation et pas l’action elle-même.
Merci
Wyn
Ces phrases en effet ne peuvent être précises en-dehors du contexte
Si je dis Hier, j'ai perdu mes clefs, j'ai donc fait changé ma serrure
cela signifie que les clefs sont définitivement perdues (passé parfait)
Mais si je dis : hier j'ai perdu mes clefs, mais on m'a prévenu que quelqu'un les avait ramenées au objets trouvés
cela signifie que les clefs ont été perdues puis retrouvées
Si je dis
L'an dernier j'ai acheté une voiture, et cette année j'en ai changé
c'est une action parfaite
Mais si je dit l'an dernier j'ai acheté une voiture et j'en suis très satisfait
l'action a encore des répercussions dans le présent
Cela vient je crois du fait que le passé composé a remplacé le passé simple dans la langue courante ; on devrait dire : hier, je perdis mes clefs
Merci Leah,
Vous dites que le passé composé dans la langue courante peut avoir soit la valeur perfective du passé simple ou bien celle d’accompli du présent selon le CONTEXTE. Merci, je le comprends.
Si vous expliquez cela à un anglophone comme je le suis ce sera mieux éviter le terme «action parfaite » -- c’est mieux employer le terme « action perfective » parce que le mot parfaite – en anglais « perfect » est le temps qui a toujours valeur d’accompli du présent c'est-à-dire « the perfect tense » est vraiment un temps présent il exprime toujours le RÉSULTAT de l’action du passé au moment de l’énonciation et PAS l’action elle-même. Vous employez le terme pour un événement achevé sans lien avec le présent – c'est-à-dire la valeur perfective du passé simple.
Je poserai plus de questions dans mon prochain message.
Je vous remercie beaucoup,
Wyn
Bonsoir à tous,
Voila la deuxième question que je voudrais vous poser du passé composé- il s’agit de l’usage du passé composé dans le RÉCIT d’une œuvre écrite.
C’est à dire l’usage du passé composé dans le RÉCIT d’une œuvre littéraire.
Je suis à l’aise avec le style employer par un auteur qui écrit du passé en employant la troisième personne (l’écrivain ne prend pas le rôle d’un personnage dans son œuvre) quand les deux temps principaux sont l’imparfait et le passé simple (avec le plus-que-parfait, le passé antérieur, le conditionnel, le conditionnel antérieur et l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif). IL N’Y A PAS DE PASSÉ COMPOSÉ dans le RÉCIT!
Mais quand un écrivain écrit du passé à la première personne « je » et « nous » et quand les temps principaux sont toujours l’imparfait et le passé simple, j’ai remarqué que de temps en temps on trouve le passé composé dans le RÉCIT. Il peut être un roman, une autobiographie ou une œuvre quasi-autobiographique.
Je pense que je comprends l’usage du passé composé que on trouve dans l’autobiographie de Chateaubriand « Les Mémoires d'outre-tombe. »
« Il y a quatre ans qu'à mon retour de la Terre-Sainte j'ACHETAI près du hameau d'Aulnay, dans le voisinage de Sceaux et de Chatenay une maison de jardinier cachée parmi des collines couvertes de bois. Le terrain inégal et sablonneux dépendant de cette maison, n'était qu'un verger sauvage au bout duquel se trouvait une ravine et un taillis de châtaigniers. Cet étroit espace me PARUT propre à renfermer mes longues espérances ; spatio brevi spem longam reseces. Les arbres que j’Y AI PLANTÉS prospèrent, ils sont encore si petits que je leur donne de l'ombre quand je me place entre eux et le soleil. Un jour, en me rendant cette ombre, ils protégeront mes vieux ans comme J’AI PROTEGÉ leur jeunesse. JE LES AI CHOISIS autant que JE L’AI PU des divers climats où J’AI ERRÉ, ils rappellent mes voyages et nourrissent au fond de mon coeur d'autres illusions. »
D’abord il parle du passé plus révolu en employant le passé simple. Puis il parle de son présent à lui, le moment de l’énonciation et il emploie le passé composé avec valeur d’accompli du présent. ‘ Les arbres que j’y ai plantés prospèrent …… Les passés composés ici ne sont pas de substituts pour le passé simple ils ont tous la valeur d’accompli du présent. Je peut imaginer Chateaubriand en train d’écrire ses mots pendant qu’il regard son jardin de la fenêtre.
Est-ce que j’ai raison ou non?
