Quelqu'un a-t-il des auteurs qui ont cette opinion?
Je suis en train de lire Moyen-âge et renaissance d'Eugénio Garin et il explique que le Quattrocento n'est en fait pas une renaissance mais le début d'un long déclin qui aboutit à notre société et je dois avouer que, peut-être parce que je n'avais que survolée l'époque, je n'avais jamais rencontré cette pensée.
Il explique que la Renaissance est la fin d'un monde tranquille et stable et qu'il est empreint d'une "obscure conscience d'une fin". Je me tourne donc vers vous pour savoir quels sont les chefs de file de cette pensée et quand elle est apparue.
Merci
Bonjour Mélanie,
Je n'ai pas d'auteur précis à te citer. Je te livre quelques considérations taillées à la serpe mais qui pourraient t'ouvrir des pistes à étudier plus sérieusement.
Il me semble qu'il existe tout un courant de pensée nostalgique qui a vu dans le Moyen-âge un sommet : un ordre pyramidal avec Dieu au sommet, le roi son représentant sur la terre, le chevalier, idéal du serviteur chrétien, le prêtre et le moine, une Eglise priante, civilisatrice, une science, un art au service de la foi... Il y a chez lui une vision apocalyptique de l'Histoire avec la prise en charge du monde par l'entrée de Dieu dans le destin humain et ses conséquences dans l'organisation de la cité jusqu'au Jugement final.
Shakespeare par exemple s'en fait l'écho dans Macbeth. Le grand William est le passage entre l'univers médiéval et la Renaissance...
Cette vision mystique, élitiste et sacrificielle a toujours eu des adeptes. Pour elle, la réintroduction du paganisme, de valeurs individuelles au détriment des valeurs de groupe (portées notamment dans l'épopée) par la Renaissance a été un ferment de dissolution et un retour en arrière, une oeuvre diabolique.
Il serait bien possible que des sectes aient cherché à reprendre ce courant à leur compte.
Peut-être que le Génie du christianisme de Chateaubriand s'en ferait l'écho. Il faudrait aller voir les penseurs royalistes du XIXe siècle : Barbey d'Aurevilly, Bloy, des auteurs comme Villiers de l'Isle-Adam, Barrès, Maurras ?
Regarde à l'opposé comme tout un courant de pensée (avec Michelet notamment) a fait du Moyen-âge un sommet de l'obscurantisme et de la Renaissance puis de la Révolution les vecteurs du progrès humain.
Tu es bien là dans des analyses réactionnelles, contrastées et éminemment polémiques qui continuent de nos jours.
Tu te déplaces en pleine idéologie, tu prends de plein fouet des philosophies de l'histoire antagonistes, tu touches là certains des derniers mythes modernes...
Quel est le chef de file de l'humanisme s'il vous plait ?
Ainsi que le manifeste et le lieu de rencontre ?
Merci d'avance à tous ceux qui répondront ...
L'humanisme n'est ni une croyance qui demande un lieu de culte, ni l'anti-religion. Il n'est pas un mouvement littéraire, bien que les écrivains-philosophes s'y donnent.
Il est une catégorie assez large de philosophie éthique, dédiée à la recherche de la vérité et la moralité en utilisant des moyens et des ressources humains. Autodéterminant, l'homme prend en compte la condition humaine dans la recherche pour des solutions universelles. Le traitement de problèmes sociaux ne peut plus se faire au nioveau local "cas pas cas", mais de façon communautire, globale.
Inspirée par les anciens, la Re-Naissance est intellectuelle (et artistique). La Rome Antique et la Grèce furent des grandes civilisations que l'on n'a pas encore traitées de décadantes. On admirait donc les philosophes Latins et Grecs.
La "Science" de l'époque se limite à une connaissance rudimentaire de la médecine, l'astrologie, la magie. On ne fait pas encore des expériences et encore moins appliquer la méthode de Descartes! On déduit et enduit des théories.
Parmi les grands, je cite volontiers Erasme (1469-1536), Machiavel (1469-1527) et Thomas More (1478-1535), Rabelais (1483-1553), Montaigne (1533-1592)..
Parmi les premiers français Robert Gauguin (1433-1501).
Pourquoi aurait-il eu UNE rencontre, un manifeste?
Dernière modification par JSC (29/03/2008 18:03)
Pour ce qui est de l'humanisme, parler d'une philosophie étique, au lieu d'éthique, pourrait, s'il ne s'agissait d'un lapsus, sortir de la bouche d'un de ces réactionnaires royalistes!
Sinon j'apprécie la présentation sommaire et perspicace de Jean-Luc, qui a défriché deux belles routes. Et comme il le dit, on nage en pleine idéologie -secoué entre deux courants contradictoires, rompu par l'effort belliqueux des deux flux.
Subjacent à la question originale fut la notion de déclin.
N'est-il pas vrai que l'éducation humaniste d'un monarque ne changeait en rien en la profondeur de la nature humaine, n'enlevait en rien la puissance des péchés capitaux. Surtout l'envie et l'avarice tendent à corrompre tout en Politique.
{C'est très drôle, j'avais change "étique en éthique"!}
On dit que le terme "humanisme" n'est pas dépendant d'une philosophie ou idéologie centrée sur l'humain, mais le mouvement qui se consacra à la redécouverte de ce qu'on appelait (et de ce que l'on recommence à appeler) les Humanités, c'est-à-dire la masse du savoir humain (l'Encyclopédie), tributaire de la culture antique gréco-latine.
Cela peut avoir comme conséquence de replacer l'humain au centre de la création et de faire de l'accroissement de la puissance de l'homme un grand impératif, par le renouveau de la recherche scientifique, artistique, linguistique, picturale, et par les découvertes en astronomie et en géographie.
La deuxième interprétation du terme découle de la première et est devenu la référence dans les manuels scolaires, autant que je sache, ce qui a cependant un sens si on déduit de l'usage nouveaux des arts et de la science que l'homme se fait davantage le maître de son destin, même si l'homme chrétien a la première place dans la création.
joachin a écrit :
On dit que le terme "humanisme" est le mouvement qui se consacra à la redécouverte de ce qu'on appelait (et de ce que l'on recommence à appeler) les Humanités, c'est-à-dire la masse du savoir humain (l'Encyclopédie), tributaire de la culture antique gréco-latine.
Peut-être c'est pour cela que l'on appelle cette époque "la Renaissance"???