Littérature française
Quel est votre auteur / livre détesté ?Wikipedia détaille l'action de Malraux pendant la guerre. Il y a aussi le site des compagnons de la Libération puisque Malraux est l'un d'eux.
Deux auteurs que je n'ai pas pu lire: Malraux également, ça a été pour moi impossible, mais je réessayerais dans quelques temps...
Et un que j'ai pu lire, mais seulement jusqu'au 3/4, et en me forçant sérieusement, Les Bienveillantes de Jonathan Littell, que j'ai détesté, le style mécanique et froid, qui a tant fait polémique, finalement n'est pas extraordinaire: il est vrai qu'il dit des choses atroces sans que cela fasse réagir le lecteur, de manière à ce que celui-ci se pose des questions sur sa propre moralité (en plus l'enjeux est facilement percé à jour, ce qui réduit à néant cet effort), mais quoi de plus simple lorsque pendant 3 pages il est décrit ultra-précisément l'organisation d'une division numérotée, avec toute la hiérarchie militaire? Noyer le poisson et ennuyer à mourir son lecteur…Voilà la prouesse du prix Goncourt.
Pour ce qui est de Flaubert ou de Balzac, je ne me suis jamais ennuyé en les lisant, et pourtant j'ai loin d'avoir 30 ans.
Mais j'avais essayé Stendhal l'année précédente, sans succès et cette année, la Chartreuse de Parme m'a tout simplement enchantée, comme quoi, il y a des moments pour apprécier les chef-d'oeuvres à leur juste valeur…Ce n'est généralement pas les plus accessibles, mais une fois qu'on les a mérité, on prend un plaisir sans fin à les lire et les savourer.
J'admire, mais je m'étonne qu'on puisse se déclarer "Proustienne", et en même temps, déclarer avoir été enchantée par "La Chartreuse de Parme."
Je n'ai pas pu supporter Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire. Beaucoup de mal également avec Pascal, mais j'ai fini par m'habituer à Proust. Pas de problème avec Les Bienveillantes pour moi, au contraire j'ai beaucoup aimé.
Je ne sais s'il faut se restreindre à la littérature francophone dans ce fil, mais, hormis Bernard Werber qui, comme l'a si bien dit Izazie, n'a pour seul talent que son imagination (ce qui me contraint à lire ses livres avec le goût amer qu'on ressent quand aversion et admiration se mêlent), le livre non-commercial qui m'ait fait le plus révolté d'ennui est La Perle, de John Steinbeck. J'avais 11 ans à l'époque, seulement quelques jours pour le lire, et je me souviens d'une nuit quasi-blanche qui m'avait donné des hauts-le-cœur.
Putakli a écrit :
J'admire, mais je m'étonne qu'on puisse se déclarer "Proustienne", et en même temps, déclarer avoir été enchantée par "La Chartreuse de Parme."
Mais non ! Il y a des point communs : le dépaysement par exemple. Gracq dit que quand il ouvre un livre de Stendhal, il entre en "Stendhalie" : Proust me fait le même effet. Il y a également chez les deux auteurs, une même distance amusée et bienveillante vis-à-vis des personnages. Par contre, j'ai dû relire quatre fois (je suis vieille !) Le Rouge et le Noir avant de trouver, enfin, ce roman passionnant. Je suis enchantée et par Proust et par La Chartreuse et par bien d'autres romans très différents. Je relis régulièrement ces deux auteurs...
Les livres ont leur heure et je n'arrive toujours pas à déterminer pourquoi. Je peux trouver qu'un livre est "beau", sans doute "intéressant" et ne pas réussir à rester concentrée quand je le lis. Deux options alors : soit le lire assise, en prenant des notes (si c'est pour le travail), soit le remettre sur l'étagère des livres qui attendent leur heure...
Édité par hairball (dimanche 05 juillet 2009 à 19 h 28)
Mon auteur préfère est Ahmadou Kourouma et je detesté un peu KAMARA
Laye
Je constate qu'un certain nombre d'auteurs inoffensifs ont été cités, laissant croire qu'on confond mépris et aversion.
Je ne pourrais pas mentionner un auteur qu'en même temps je n'admirerais pas. Pourquoi détester ce qui est insignifiant? Ne déteste-t-on pas ce qui est au moins aussi fort que nous, sinon plus?
Édité par Alph (lundi 06 juillet 2009 à 14 h 53)
De manière générale, j'évoquerai les poètes romantiques que je suspecte d'une réelle complaisance dans la souffrance et la douleur. Ils sont tantôt indécis, tantôt incompris, tourmentés ou torturés par des "émotions vagues". Pour ce, les romantiques ne lésinent pas sur les moyens: exclamations, interjections, anaphores, apostrophes, invocations grandiloquentes, métaphores hyperboliques... bref, un style ampoulé et emphatique qui culmine avec cette idée vaine et ridicule d'un poète scellant un pacte mystique avec la Nature.
Ces épanchements obscènes du moi, cette outrance sentimentaliste sont irritables au possible et conduisent inévitablement au narcissisme voire au solipsisme, à savoir le fait d'être seul au monde.Or, les romantiques prétendent faussement vouloir atteindre l'universel. Mais beaucoup d'entre eux considèrent que le bonheur n'est pas communicable, ce que Stendhal résume assez bien lorsqu'il déclare qu'il " saute[ra] le bonheur". On en déduit donc que l'homme n'est homme que dans la souffrance et qu'il se caractérise uniquement par ce sentiment. Les limites de cet universalisme sont donc bien visibles.
Enfin, j'ai un mal fou -ce n'est peut-être que moi- à différencier certains de ces poètes du point de vue du style et des thèmes ( d'où les topos et lieux communs): alors, panurgisme ou pas?
Édité par abdoulaye (jeudi 09 juillet 2009 à 13 h 49)
Pourquoi leur reprocher le luxe de la complaisance? Qui ne se complaît, d'ailleurs? Et dans quelle abime de lucidité sombrerions-nous s'il n'y avait pas en nous un peu de self-indulgence? Regardons les choses en face: s'ils ne s'étaient pas complu à leur propre image de cygne blessé, qu'auraient-ils fait? ils se seraient tiré une balle dans la tête pour de bon. Je crois que dans leur cas, ils ont fait ce qu'il y avait de mieux à faire: écrire pour devenir glorieux, y compris dans la faiblesse.
Notez que j'ai pris soin d'écrire dans leur cas.
Édité par Jehan (lundi 06 juillet 2009 à 19 h 13)
Littérature française
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