Jean Giono dans sa nouvelle courte « L’homme qui plantait des arbres » emploie le première personne et pour la plus part il emploie le passé simple pour les événements perfectifs. Beaucoup de monde croit que le personnage Elzéard Bouffier vraiment existait. Ce récit est la plus énorme galéjade que Jean Giono ait jamais commise.
« Il me fallut lever le camp… il me sembla apercevoir dans le lointain une petite silhouette noire debout. Je la pris pour le tronc d’un arbre solitaire….. Ce fut toute notre conversation. Quand il eut du coté des bons un tas de glands, assez gros, il les compta par paquet de dix……. »
Mais, plus tard il emploie le passé composé dans le RÉCIT
« À partir de 1920, je ne suis jamais resté plus d'un an sans rendre visite à Elzéard Bouffier. Je ne l'ai jamais vu fléchir ni douter. Et pourtant, Dieu sait si Dieu même y pousse! Je n'ai pas fait le compte de ses déboires. On imagine bien cependant que, pour une réussite semblable, il a fallu vaincre l'adversité; que, pour assurer la victoire d'une telle passion, il a fallu lutter avec le désespoir. Il avait, pendant un an, planté plus de dix mille érables. Ils moururent tous. L'an d'après, il abandonna les érables pour reprendre les hêtres qui réussirent encore mieux que les chênes. »
Il écrit ces mots en 1951 et son personnage inventé Elzéard Bouffier est mort en 1947.
Pourquoi Jean Giono emploie-t-il le passé composé ici ?
Je voulais améliorer ma connaissance de votre langue que j’adore. Quand je lis un livre, la langue me donne autant de plaisir que l’histoire elle-même.
Merci
Wyn
bonsoir Wyn,
" Je peut imaginer Chateaubriand en train d’écrire ses mots pendant qu’il regard son jardin de la fenêtre.
Est-ce que j’ai raison ou non?"
Ton analyse est bonne .Le passé simple est employé pour un passé totalement révolu :" Il y a quatre ans"
et le passé composé avec une valeur d'accompli du présent (le fait d'avoir planté des arbres,de les avoir protégés... a des répercussions sur le présent d'énonciation : Les arbres que j’Y AI PLANTÉS prospèrent
et même sur le futur :
ils protégeront mes vieux ans comme J’AI PROTEGÉ leur jeunesse
Pourquoi Jean Giono emploie-t-il le passé composé ici ?
Dans le premier cas , .Le narrateur relate un fait singulier du passé (Il me fallut lever le camp...) .
Alors que dans le second cas ,il ne s'agit plus de relater un fait mais plutôt d'évoquer des souvenirs moins précis ,plus vagues.
Comparons :
Je l'ai vu fléchir plusieurs fois . (passé composé)
Je le vis fléchir une seule fois, le jour où ... (passé simple)
cependant :
Je l'ai vu fléchir une seule fois, le jour où ...
reste correct ,mais l'événement ici ,avec l'emploi du passé composé , ne semble pas être totalement coupé du présent d'énonciation (comme le prouve l'exemple 2) .Alors qu'avec le passé simple il a définitivement eu lieu (on n'en parle plus).
exemple 2:
On imagine bien cependant(à l'instant où je vous parle ) que, pour une réussite semblable, il a fallu vaincre l'adversité
Bonjour et merci tom23d
Je comprends bien l’exemple de Chateaubriand et celui de Giono s’éclaircit un peu.
« Je ne l'ai jamais vu fléchir ni douter. Et pourtant, Dieu sait si Dieu même y pousse! Je n'ai pas fait le compte de ses déboires. On imagine bien cependant que, pour une réussite semblable, il a fallu vaincre l'adversité; que, pour assurer la victoire d'une telle passion, il a fallu lutter avec le désespoir. Il avait, pendant un an, planté plus de dix mille érables. Ils moururent tous. L'an d'après, il abandonna les érables pour reprendre les hêtres qui réussirent encore mieux que les chênes. »
Ce que vous dite c’est que Giono exprime ses pensées EN GÉNÉRAL de son personnage inventé. Ce sont les pensées de l’auteur. C’est comme il dit « Il EST déterminé, résolu et calme. Sa foi EST solide et il RESTE imperturbable malgré les déboires. »
Dites moi, s’il vous plait, si mon interprétation de votre message est acceptable ou non.
Merci encore une fois
Wyn