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Littérature et esthétique générale
Différences entre romanesque et tragique, roman et tragédieJe pense que tu ne postes pas dans la bonne section, ensuite, ces deux "catégories" appartiennent à deux genres bien distinctes, la tragédie au theâtre et le romanesque, par définition, au roman. (mais enfin de seconde tu DEVRAIS savoir ça, si ce n'est pas le cas, ton professeur de français n'a pas assuré son poste...) Je suppose que sur ce site même, il doit y avoir des fiches enrichissantes et détaillées si tu cherches un peu...
Édité par NE (mercredi 29 avril 2009 à 16 h 46)
Serait-il possible de le classer dans la rubrique " Littérature et esthétique générale ". Je vous en remercie.
Édité par webmestre (vendredi 01 mai 2009 à 18 h 25)
Bonjour.
As-tu cherché sur le site, par exemple ici ?
Oui j'ai du faire à peu près tout les sites
ainsi que mes lectures personnelles et mes livres de cours , malgré tout mon plan est bien mince et je ne trouve pas de moyen pour l'arranger vu que la dissertation n'a jamais été mon point fort 
Bonjour, j'ai travaille sur le tragique dans un roman (Wuthering heights, les hauts de Hurlevent, d'Emily Brontë) à l'occasion d'un mémoire de Master ed Lettres modernes, je vous en communique une aprtie, si ça peut vous aider (mais peut-être est-ce trop tard ?) :
Dans ces circonstances, qualifier le roman d’Emily Brontë de « tragique » ne consiste pas à le réduire à cette appellation comme on le ferait d’une tragédie antique (encore que ceci soit discutable et dommageable), et ne fait aucunement fonction de définition : D’une part parce que, comme nous venons de le dire, le roman d’Emily Brontë semble résister à toute espèce de détermination définitive, et d’autre part parce que l’on entendra le terme « tragique » non plus comme le nom désignant une catégorie esthétique avec ses exigences structurales et ses spécificités distinctives, mais comme une occurrence assez large pour pouvoir être appliquée à une œuvre sans la soumettre à sa seule définition. C’est parce que le tragique reste insituable et indélimité, si l’on peut dire, aussi bien en termes de datation ou de géographie que de support formel, qu’il est au-delà du courant littéraire, du mouvement d’idée ou de la méthode d’investigation. Car si la notion de tragique, et le terme lui-même, sont culturellement issus de la tragédie grecque antique, c’est-à-dire d’un genre littéraire, qui sera plus tard strictement défini dans sa forme, et propre à une civilisation d’un temps et d’un lieu donné (on peut même fixer sa durée avec une extrême exactitude à quatre-vingts ans, « la durée même de l’épanouissement politique de la démocratie athénienne au Ve siècle » ), le tragique ne se résume pas à la tragédie, ni culturellement, ni formellement : On peut trouver du tragique avant la tragédie, et dans des contextes culturels totalement différents de la tradition grecque antique. Il y a du tragique dans certains mythes précolombiens ou africains, il y a du tragique dans des formes aussi variées que le drame romantique, la poésie symboliste ou le nouveau roman, et Etienne Souriau va jusqu’à affirmer que « le tragique n’est pas une catégorie uniquement littéraire », trouvant du tragique chez Goya ou Schubert . Il convient dès lors de définir ce que nous entendons par le terme de « tragique ».
Marc Escola distingue « deux voies d’accès au tragique » : la première consiste à « s’en remettre à la longue histoire d’un genre littéraire », et la seconde à « faire du tragique un « phénomène » existentiel, et il est alors assez logique de se tourner vers la philosophie » . Dans l’histoire de la pensée du tragique, la question ne cesse d’être posée : généralement considéré comme une notion philosophique plus que littéraire, le tragique est pourtant communément perçu comme échappant à la philosophie en ce qu’il est confrontation à l’insupportable et à l’indicible entraînant une crise du logos, confrontation que la théôria distanciée et le « voir » délivré du sensible propres à la philosophie semblent avoir consciencieusement évitée. Si le tragique est une notion philosophique, sa manifestation, son expression, sa voix n’ont toujours été, elles, que purement littéraires. Mais ce qui est plus intéressant, c’est que Marc Escola développe et dépasse la question de l’appartenance du tragique à la philosophie ou à la littérature en émettant cette hypothèse : « Il se pourrait bien que l’invention du tragique soit postérieure de quelques vingt-trois siècles à la naissance de la tragédie comme genre. » Autrement dit, le tragique ne serait qu’une notion moderne née d’un regard rétrospectif sur un genre littéraire et ses évolutions, sur un simple « effet de syntaxe » , et non un « être » philosophique inhérent aux œuvres et dissimulé sous la littérarité de ces textes. Le tragique serait donc, non plus une caractéristique de l’œuvre, mais un regard, une interprétation, une perspective. Ainsi le tragique pose tout particulièrement la question de l’éthos, « atmosphère affective » dont il est problématique de définir les sources : subjectivité du lecteur ou éléments structurels objectifs de l’œuvre ? Il semble pourtant que Marc Escola suggère malgré lui une réponse en écrivant : « Ne serait-ce pas finalement parce que nous ne pouvons éviter de confronter l’indécision du texte tragique à nos propres catégories auxquelles il refuse de répondre que la tragédie grecque nous apparaît comme une « question sans réponse » ? » Car s’il est une chose par laquelle on peut caractériser le tragique, c’est bien cette indécision. Le tragique est refus, refus de trancher, refus de répondre à des questions auxquelles la philosophie, elle, prétend répondre. Aussi, si la réflexion sur le tragique appartient à la philosophie, l’indécision du tragique ne peut s’exprimer qu’à travers l’art. En d’autres termes, le tragique est de l’ordre du sensible, de la manifestation, de l’apparition, et non de la réflexion ou de l’être. Paul Ricœur évoque cette « non-philosophie » du tragique en citant Henri Gouhier : « il y a vraiment union substantielle de la tragédie et de la poésie… une tragédie en prose est concevable ; pas une tragédie prosaïque. » Pour Ricœur, c’est l’union de cette « incantation poétique » et d’un « mode du « comme si » » qui constitue cette « non-philosophie » qu’est le tragique. Si le théâtre fonctionne bien sur le « mode du « comme si » », le roman apparaît également, de par sa faculté de représentation et le détachement du prosaïque souvent favorisé par la fiction, pouvoir produire l’apparition d’un sentiment de tragique.
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