Bonjour.
Je suis en pleine lecture du sublime 1984 de George Orwell et je viens de m'arrêter à la fin de la deuxième partie. En effet, je n'ose pas continuer la lecture car je n'ai pas compris certains points expliqués dans cette fin de partie. En effet, ici, Winston fait la lecture du livre de la Fraternité, qui explique beaucoup de détails importants pour comprendre le récit ( à propos du bienfait de la guerre pour les États, des hiérarchies sociales stabilisées grâce a la guerre continue, des changement d'alliés/ennemis etc.. qui sont des explications qui m'échappent ou que j'ai très vaguement assimilées).
Malheureusement, je n'ai que compris seulement que les 3 supers-États se font la guerre pour la partie du globe encore "neutre", mais c'est tout.
J'aimerais savoir si quelqu'un pouvait me faire un petit résumé de ce que dit Orwell, par le biais du livre de la Fraternité, dans ce passage, ce qui m'éclairerait énormément. J'ai essayé d'être le plus clair possible mais si vous avez des questions à me poser n'hésiter pas.
Merci 
Édité par kakoun (lundi 20 avril 2009 à 23 h 26)
Je lis également "1984" en ce moment. Je pense qu'Orwell veut montrer que le monde s'achemine vers une "logique de l'absurde", et essayer de comprendre l'absurde est…absurde. Les slogans y sont des paradoxes:
"la guerre c'est la paix....".
Je m'intéresse à "1984" car en analysant le film "peur sur la ville" (1975) évoqué dans ce forum,je pense que le film fait allusion à 1984. La scène finale avec l'hélicoptère bleu du GIGN qui passe entre les tours du front de scène a pratiquement été décrite dans "1984".
Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.
L'œil de verre de Minos dans le film est un handicap , mais il fait penser à l'œil de verre des caméras de Big Brother aujourd'hui. Et Minos est grand physiquement ,il épie la vie privée de ses victimes.
Par ailleurs le film fait parfois tout pour que le spectateur n'y comprenne rien. Comme Big Brother ou un pouvoir totalitaire.
Ainsi une mystérieuse tour apparaît au générique du début du film. Il s'avère que cette tour est la tour "les poissons" à Courbevoie. Si le spectateur n'a pas reconnu la tour et essaye de savoir ou la première scène a été tournée , le film indique des numéros de téléphone sensés être situés dans le quartier de la tour , mais desservant des endroits très différents: Paris intra muros, Boulogne Bilancourt et la Défense. Le film précise l'adresse de Norah Elmer qui habitait cette tour: "147 avenue Georges Méliès" , mais cette adresse ne correspond à aucun des quartiers évoqués plus haut.
Faire croire au "citoyen" qu'il ne comprend rien est un moyen d'assurer son pouvoir sur lui.
Édité par Frydman Charles (vendredi 10 juillet 2009 à 10 h 36)
Bonjour
je viens de finir 1984 de George Orwell et j'ai vraiment aimé ce livre bien que je ne me serai jamais attendue à cette fin...
Maintenant je me pose pas mal de questions... Je ne sais pas vraiment comment comprendre la fin...
Peut-on dire Winston était réellement "fou", qu'il avait inventé les faits? Ou peut-on penser que le Parti a une si grande influence que Winston croyait à chaque parole du Parti? Est ce que c'est simplement sous l'effet de torture que le personnage arrive à confirmer chaque parole d'O'Brien?
Qu'en pensez vous, vous? 
Édité par webmestre (lundi 03 août 2009 à 15 h 51)
Bonsoir!
A, 1984, quelle œuvre!
J'ai lu ça il y a deux ans, je ne pourrai donc pas te citer d'exemples précis pour étayer mon point de vue...
A mon avis, la fin du roman évoque la victoire du Parti sur Smith, lui qui a tant résisté, tant bravé ce Parti sécuritaire. Cependant je ne dis pas qu'il n'est pas devenu fou. Je dirais plus simplement qu'il a été formaté, dans le sens qu'on a fait de lui ce qu'on en voulait, c'est à dire un doux agneau qui suit le troupeau sans embarras.
Bon, de mémoire, voici les quelques points qui me permettaient de penser ça :
- l'obstination de Smith de s'échapper de tout ce système est vaine. Il se fait traquer, dans sa chambre avec la caméra (quel est le nom qu'on donne aux caméras dans le roman déjà ?) jusqu'à dans la rue, comme tout le monde. Il ferra tout pour se soustraire à cette soumissions morale et physique. L'amour qui l'a pour la femme (son nom ? ..) est son seul échappatoire, il va jusqu'à parcourir de longues distances en train pour la retrouver dans le champs etc.. Mais à la fin, lorsque tous deux sont pris dans la chambre du grenier du libraire et qu'ils sont menés en prison, cet échappatoire prend fin. Cette fuite est vaine. Le parti domine tout, il est impossible d'u échapper et nous sommes obligés de nous soustraire à lui...
- l'usure.. l'usure de tout tenter pour partir, l'usure de toujours être suivi et soupçonné, de ce travail qui est de modifier les photos pour y faire disparaitre les personnages éliminés (tient tient Staline..), le conduisent à baisser les bras et à se soumettre
- la torture pourrait le rendre en effet fou, il devient intellectuellement incapable d'éprouver la moindre des choses et de résister, ce qui explique qu'il ne ressent plus rien à la vue de LA femme...
Dans ce roman d'anticipation, largement inspiré des méthodes staliniennes il faut le dire, je pense qu'Orwell laisse la porte ouverte à toutes ces suppositions : renoncement et soumission, sorte de lavage de cerveau, ou alors à force d'insistances adhésion totale au Parti dans le but d'une sorte d'union sacrée...
Tu en penses quoi ?
bonjour,
Le nom donné aux caméra est télécran et son amie s'apelle Julia.
Je pense qu'effectivement, d'après vos exemple, que vous avez raison... Smith n'est surement pas devenu fou et n'a pas inventé tout ce qu'il a vu... Je pense qu'effectivement le Parti exerce une si grande influence sur les hommes que les dirigeants ont bel et bien réussi a "enrôler" Smith dans le Parti...
En tout cas ce livre m'a pas mal fait réfléchir notamment cette fin qui m'a assez troublée...
merci de m'avoir aidée a y voir plus clair! 
La signification de la fin est pourtant annoncée très clairement par O'Brien quand il torture Winston au Ministère de l'Amour: il sera tué, un jour ou l'autre, mais avant, il sera converti. C'est la fin la plus pessimiste que pouvait trouver Orwell: le héros ne meurt pas en révolté, dans un ultime acte de résistance, et donc d'humanité. Au contraire, il mourra soumis, le Parti a fini par l'avoir, définitivement.
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